Et si… l’Education nationale était le problème ?

L’Education nationale (EN) est le dinosaure préféré de la République. Mammouth en voie de lente disparation, perfusée depuis bientôt 70 ans, le premier employeur du pays reste le bras armé religieux de l’Etat-providence en décomposition bien avancée aujourd’hui.

L’EN encore la cible des libéraux ? Marque de fabrique du monopole d’Etat dans sa superbe lourdeur bureaucratique, elle ne peut être que l’objet de critiques acerbes de toutes parts : le prochain classement PISA révèlera encore un peu plus le naufrage. Rejetant tout espace d’autonomie ou de liberté d’enseignement, le dirigisme syndical pilote aussi bien les carrières des enseignants que les grèves à répétitions au seul but corporatiste de ses privilégiés.

Cependant en matière économique, l’EN est probablement le coupable le mieux caché, certes indirect mais bien responsable de la situation socio-économique du pays, ni plus, ni moins. Comment ne pas être d’accord sur le fait que l’économie est un domaine qui nous concerne tous ? Artisan, ouvrier ou infirmière peuvent difficilement éviter de se confronter aux réalités du marché – en faisant leurs courses ou en cherchant un travail – à celle de l’épargne – en tentant de sauver leurs économies – ou encore à la spéculation en cotisant pour leur retraite.

Avant d’être adultes, ils ont été éduqués par l’EN et leurs insuffisances économiques proviennent bien d’un manque de savoir : mais pourquoi la plupart des Français ne sont-ils pas conscients de leurs actes économiques ? Combien de CGTistes hurleraient à l’idée pourtant bien réelle d’être des spéculateurs ? Combien seraient surpris de s’entendre dire qu’ils sont « capitalistes » parce qu’ils mettent de l’argent de côté ou payent leur maison à crédit ?

A l’école et au collège, on nous apprend plein de choses : mais combien ont une utilité disons obscure ? Philosophie, Histoire, Musique parfois, Education civique quand on a de la chance, Latin ou Grec ancien alors que plus personne ne les parle. Mais où est la matière nommée « Economie » si utile dans la vie de tous les jours ?

Certes, certaines filières au lycée assènent quelques heures d’absurdités keynésiennes. Mais il demeure que l’immense majorité des Français n’a pas la moindre notion de base en économie, même s’ils ne sont pas les plus ignares au monde. Parce que l’EN ne leur apprend rien allant jusqu’à les convaincre d’une certaine négativité de la matière.

Mais il n’y a là aucun hasard, aucune malchance. Plus symptomatique, la plupart des philosophes économistes français, pères de l’économie moderne, sont inconnus des étudiants en économie. C’est bien là le résultat d’une volonté politique. Tout à l’EN est politique. Quand on voit la force des débats annuels sur les programmes, comment voulez-vous que ce soit autre chose qu’une volonté délibérée du pouvoir et des cadres de l’EN de nous laisser si ignorants ?

Un peuple ignorant en économie est un peuple auquel on peut raconter n’importe quoi. La démocratie française repose sur la promesse clientéliste. Le politicien y fait carrière par sa capacité à promettre des choses qui ne sont possibles qu’à condition d’aller à l’encontre de tous les principes et lois de base de la science économique.

Car l’économie est bien une science, à l’inverse de ce que l’on entend. Mais l’enseigner à tous donnerait à chacun les moyens de comprendre que le politicien nous ment. Alors l’EN, par idéologie, est devenue son complice… Seul l’esprit libre est éclairé de la manipulation intellectuelle.

 

Patrick Aubin



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