Et si… le prélèvement à la source était la source d’illusions ?

Face au ras-le-bol fiscal, le gouvernement annonce une prétendue remise à plat de la fiscalité, agitant le prélèvement à la source comme acte majeur de la réforme. La belle illusion que voilà : faire passer un outil fiscal comme moyen de réduction des taxes et impôts ! Le lapin blanc est sorti du chapeau !

Nos politiciens pensent-ils nous faire prendre sans fin des vessies pour des lanternes ? Les Français sont pris pour des gogos avec l’annonce de prélèvements constants, comme lors de la réforme sur la taxe professionnelle, dont les dindons de la farce furent les petits entrepreneurs, artisans, commerçants et professions libérales, les élus locaux voulant toujours dépenser autant. Voilà bien une réforme inutile de plus. Car ce n’est pas comment prélever qui importe, mais combien.

« Prélever à la source » consiste en réalité à masquer au contribuable ce qu’il paye. C’est la technique de l’escroc : ses victimes doivent découvrir l’escroquerie le plus tard possible. En cas d’acte illégal, la victime peut arriver à le faire cesser. Mais lorsque l’escroc est celui qui dispose de la violence légale, l’illégal devient vite légal sans être légitime pour la victime qui subit. N’hésitons pas à dire que nos gouvernants se comportent donc comme de réels délinquants.

L’Etat est ainsi par nature boulimique : il veut satisfaire coûte que coûte son appétit d’ogre. Sa nourriture, c’est l’argent des citoyens. Plus il grossit, plus son comportement de parasite mercantiliste se développe, et plus la pauvre source se tarit. Affamé insatiable, il ne réfléchit plus : le court terme prime sur tout, il dévore. Les causes aux malheurs du peuple sont limpides : le succès de l’alchimiste politique est éphémère, les prochaines promesses électorales en masquent la gabegie.

Prenons l’exemple d’un revenu mensuel net de 1000 euros avec un impôt annuel de 1200 euros (100 euros/mois) payés au mal-nommé « trésor public » (gouffre public serait plus approprié). Certes, avec le prélèvement à la source, le revenu touché ne sera plus que de 900 euros mais le citoyen sera soulagé de la corvée de chèque à faire au trésor. Le gouvernement lui épargne cette douleur.

Mais cela donne plus de latitude à ce dernier pour piocher impunément dans vos revenus, pour faire porter le chapeau sur l’employeur. Cela vous interdit aussi de profiter de tout votre salaire et d’en apprécier la ponction. Le prélèvement à la source renforce l’opacité fiscale en déresponsabilisant le citoyen face au paiement de l’impôt. On passe du consentement à l’ignorance. Plus le citoyen est ignorant des embrouilles, mieux le pouvoir se porte.

Ce camouflage prend une proportion démesurée lorsqu’il est envisagé de fusionner l’impôt sur le revenu avec la CSG. Progressif, le premier concerne les revenus du foyer selon de nombreuses subtilités. Il finance l’Etat. La seconde, cotisation proportionnelle au salaire, est destinée à la sécurité sociale. Ultime tentative désespérée pour sauver la sécu en voie d’extinction ? Ouf, ce micmac fiscal, s’il venait à être enclenché, serait contraire au droit européen.

La réforme fiscale est nécessaire. Mais à condition de repenser la légitimité de l’impôt et le périmètre de l’Etat. Pour être consentie, la fiscalité doit être compréhensible par chacun, simple et stable. Les dépenses publiques sont l’unique cible. Les citoyens n’ont pas à subir la charge fiscale d’élus ineptes. La véritable réforme fiscale sera celle où le pouvoir d’achat sera enfin intégralement rendu aux honnêtes gens.

 

Patrick Aubin



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