Et si… le monopole monétaire conduisait à la violence ?

© Franck Alix/JT

Imposer ses prix est pour le fournisseur d’un produit une formidable opportunité pour vivre de rentes. Mais pour obtenir le privilège exclusif de la vente de ses produits/services, la concurrence doit être balayée par la loi. Voilà le beau rêve de tout producteur : établir un monopole.

Par nature, l’échange économique libre se déroule sans agression. Lorsque vous effectuez un achat, aucun commerçant ne vous force à choisir son produit, contrairement à l’arbitraire politique qui vous impose ses services « publics » sans concurrence et vous contraint à payer impôts et taxes sous menace de la force. Tout monopole d’Etat est donc à voir comme une violence à l’encontre de l’humanité, car la finalité est plus de tricher en faussant les prix que d’affronter le marché en réponse à un besoin en consentant à payer librement le juste prix.

Pourquoi alors la monnaie utilisée pour faciliter les échanges devrait-elle faire l’objet d’un monopole ? Constatons ainsi qu’avoir laissé le monopole de création monétaire entre les mains d’une institution monopoliste (Etat/Banque Centrale) entraîne une inflation qui n’est que violence faite à l’épargne des uns et des autres. Constatons que l’être humain n’a absolument pas la possibilité du choix d’une autre monnaie. Constatons qu’il doit spéculer sur d’autres produits pour protéger ses économies des déséquilibres monétaires. Enfin constatons que le monopole monétaire ne sert que les institutions et ceux qui ont compris comment en profiter, mais jamais les peuples.

La concurrence oblige à la performance et sert l’intérêt du citoyen le plus fragile. Protéger les peuples par la concurrence monétaire est nécessaire pour obliger les fournisseurs de monnaie à être performants, mais encore faudrait-il que la concurrence monétaire soit créée. Les citoyens sont soumis à la contrainte du paiement des impôts et taxes à une institution monopoliste, l’Etat. L’homme d’Etat,  pour justifier tous ces prélèvements, assure que son travail est effectué dans un prétendu intérêt général. Mais lui agit-il de manière désintéressée ? Observez que si vous avez le malheur de ne pas payer vos impôts ou taxes pour quelque raison que ce soit, vous subirez la violence de l’Etat, qui s’est également approprié le monopole de la force sur le territoire, force qui est payée par et utilisée contre le peuple. Belle conception de la démocratie !

En effet, constatez que la seule finalité des politiciens n’est pas votre bonheur (avez-vous besoin de l’Etat pour être ?) mais bien de vous faire « casquer ». Même le travailleur honnête, en refusant de se faire piller son porte-monnaie, sera taxé de fraudeur fiscal ! Mais les termes « taxer » ou « imposer », ne sont-ils déjà pas la preuve de présence de violence donc d’absence de choix? Sommes-nous condamnés à être des esclaves assujettis à l’Etat ou plutôt aux hommes de pouvoir qui s’octroient le monopole de la violence ? Le droit doit s’appliquer à tous de manière uniforme, même à l’Etat et aux hommes d’Etat. Sinon, comme aujourd’hui c’est admettre que l’homme n’a pas de raison et que seul le politicien élu par l’homme de la rue en serait doté comme le monarque absolu en son temps.

Seule l’éducation à l’économie des individus permettra  de sortir de cette violence dans laquelle nous confinent les hommes de pouvoir qui servent un système au détriment du peuple. Toute personne qui affirme agir dans l’intérêt général, prétend détenir un monopole qui ne pourra s’exprimer que dans la violence. L’histoire secrète plein d’exemples qui finissent dans un bain de sang. La raison humaine ne peut admettre le monopole sous quelque forme que ce soit. A contrario, la concurrence assumée permet le libre choix de contracter ou non avec celui qui fournit un produit/service : la monnaie est du domaine du libre choix.



2 COMMENTAIRES SUR Et si… le monopole monétaire conduisait à la violence ?

  1. gdfontaines dit :

    On voit de mieux en mieux que la finance folle impose aux politiques complaisants la ruine des biens communs par l’austérité, les normes et dès règlementations absurdes.
    Ce présent article en en faisant l’éloge montre le vrai visage de l’ennemi des peuples.. la concupiscence et l’égoïsme. Mais là où on retrouve la raison c’est qu’il y a bien une monopolisation économique d’une oligarchie financière qui ne se cache même plus pour en faire toujours plus. La ruine de ce système appelle donc à séparer les activités des banques pour protéger les dépôts des casinos et la reprise en main de l’émission de crédit productif public vers des politiques de grands travaux d’équipement de l’homme et la nature. Mettre fin à l’oligopole de la banque universelle qui dans sa chute essaye d’entrainer les peuples. Alors oui nous pouvons sans violence mettre en faillite organisée ce système démentiel inutile : FD Roosevelt l’a fait et l’Islande vient de le refaire !

    • Patrick AUBIN dit :

      Je crains que vous mélangiez beaucoup de choses. Vous êtes un adepte du Glass Steagall, cela semble votre dada. Vous partez d’un constat sur une situation provoquée par des règles imposées par l’étatisme pour aller vers une solution sans véritable rapport avec le sujet de cette chronique. De plus cette solution que vous préconisez n’a absolument pas empêché la crise financière.

      En effet, la Banque d’affaires Leman Brothers était une banque exclusivement d’affaires, qui n’était donc pas rattachée à une banque de dépôt.

      Aussi je crains que vous n’ayez pas bien compris le comment de la crise qui provient de l’interventionnisme politique américain, qui accordé des largesses au système bancaire afin de financer la guerre contre Al quaïda. Ceci s’est fait par incitation aux banques de prêter à des personnes non solvables avec des prêts garantis auprès des institutions Fannie Mae et Freddie Mac. Ces institutions étaient notées triple A car garantit par l’Etat américain ! Ces institutions ont ainsi acheté des crédits pourris titrisés par les banques qui octroyaient les emprunts immobiliers. Cela a ainsi provoqué une bulle immobilière lorsque l’économie réelle des ménages ne pouvait plus satisfaire les remboursements de crédits assis sur des taux variables. ainsi est né la crise des subprimes.

      Rien à voir avec le libéralisme, mais tout à voir avec l’interventionnisme politique dans l’économie. Une économie libérale n’agit pas ainsi : lisez tous les économistes libéraux et montrez-moi où vous voyez une empreinte libérale dans l’interventionnisme politique dans l’économie ?

      Ce n’est pas la séparation banques d’affaires et banques de dépôts qui empêchera le “quantitative easing”, qui est à la source même des bulles monétaires et financières. De plus, ce n’est pas tant soit peu, la séparation qui pose problème mais la taille des banques, qui sont “too big, too fail” et que les hommes politiques ne veulent pas voir faire faillite en injectant des milliards en pure perte ! C’est donc là aussi laisser faire la concurrence sans interventionnisme afin d’éviter la connivence.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.