Et si… l’Agenda 21 était une tartufferie de plus ?

Un échange avec un ami habitant de l’autre côté de Toulouse sur ce que l’on appelle « Programmes Agenda 21 » nous amène à partager le constat suivant : autre commune, autre intercommunalité, mêmes divagations. Notre expérience de ces divagations aboutissant à des projets et budgets pharaoniques m’a semblé mériter une chronique, dans la mesure où toutes nos communes, hélas, subissent l’épée de Damoclès de ces dépenses fantaisistes.

Issu de la Conférence de Rio de 1992 et appuyé par le Grelin-grelin de l’Environnement, l’Agenda 21 se veut reprendre les « meilleures pratiques » du développement durable pour promettre aux communes un avenir radieux. Chaque municipalité y confirme sa logique interventionniste pour « lutter contre la pauvreté, arrêter la pollution de l’air, préserver la biodiversité, promouvoir la santé, le logement, l’éducation et plus globalement une démarche démocratique. » Et pour effacer ces inquiétudes majeures, il est bon de lever des impôts et préparer une belle ardoise pour demain.

Chaque commune y va de son « diagnostic ». Oubliant au passage qu’elles ont survécu à ce jour à quelques milliers d’années d’histoire pas toujours des plus éco ni logique, leur programme pose une bonne trentaine d’actions hétéroclites s’appuyant sur trois ou quatre axes. On se limitera ici à examiner les trois axes de la commune de mon ami, car ils suffisent à illustrer le ridicule danger de cet exercice.

Axe 1 : « Organiser, développer et structurer durablement le territoire » : En quoi est-il légitime ou nécessaire de poser un tel principe pour acquis ? S’il est évident que le territoire concerne chacun de nous, surtout dans une commune, il reste que la grande majorité dudit territoire est domaine privé. Ce n’est donc pas à une oligarchie d’y faire la loi par-dessus la tête des propriétaires. Le durable ne se conçoit que si le droit de propriété est garanti. Il peut se concevoir tout à fait qu’il y ait un besoin de mieux aménager, mais l’Agenda 21 ne doit pas être un prétexte à expropriation. Ni à multiplier les dépenses publiques et leur cortège d’impôts, forme méconnue d’expropriation.

Axe 2 : « Favoriser et susciter la participation de tous » : Soyons direct : en quoi « la participation de tous » (pourquoi pas celle de chacun ? et à quoi ?) serait-elle liée au développement durable ? La liste d’actions est un gigantesque fourre-tout clientéliste. Les uns et les autres y vont de leur interprétation de ce qui est « durable », terme mal défini. Durable, vous avez dit durable ? Mais c’est très simple : Est durable ce qui découle de la décision privée responsable pleinement assumée. On en revient à garantir la propriété.

Axe 3 : « Accroître la solidarité et renforcer le lien social » : Voyage au cœur du grand n’importe quoi, rhétorique des illusionnistes. Solidarité et lien social sont des termes déformés et vidés de leur sens originel. Quel rapport, même ténu, avec le développement durable ? Comme si ce dernier pouvait se faire hors de la société, hors des « liens sociaux » et sans aucune forme de solidarité. L’hypocrisie est ici de cacher que la bureaucratie aura besoin de la solidarité financière des citoyens pour continuer à se sentir utile. Le développement suppose l’échange et la relation sociale constante. Il suppose la solidarité par l’échange. Si un produit ou service est bon, je lui ferai l’honneur de mon achat avec en retour la joie de sa qualité et de sa pertinence. La vraie solidarité naît spontanément de l’échange libre, pas de la volonté politique arbitraire.



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