Et si… la courbe du chômage nous cachait la réalité ?

© Franck Alix/JT

Une promesse présidentielle de 2013 était d’inverser la courbe du chômage – j’en fis une chronique. Pari osé, pari annoncé, pari revendiqué, mais pari raté, comme dirait le grand Charles. Ce type de promesse relève de l’incantation politique quasi religieuse, pas de l’économie. Surtout que pendant ce temps, des milliers d’emplois disparaissent corps et biens. Le chômeur n’a pas la même perception du quotidien que le politique qui garde un œil mollement rivé sur une courbe idiote tout en étant grassement indemnisé par les impôts et taxes du premier.

En se focalisant sur les chiffres têtus du chômage, le politique prouve qu’il n’a absolument aucun pouvoir positif sur le système économique, à l’inverse de ce qu’il prétend. Cette obsession maladive cache en réalité leur déni des vrais mécanismes économiques. Non, ce n’est pas le politique qui trouvera un vrai emploi aux chômeurs. Il ne le peut pas. Le politique ne sait que prendre de l’argent, pour ne redistribuer arbitrairement que ce qu’il n’a pas empoché ou gaspillé.

J’entends déjà certains m’évoquer les “emplois d’avenir” ou issus de contrats aidés, les embauches dans les secteurs publics (fonctions publiques nationales et territoriales, secteur de la santé et autres parapublics). Tous de faux emplois ne reposant pas sur la valeur ajoutée mais sur la fiscalité. Autant de spoliations sous divers fallacieux prétextes sur de la richesse déjà créée. Rien que de l’illusion.

Tout a-t-il été essayé ? En mots, en paroles, oui. Toutes les méthodes socialistes ont été essayées, épuisées même. Et dans ce registre, c’est une guerre sans fin. Les termes de “lutte contre le chômage” ou de “combat pour l’emploi” sont symptomatiques de cet esprit belliqueux qui anime les impuissants. Il ne reste plus qu’à obliger les individus à tenir des emplois inutiles : pourquoi ne pas créer les jobs de «creuseur et de reboucheur de trous à la cuiller» ? Voilà de quoi occuper du monde pendant plusieurs décennies ! Mais pas de quoi le nourrir !

Pourtant, une idée simple n’a pas été essayée. Jamais. Simple pourtant. Toujours dénigrée, servant souvent de bouc-émissaire, mais jamais mise en œuvre. Et pour cause, car cette idée supprime définitivement tout pouvoir aux politiciens de nuire sur le peuple : c’est le “laisser-faire”, terme français que les anglo-saxons prennent comme principe vertueux et pacifique pour l’économie !

L’idée simple est que chacun sait bien si l’autre fait un travail ou un produit dont il a besoin. Et il le sait mieux que quiconque. Ma précédente chronique l’expliquait, l’égoïste a besoin de la solidarité transmise par le marché libre. Moins d’oppression fiscale, moins d’oppression législative, moins d’interventions publiques, moins de violence morale, moins d’incantations politiques tout en donnant plus de responsabilité, plus de liberté et plus de sécurité aux individus.

Sommes-nous des adultes avec assez de raison pour négocier nos contrats et échanger ? Ou resterons-nous d’éternels adolescents ayant besoin de leurs parents pour couvrir leurs dépenses ? Cessons de laisser notre carnet de chèques aux politiques, ils n’en ont jamais assez. Bien pire : ils n’abandonnent aux deux générations qui arrivent qu’un champ de ruines sociales. De la réalité, ils se moquent bien. L’avenir du chômage, sa réduction définitive et irrémédiable passe par la plus systématique des libéralisations de l’économie et de la vie sociale. La théorie l’explique, la réalité le confirme. Levons ce voile qui nous aveugle.

Patrick Aubin



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