Et si… égoïsme et solidarité allaient de pair ?

Tout gouvernement nous annonce à l’envi des plans de relance géniaux où l’argent coule à flots pour doper consommation et industrie. Pourtant, notre Société souffre de gens toujours plus nombreux vivant à ne rien faire, sous des prétextes sociaux incohérents.

Or rien n’est gratuit sur cette Terre. Surtout pas de vivre. Je dois respirer. Je consomme de l’énergie. Très vite, deux choix s’offrent à moi : me nourrir, ou mourir. Je cultive ou je chasse, ou je pêche. Ou j’échange le fruit de mon travail contre de la nourriture. Encore et toujours de l’énergie : pour vivre, je dois travailler. Et d’abord pour moi.

Manger pour vivre, ou vivre pour manger, Molière ? En économie, la question est claire : il faut manger pour vivre. Dans ce monde humain, chacun commence par penser à son estomac. Personne ne peut manger pour moi : je dois être égoïste pour pouvoir survivre. Au quotidien, la société est ainsi purement individualiste sous l’angle primaire. Dans notre société complexe, je n’ai souvent pas d’autres choix que d’échanger avec autrui pour ma restauration. C’est travail contre repas.

Là intervient l’objet du marché libre et de la division du travail. Autrui prend le relais. Si je lui apporte de la farine, en retour le boulanger saura me nourrir en pains. Ainsi, dans la société moderne, la vie repose sur le négoce entre tous les humains. C’est elle la solidarité naturelle d’une société libre. Mais le fonctionnement social et économique suppose donc mon premier effort. Un effort de chacun et de tous en vue des échanges à venir pour vivre et participer à la vie des autres.

Pour financer une relance, le politicien brise cette loi, il crée de la fausse monnaie. Ce gratuit de façade n’est autre qu’un vol payé par ceux qui ne trichent pas. Ainsi toute relance entretient une fausse solidarité. Le socialiste croit qu’on peut aider certains à ne rien faire tout en espérant qu’ils se socialisent. C’est contre nature. Illogique. Il oublie qu’il faut commencer par égoïstement travailler pour soi avant de pouvoir espérer la solidarité des autres, exprimée par l’échange gagnant-gagnant.

Imaginez une société où il serait durablement possible de se nourrir sans avoir coopéré à la survie de ceux qui nous nourrissent. Ce serait une société profondément injuste. Hélas, depuis quelques décennies, c’est la nôtre! Le socialiste imagine l’Humanité devenue Grande quand « sa » solidarité qui pousse à l’inaction sera imposée à tous. Or la civilisation, donc la paix, repose sur la coopération par le négoce.

Bien sûr, il y a des gens incapables de contribuer pleinement (personnes âgées et invalides, enfants, etc.) Mais la tradition a prévu leur prise en charge par leurs familles, creuset de la civilisation humaine. A défaut par des associations ou communautés. Cette proximité où les gens se connaissent, peuvent apprécier la réalité du handicap et décider ainsi spontanément d’aider, c’est elle la seule garantie possible de la juste solidarité. La redistribution étatique aux fainéants légalisés est à la source de l’injustice sociale, chaque jour un peu plus marquée. Qui ose dénoncer cette solidarité forcée ?

La société socialiste, qui se veut morale parce que glorifiant les non-capables, est naturellement injuste. Elle s’enfoncera toujours plus vers l’arbitraire, donc vers sa perte, tant qu’elle ne remettra pas le travail, base de la solidarité par le négoce, au centre de ses valeurs. La sortie de la misère suppose de reconnaître que l’égoïsme et la solidarité sont rationnellement liés.



2 COMMENTAIRES SUR Et si… égoïsme et solidarité allaient de pair ?

  1. Marie-Hélène Florentin dit :

    en tout cas, le but de peillon est bien de supprimer la solidarité
    qu’il appelle “relations de dépendances personnelles”
    pour la remplacer par une dépendance totale à l’état, qu’il appelle
    ” dépendances impersonnelles”

    voir cet extrait du livre de peillon “a Révolution française n’est pas terminée” :
    «
    p48: Il n’est pas question de remettre en causse l’idée que l’émancipation de l’individu se produirait bien par la libération à l’égard des relations de dépendances personnelles telles qu’elles se constituent dans les familles, les communautés religieuses, de travail ou politiques, les groupes ethniques. Mais il s’agit, pas contre, de montrer que cette émancipation, ce processus d’individualisation, s’est en réalité produit à partir d’un second processus auquel il s’est adossé, et qui suppose la mise en oeuvre sociale et politique de relations impersonnelle: <>

    Dès lors que l’on restitue les deux faces du processus d’individualisation et d’émancipation, d’une part la libération à l’égard des dépendances personnelles, d’autre part la mise en oeuvre de dépendances impersonnelles, on assiste aussitôt à un renversement de problématique par rapport à la vulgate dominante. Car alors, et contre toutes les idées reçues, on peut affirmer que, <>. Et c’est donc, a contrario, le modèle républicain, en tant que ce modèle assure socialement et politiquement aux individus la liberté comme non-dépendance personnelle, qui favorise l’émancipation. Celle-ci suppose toutefois la mise en oeuvre d’un socle minimal de solidarité permettant d’assurer à chacun les conditions de son individualisation par l’accès à des biens indispensables.

    • Patrick AUBIN dit :

      Peillon est dans l’utopie égalitariste du XXeme siècle, celle qui a amené les pires scenarii pour l’humanité, les fascismes socialistes de droite ou de gauche, ce qui conduisaient les êtres humains, soit dans les camps de concentration soit au goulag. Comment imaginer que des hommes qui se nourrissent, non pas par leur travail, mais par le travail des autres, puissent réellement vouloir le bonheur de ceux qu’ils pillent ?

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