Elle brise tout sur son passage ?…

Quand la Justice passe, avec la rumeur qu’elle laisse en linceul, elle brise tout sur son passage, vous marque définitivement au fer rouge… L’affaire Alègre à Toulouse, l’affaire Outreau ailleurs ont révélé aux Français et au grand jour surtout, quelques manquements graves imputables à notre justice et à ses représentants, mais pas seulement. Hier les affaires Grégory, Ranucci et le fameux pull-over rouge, mais aussi un certain «petit juge» Pascal qui à travers un couple de notaires s’attaquait aux bourgeois. Autant d’échecs cuisants qui n’ont pas remis en cause les grands principes de cette magnifique institution, placée même au-dessus des lois des Hommes, ses représentants quasi inattaquables, dont la seule excuse vraie serait qu’ils manquent de moyens et de personnel…

Une justice que l’on croyait sereine, mais que l’on devine surtout supérieure et peu enclin à reconnaître ses faiblesses, ses méfaits parfois. Aux dérapages d’autant plus préjudiciables qu’elle a trouvés dans les médias en général et dans certains plus particulièrement, l’opportunité de complicités dévastatrices dès l’instant où des intérêts convergents se créent.

 

Qui manipule qui ?

 

Là est probablement la question, la seule certitude restant qu’ils sont inséparables, quasi rien les uns sans les autres. Et comme toujours, on aura complaisance à s’attaquer aux plus petits et trouver excuses aux errances de certains grands. Quelques journaux ont fait leurs «choux gras» comme l’on dit, dans le jargon professionnel, sur le malheur des autres, jouant de cette faiblesse bien humaine qui nous attire toujours plus à lire les faits divers.

Car, comme le relevait déjà un certain Armand Jean du Plessis, Cardinal de Richelieu : «Avec deux lignes d’écriture d’un homme, on peut faire le procès du plus innocent». Oubliant toujours et de fait que derrière un nom se cache un Homme dont on ne sait rien, des enfants, une famille, une entreprise, des années de sacrifices «ruinées» en une seule phrase assassine. Poussant même certaines victimes à ne pas se défendre de peur de soulever encore plus la haine vindicative de certains médias. Pour d’autres à se suicider ou à se laisser mourir. Comme on l’a vu récemment dans notre région.

La Justice, les Médias et leurs représentants tous responsables ? Non bien entendu. Sauf que nous tous, vous et moi, n’avons que la justice que nous méritons. Car tant que nous penserons que cela ne peut arriver qu’aux autres, rien ne bougera… Tant que le fameux principe «il n’y a pas de fumée sans feu» animera notre instinct du mal, rien ne changera dans ce bas monde.

Et quand on constate que dans l’affaire Sarkozy-Bettencourt, dès le lendemain de l’interrogatoire de notre ancien Président de la République, par trois juges d’instruction bordelais dont Jean-Michel Gentil, les compte-rendu de son interrogatoire sont sur la place publique, on peut se poser la question essentielle de la sérénité de la justice française, tant de fois proclamée, mais qui de fait n’est jamais respectée ?

Sommes-nous toujours dans le pays des Montaigne, Voltaire, Hugo, le pays des Lumières ?

Permettez-moi d’en douter…

 

André Gallego

andreg@aol.com



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