Détruire ne va pas avec construire !

L’actualité de la semaine de Toussaint a été marquée par l’ouragan Sandy qui a décidé d’aller voir au nord s’il ne pouvait pas venir saluer Lady Liberty – mais ce faisant, laissa les rues et le métro de New York, ville symbole de la puissance américaine, sous une inondation sans précédent. Et aussitôt, un concert d’économistes – ou supposés tels – de vibrer devant l’occasion si belle de nous illuminer de leur finesse d’esprit. Ils nous affirment qu’il y aurait là un superbe espoir de voir l’économie américaine relancée suite aux besoins de reconstruction ainsi provoqués.

Pour cette grande majorité d’économistes, inspirés par l’incompréhension du monde théorisée par John Maynard Keynes et ses disciples, ce qui fait qu’une économie se porte bien, c’est sa dynamique de dépense. Ce n’est pas totalement faux, un des cœurs de l’économie, c’est bien l’échange commercial – donc de la dépense – qui construit et accumule de la valeur ajoutée, donc de la richesse.

Mais ce n’est bien évidemment pas le seul aspect de la santé d’une économie – mais il semblerait que cette évidence échappe au keynésien moyen. Cher fidèle lecteur, votre bon sens l’a probablement déjà identifié, cet autre cœur de l’économie, c’est le capital, qui est la richesse accumulée jusqu’ici. Et sous l’angle du capital, le moins qu’on puisse dire, c’est que Sandy n’a pas été une pluie de dollars pour l’économie américaine.

Il convient de citer une fois encore dans cette chronique Frédéric Bastiat, reconnu dans le monde entier comme le plus grand économiste français, mais totalement oublié en son pays. Bastiat a écrit en 1850 la «Parabole de la vitre cassée» où un apprenti économiste tente d’expliquer au boutiquier dont la vitrine vient d’être cassée que c’est là une chance pour le vitrier et donc pour l’économie. Et Bastiat de rappeler que rien n’est moins vrai, car l’argent dépensé dans la nouvelle vitre aurait pu être mis dans une toute autre dépense – tout en profitant de la vitrine restée intacte.

Que l’homme de raison se rassure : Sandy, comme tout cataclysme, est bien une catastrophe, humaine comme économique. Ne doutons pas de cette vérité à l’écoute des messages délirants de ces économistes qui relèvent plus de l’apprenti-sorcier. Ils prétendent faire notre bonheur et notre richesse à coups de mises en équations et de création monétaire. Mais les banques centrales sont dignes des meilleures cavaleries financières. Ils trouvent grâce aux yeux du pouvoir, car ils servent de caution technique à l’intervention étatique dans l’économie, pourtant toujours injustifiable. L’argent jaillit de partout et nous sommes victimes de noyade, non pas par Sandy, mais par ces soi-disant experts qui ne savent que manipuler la planche… à billets.

Pourtant face à la déferlante des économistes de la destruction, une «école d’économie» dite «autrichienne» résiste. Elle a depuis 150 ans repris les travaux de Bastiat et de ses précurseurs français, tel Jean-Baptiste Say. Inconnus du grand public, ses plus grands auteurs – Ludwig von Mises, Friedrich von Hayek, Murray Rothbard – ont ainsi bâti une théorie économique exacte qui permit à Ron Paul – homme politique américain libéral – d’annoncer la crise économique de 2008 dès 2003. Et hélas, ce que la théorie «autrichienne» voit en cette crise monétaire majeure, c’est que le pire ouragan est à venir et prendra plutôt un prénom du genre d’«Ô Dette publique ! N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?!» aurait pu ajouter F. Bastiat avec l’humour qui le caractérisait.

 Patrick Aubin



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