Casse-toi pauvre Amazon !

« Aujourd’hui, tout le monde en a assez d’Amazon qui, par des pratiques de dumping, casse les prix pour ensuite pénétrer sur les marchés pour ensuite faire remonter les prix une fois qu’ils sont en situation de quasi-monopole », a lancé la Ministre de la culture à Bordeaux, où elle participait à la deuxième édition des Rencontres nationales de la librairie. « Le secteur du livre et de la lecture est concurrencé par certains sites utilisant toutes les possibilités pour s’introduire sur le marché du livre français et européen. [...] C’est destructeur pour les libraires », a-t-elle ajouté, affirmant réfléchir à l’interdiction de cumuler la gratuité des frais de port et la réduction des 5 % sur le prix des livres.

La messe de la distribution des privilèges est dite : le protectionnisme néo-socialiste national a encore frappé préférant sacrifier des millions de lecteurs plutôt que des libraires. Car qui fausse la concurrence en imposant le prix unique du livre, empêchant ce secteur de s’adapter aux évolutions ? La loi Lang date de 1981 : trente ans plus tard, bonjour les dégâts ! L’interventionnisme est le seul vrai destructeur ! Amazon est dans la légalité ni ne casse les prix : le prix unique du livre est respecté avec autorisation de réduction de 5%. Il n’est pas le seul à vendre des livres sur Internet. Il n’y a aucun dumping et le transport gratuit n’est pas une pratique déloyale, selon la Cour de cassation.

Il est tout aussi étrange d’entendre dire qu’Amazon vend des « livres d’occasion à bas prix ». Le prix d’un livre d’occasion n’est déterminé que par le vendeur et l’acheteur. Et on en trouve sur toutes les brocantes à moins d’un euro. Mme la Ministre a juridiquement tort et montre son incompétence économique. De plus, elle favorise un cartel au détriment des consommateurs : les prix du marché ne sauraient être déterminés par un cartel, fut-il libraire. Et sans l’appui de la coercition publique, SVP. L’intérêt particulier des libraires ne saurait jamais prévaloir à celui des citoyens.

Toute forme de monopole ou d’entente sur les prix nuit au peuple. Seul le marché libre, le vendeur-acheteur détermine le vrai prix. Les prix arbitraires fixés à la soviétique par les apparatchiks qui ne connaissent pas le fonctionnement d’une entreprise sont grotesques. Dans le cas du livre, la ministre permet surtout d’engraisser la CGT du livre et les éditeurs français établis, qui confirment leur rente de situation, aux dépens des libraires. Les finances des librairies en centre-ville sont peu reluisantes depuis bien des années du fait des charges et impôts. C’est évidemment faux de dire qu’Amazon augmentera ses prix une fois qu’il sera en situation de monopole. S’il le devient, c’est que l’Etat l’aura favorisé par ses mesures de nuisances en intervenant sur la fixation des prix toujours à la hausse. Et comment la ministre peut-elle nous expliquer une remontée de prix des livres qui sont uniques ? Car en situation de libre concurrence, les prix ne pourraient que baisser. Ce sont les interventionnismes qui les faussent systématiquement à la hausse. Ah, l’ignorance économique du socialisme !

Le consommateur de livres, qui est aussi contribuable, est toujours le grand perdant d’une nouvelle intervention, puisque c’est lui qui va la financer. Pourquoi les libraires subventionnés feraient-ils des efforts d’adaptation à leur marché puisque l’Etat leur assure des revenus avec l’argent détourné des autres marchés ? Les librairies n’ont ainsi pas su se préparer à l’arrivée de la révolution « e-book ». Et l’Etat français a toujours l’arrière-pensée de protéger ses propres rentrées fiscales. Car autre curiosité, l’Etat n’aurait plus d’argent, mais là encore, une ministre trouve une nouvelle possibilité d’en dépenser. Mais qui paye ? Vous aurez compris qu’au final, c’est toujours vous : un prix du livre toujours plus cher et le financement des aides par taxes et impôts plus élevés. Finalement, on en a plutôt assez de ces politiques inutiles qui, par des sentiments qui sentent la naphtaline, pensent nous faire verser des larmes, alors que leur petit jeu consiste à taper sans gêne dans notre portefeuille !

Patrick Aubin



3 COMMENTAIRES SUR Casse-toi pauvre Amazon !

  1. Desman dit :

    Bof. Il faut au moins reconnaître une chose au système du prix unique du livre en France : on a des livres très peu cher comparé à d’autres pays (États-Unis, Royaume-Uni, etc).

    • Patrick Aubin dit :

      Ce que vous dites est totalement arbitraire et n’est pas la réalité. Prenons un exemple au hasard où l’auteur/éditeur fixe le prix du livre : Inferno de Dan Brown en brochée (pour être juste dans le comparatif) sur Amazon (en version .fr et .com).

      En France, ce livre est proposé au prix de 22,90 €, Amazon le propose à 21,76 € (-5%).
      Aux USA, ce livre (même qualité donc mais en version anglaise) est proposé au prix de 29,95 US$ soit au taux de change actuel (1,30/1,32), on va dire le même prix. Cependant Amazon peut le proposer à 16,19 US$ soit 12,45 €. Presque moitié prix !!!

      Prenez d’autres exemples sur des prix plus rares, vous aurez des résultats similaires !

    • Patrick Aubin dit :

      Désolé… merci de rectifier … sur des livres plus rares…

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