Cadeau fiscal ? Non, vol légalisé !

On entend régulièrement le politique ou le syndicaliste parler de « cadeau fiscal » aux contribuables qui bénéficient d’un allégement d’impôt ou de taxe. Par exemple, l’écologiste voit la fiscalité sur le gasoil comme un « cadeau fiscal ». Le cégétiste, c’est la réduction de l’impôt sur les sociétés. A aucun moment, il ne leur vient à l’esprit que la fiscalité sur les autres carburants ou les entreprises est déjà abusive. Ils ne voient pas qu’il s’agit en fait d’un vol moindre du système envers les citoyens.

Si vous recevez un cadeau, vous demande-t-on de le payer ? Non, bien sûr. Si on vous y forçait, vous ne diriez probablement pas « merci pour le cadeau». De même, devant le choix entre deux produits, l’un moins cher que l’autre, vous ne verrez pas la différence de prix comme un cadeau de la part du commerçant. Ce dernier ne prétend d’ailleurs pas vous faire un cadeau si vous achetez le produit le moins cher. Or pour les politiques ou syndicalistes vivant de l’argent des impôts et taxes, si par bonheur vous arrivez à en garder un peu dans le porte-monnaie, c’est qu’ils vous accordent bien généreusement un cadeau. Eh oui, dans notre belle république de la dépense obligatoire, ils finissent par se convaincre que votre argent est le leur. Conclusion : vos dépenses personnelles sont inutiles, seule la dépense publique, comprenez, à travers eux, est vertueuse à leurs yeux.

Bien sûr, cette vision est une grossière manipulation intellectuelle : elle pose que les revenus et les biens des citoyens appartiendraient au gouvernement. Après plus d’un siècle, la décomposition collectiviste de la société française arrive au même stade que l’ex-URSS avant sa chute. Le summum est atteint avec des pouvoirs politiques qui ont transformé l’Etat régalien protecteur du droit en Etat-nounou où le citoyen-larve ne doit plus penser ni agir, car le système pense et agit à sa place.

Le secteur privé, unique créateur de richesses, est ainsi prié de passer régulièrement à la caisse sans avoir son mot à dire. Or quelle que soit la conjoncture économique, il doit s’adapter et financer un secteur public hypertrophié. Lequel veut bénéficier de toujours plus de privilèges car la pureté vient de lui. Vous pensiez l’esclavagisme aboli ? En fait, l’esprit mercantiliste de nos gouvernants l’a ressuscité : l’Etat-glouton court après l’argent et vous laisse travailler sans scrupule pour lui.

Il faut l’affirmer : la fiscalité est un vol, réalisé par ceux qui ont jugé que taxer et imposer n’avaient pas de limites et que les revenus et les biens des citoyens sont la propriété de l’Etat, c’est-à-dire la leur. Cette conception de l’Etat socialiste (ce qui est traduisible par ce qui est à toi est à moi) est la négation de la propriété privée : elle est le point culminant de cette loi du plus fort qui est précisément celle qui est injustement reprochée au secteur privé. La fiscalité légalise la coercition des uns sur les autres et les spoliateurs justifient leurs actes à travers un altruisme plus que douteux.

Car si la non-confiscation fiscale devient un « cadeau », comprenez, qu’à l’arbitraire de la fiscalité s’est ajouté l’arbitraire du « cadeau fiscal » en guise d’aumône. Le vol arbitraire permet de faire des cadeaux discrétionnaires : assistanat envers les pauvres, « niches fiscales », déductions pour aider tel ou tel secteur, capitalisme de connivence à l’égard de certains riches ou professions …

Tout étant cadeau, l’État se réserve le droit de faire main basse sur tout ce qui ressemble à de l’argent. Devenue kleptocratie, la démocratie majoritaire a engendré une oligarchie mafieuse. Elle invente chaque jour de l’illusion par la loi pour embrouiller ses citoyens et éviter d’être mise en cause. Hard ou soft, le résultat final du socialisme reste le même que celui du totalitarisme des régimes communistes : la faillite collective par perte de la valeur et des valeurs.

 

Patrick Aubin



UN COMMENTAIRE SUR Cadeau fiscal ? Non, vol légalisé !

  1. jaar dit :

    Bienvenue dans les mathématiques socialistes avec les quelles une non-recette rentre dans la colonne des dépenses.

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