BPI : la Banque du Parasite Irréversible !

Si une banque publique était la solution pour retrouver de la compétitivité, cela se saurait depuis longtemps et de nombreux pays capitalistes auraient utilisé le filon. Les hommes politiques français ont ce génie d’arriver à faire croire que l’interventionnisme est utile à l’économie ! Aujourd’hui, le niveau de ponction fiscale sur les entreprises et les citoyens ne permet plus au secteur privé, donc à la vraie richesse, de se développer. C’est bien plus qu’une simple crise que nous affrontons : c’est la fin du système social-démocrate qui survient après celle du modèle communiste. Les deux ont eu comme prétention de modeler l’homme en le menant vers la misère par l’abus de pouvoir dirigiste.

Notre pays ne sait plus ce qu’est l’économie : la politique a sombré depuis de nombreuses années dans le mercantilisme, au seul profit d’une « élite ». Le contrat social qui unirait les Français à ce supposé état de droit associé au triptyque « liberté, égalité, fraternité » est rompu depuis belle lurette. L’idée d’aider financièrement les entreprises reste très tentant, mais il y a bien plus efficace : éviter de les taxer et de les imposer. Car l’argent qui passe par les mains de l’homme politique, qui se sert au passage, n’est que ponctions et redistributions arbitraires, orchestrées par une administration qui tient plus du système mafieux que de l’organisation au service de « l’intérêt général ». C’est à celui qui en obtiendra le plus au détriment de l’autre.

Les créations d’entreprises sont aujourd’hui bien inférieures aux fermetures. Celles qui se créent sont faiblement capitalisées et ont bien du mal à survivre. Il ne suffit pas de sombrer dans l’incantation de la croissance pour que celle-ci se profile. L’effet pervers des aides publiques est un piège qui se referme sur la totalité des entreprises. L’Etat est ainsi le prédateur des entreprises qui se portent bien tout en entretenant celles qui vivotent. Pourquoi ne pas laisser celles qui se portent bien se porter mieux ? Et celles qui vont mal s’adapter seules à leur environnement ou disparaître pour le plus grand bien des autres et de celles à venir ? N’est-ce pas plus moral et efficace ? Si, bien sûr.

La Banque Publique d’Investissement (BPI), c’est (à terme) 20 milliards d’euros, soit environ 2% de la valeur ajoutée annuelle. Ce montant, pour un Etat en déficit obligé d’emprunter pour finir ses fins de mois, c’est 20 milliards de trop. Surtout lorsqu’on constate que les premières entreprises qui bénéficient de l’aide, dite CICE (Crédit d’impôt emploi compétitivité), l’utilisent pour des questions de trésorerie et donc de survie. Oui, vous lisez bien : les entreprises sont aidées par l’Etat pour payer moins d’impôts afin de survivre ! Merci M. l’Etat de me rendre un petit peu de ce que vous m’avez volé ! Ainsi l’entrepreneur n’est plus valorisé pour la qualité de son modèle économique et l’ampleur de sa valeur ajoutée, mais pour sa capacité à maximiser les aides et à éviter les prélèvements.

On pouvait penser qu’en associant « investissement » à « banque publique », les financements iraient sereinement vers des projets innovants en mobilisant des moyens économiques conséquents sur du moyen et long terme. Or à l’heure où j’écris ces lignes, la BPI a déjà aidé près de 2 700 entreprises pour un montant de 488 millions d’euros en trois mois, soit moins de 200 000 euros de moyenne. Nous sommes donc dans l’urgence, le saupoudrage et le court terme, pas dans la stratégie. Surtout, cela annonce les prochaines difficultés à venir pour le bateau « France ». Et met en exergue l’abus de pouvoir lié aux missions que prétend remplir l’État : son intervention dans le domaine économique est fondamentalement illégitime et nuisible. Car l’Etat n’a jamais collecté autant d’argent : si son intervention était la solution, la crise n’existerait pas. Le niveau de la spoliation est donc bien le problème, que la BPI ne fait que renforcer. Elle n’est sûrement pas la réponse à la crise.

 

Patrick Aubin



5 COMMENTAIRES SUR BPI : la Banque du Parasite Irréversible !

  1. candide dit :

    Il me semble que vous mélangez tout dans cet article.

    comment fonctionne la BPI : http://lentreprise.lexpress.fr/relation-banque-entreprise/la-banque-publique-d-investissement-bpi-comment-ca-marche_38760.html

    Pour ce qui est du CICE la BPI est juste chargée de gérer d’éventuelles avances aux entreprises, mais le CICE est une manne uniquement financée par les hausses des taux sur les TVA. (Des nouvelles recettes ponctionnées sur les consommateurs aux fins de baisser les couts de productions.
    En vérité : un cadeau aux entreprises qui augmenteront leurs marges mais qui jamais ne baisseront leur prix.
    Comme toujours, la compétitivité vous verrez ne sera jamais au rendez vous !

    • Patrick AUBIN dit :

      Ne trouvez-vous pas que c’est plutôt la BPI qui mélange un peu trop son objet ? Est-ce une banque commerciale ? Est-ce une banque d’affaire ? Est-ce une bancassurance ? Est-ce une garantie d’emprunt ? Est-ce la caution du politique pour faire un peu plus d’interventionnisme ? Où n’est-ce pas plutôt la ènième agence chargée de recycler fonctionnaires et politiques :

      “La BPI, qui tenait jeudi son premier conseil d’administration à Dijon, aura dans chaque région une direction regroupant tous ses métiers: le financement, l’investissement et, ultérieurement, l’accompagnement à l’exportation avec l’intégration de l’organisme public Ubifrance.” Ce qui justifie très largement le titre.Connaissez-vous les frais de fonctionnement de la BPI ? Je suis sur ce point très intéressé… cela démontrera définitivement l’inutilité de la BPI…

      En ce qui concerne le CICE, vous confirmez ce que je dis avec “éventuelles avances aux entreprises”

      Pour la TVA, vous êtes bien ambiguë : la TVA est payé par le consommateur, c’est une augmentation de prix pour ce dernier … EXCLUSIVEMENT… elle est neutre (en dehors de la fraude) pour les entreprises… donc je ne vois absolument pourquoi les entreprises pourraient augmenter leurs marges et que cela pourrait être un cadeau… en fait comme d’habitude, toute aide prend de l’argent dans la poche de certains pour en redonner à ceux qui savent le mieux utiliser le système, ce dernier vivant sur ce vol…

      Je vous conseille de lire ma chronique de cette semaine…

    • candide dit :

      Pourquoi je dis que le CICE est un cadeau fait au entreprises ? je dirais même une subvention…. quand l’état fait baisser le cout du travail, cela devrait se répercuter dans le cout de revient du produit fabriqué par l’entreprise. Un produit sortant à 100 € sortira à 96 € donc… si vous le vendez il est clair que la logique voudrait que la TVA qui ne s’appliquera pas sur la même assiette, diminue… Or, le gouvernement s’oppose à ce que les baisses soient répercutées… Nous sommes donc bien dans le cadre d’une subvention, et non pas dans une démarche en vue de la compétitivité.

      Si l’entreprise continue à vendre à 100 € sont produit, qui lui coutera moins cher à fabriquer, on est bien dans une démarche d’augmentation de marge, faites sur le dos du contribuable…

      Je ne sais pas si je suis bien claire… j’ai le défaut des comptables.. j’ai des évidences qui n’en sont pas pour d’autres.

    • Patrick AUBIN dit :

      Si vous continuez à vendre à 100 euros au niveau de l’entreprise, en supposant que la réduction de charges soit réelle, une augmentation de marge entraîne aussi d’autres impôts supplémentaires… IS, CSG sur les dividendes, etc…

      Il n’y a de toute manière aucune garantie que l’entreprise maintienne ses prix lorsqu’elle est soumise à la concurrence : il n’y a que les comptables pour penser que l’économie est statique et que l’on peut jouer ainsi. Je croyais aussi qu’il n’y avait qu’à Bercy et du côté des syndicalistes de l’administration fiscale que l’économie était vue comme étant dirigée du côté de l’état. Voir cela comme une subvention, c’est ne pas voir que l’entreprise est d’abord soumise à un vol fiscal et que ce sont des moindres prélèvements qui sont effectués. Il faudrait peut-être voir que c’est l’entreprise qui est génératrice de la création de richesses, et que c’est elle que l’Etat vient pomper.

    • candide dit :

      oups je vous ai perdu en route… j’ai toujours trouvé très drôle les Libéraux qui défendent l’état…
      La seule solution pour éviter que la fiscalité des entreprises ne soit transféré sur les ménages, il me semble que ça passe par une réduction des dépenses publiques. La politique actuelle consiste juste à habiller Pierre en déshabillant Jacques… et pour la droite c’est l’inverse… en France on appelle ça l’alternance.
      Dommage que vous n’ayez pas compris cela… D’autre part, ce n’est pas la “marge” de l’entreprise qui fait son résultat “Bénéfice” ou “perte”. La marge peut donner une perte si les charges d’exploitation ne peuvent être contenue dedans…
      Pour ce qui est d’une hausse de marge, qui générerait un bénéfice qui à son tour générerait des dividendes et son lot de taxes… sachez que les entreprises maîtrisent leur résultat final par le jeu des stocks et des travaux en cours… c’est un choix de gestion. Comprenne qui pourra. ;)

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