Baisser les chiffres du chômage ? Facile !

Il était une fois un président normal répétant à l’envi qu’il allait faire reculer les chiffres du chômage avant la fin de l’année. Personne n’y croyait : nouvel adepte de la méthode Coué ? Tout le monde sûrement se trompait. Car un socialiste, surtout lorsqu’il est énarque, est capable de tout, c’est même sa spécialité. Manipuler les chiffres, c’est son fort. Etre honnête, c’est une autre histoire.

Bien sûr, le véritable objectif devrait être l’augmentation de l’emploi dans le secteur privé. Mais notez bien, l’engagement porte sur « faire baisser les chiffres du chômage ». Donc ce sont les chiffres qui baisseront, pas le nombre de sans-emploi. Pour baisser les chiffres du chômage sur une courte période, le politicien bricoleur du dimanche dispose de plusieurs astuces dans sa boîte à outils.

La première consiste à laisser filer les fermetures d’entreprises avec bon espoir que cela se tasse. Et puis un coup de pouce et la tendance s’inversera. Au besoin, on prend des mesures administratives pour aider. A cet instant, cette première phase, avec les gesticulations de rigueur, se déroule comme prévu : les niveaux record sont dépassés de mois en mois et le rebond artificiel se rapproche.

Ensuite viennent les contrôles accrus sur les demandeurs d’emplois pour les rayer des listes. Bien sûr, ces chômeurs radiés réapparaîtront plus ou moins rapidement. Cette pratique, éphémère et trop visible pour être mise en œuvre à large échelle, trouve ses limites. Mais il n’y a pas de petit profit.

Vient alors l’idée d’occuper les demandeurs d’emploi comptabilisés dans les chiffres du chômage. Ils sortent ainsi des statistiques quelques mois sans pour autant retrouver un véritable emploi. Là, on est dans le bricolage lourd : aides temporaires au secteur public avec des boulots inutiles aux non-qualifiés ou sans diplôme. L’atelier bricolage se termine en offrant, par détournement de l’argent de la formation professionnelle, une « formation » aux chômeurs, rendue inutile par une durée réduite.

Puis arrive la géniale idée de combler l’écart de salaire entre le dernier salaire plus élevé du chômeur qualifié et celui d’une offre d’emploi à pourvoir. Ainsi l’Etat, toujours très généreux avec l’argent des autres, aidera l’entreprise à compléter le salaire. Pour être augmenté ou aider votre entreprise à être compétitive, devenez chômeur ! Si si, le roi, pardon le président, des bricoleurs a évoqué cette piste.

Enfin, une astuce qui ne coûte rien, car naturelle : ne rien faire pour retenir les jeunes qui partent à l’étranger. C’est autant de chômeurs de moins et surtout sans intérêt : ils paient peu d’impôts.

Je ne développerai pas tous les effets pervers de ces mesures à moyen et long termes : on se doute bien que si cela fonctionnait, il y a belle lurette que le chômage ne serait plus. Peu importe, la boîte à outils du président-bricoleur sera utilisée à plein pour faire baisser les chiffres, mais que les chiffres. Donner un peu d’espoir vaut bien quelques tripatouillages sans lendemain.

Il n’y a qu’une chose qui mérite attention : les conditions du développement économique. Désormais en France, elles n’existent plus. L’utopie collective du social est privilégiée à la valeur ajoutée de chacun. Nous voulons le beurre et l’argent du beurre sans faire l’effort de cultiver les champs et traire la vache. Cela ne peut qu’échouer. Grâce à notre argent, l’État s’est érigé en prestataire de services, mais il butte sur la réalité économique : il détruit toujours plus de valeurs qu’il n’en crée…

Mais ce n’est pas grave, car les chiffres du chômage vont baisser ! Attention, comme Perrette dans la fable, l’histoire se termine par « adieu, veau, vache, cochon, couvée… »

 

Patrick Aubin

 



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.