Stella Bisseuil: Avocate toulousaine

Avant le 21 septembre 2001, Stella Bisseuil côtoyait déjà des victimes, depuis elle est devenue une spécialiste de celles touchées par AZF. Cette semaine elle a accepté de venir à notre rencontre et de commenter l’actualité toulousaine avec le mordant qu’on lui connaît.

 

 

 

 

 

 

Les Toulousains les plus riches

 

Qui sont ces riches que l’on aime pointer du doigt ? A partir de quel salaire est-on riche ? C’est une catégorie que je ne connais pas spécialement et c’est pour moi surtout un terme confortable pour parler des autres, car on ne s’inclut jamais dans cette catégorie alors qu’elle concerne parfois plus de personnes que l’on ne croit. Le terme excite immédiatement les Français, il y a toujours une critique incluse dans cette dénomination. Pourtant en ces temps de crise, certaines grandes familles toulousaines à la tête d’entreprises bien connues, ont peut-être du souci à se faire. Il faut le regretter mais il risque d’y avoir quelques emplois perdus. Cela va-t-il satisfaire les Toulousains de savoir que ces riches ne vont pas forcement le rester longtemps ?

 

 

La marche des salopes et les violences faites aux femmes

J’apparente ce mouvement à celui des Femen. Ils sont provocateurs et de fait, interpellent autant de gens qu’ils n’en repoussent. En matière de communication, je pense que l’effet est très mitigé. Par contre, je suis très sensibilisée aux violences conjugales, mais c’est sûr qu’en tant qu’avocate, je ne vais pas le traiter en faisait une marche des salopes ! J’ai des affaires en cours et de véritables critiques à faire car Toulouse réagit de manière très désinvestie aux violences faites aux femmes. Le sujet y est très mal traité par les juridictions et la réponse pénale n’est absolument pas adaptée, elle intervient souvent plusieurs années après les faits. Ce délai insensé est interprété par tous comme de l’impunité, c’est une réponse inefficace. Aujourd’hui en plus, on diffère l’exécution des peines… C’est une perte d’efficacité et de sens. Pendant que l’on se dispute sur de grandes questions -parce que les Français adorent ça- les violences continuent et ne sont pas traitées efficacement.

 

La sécurité

Il y a une telle insécurité aujourd’hui qu’en tant que mère de famille, je m’inquiète dès que mes enfants (15 et 20 ans) prennent le dernier métro… Ils sont en plein milieu de l’insécurité, qui est partout et prend chaque jour plus d’ampleur : les parents sont de plus en plus inquiets. C’est un sujet qui souffre des mêmes lacunes que les violences conjugales parce que les réponses pénales sont trop tardives. La justice des mineurs notamment est la plus longue de toutes, or un enfant ne comprend que la réponse immédiate ! Des années après, le rappel à la loi ne sert plus rien et il favorise une montée de la délinquance… J’ai un cabinet à Bagatelle et l’autre à Arnaud Bernard, je me sens donc très concernée par ce sujet ! Mais à mon avis, on ne met pas tout en œuvre pour limiter certains trafics (référence au trafic de cigarettes à Arnaud Bernard, ndlr). Je pense que l’on pourrait se poser des questions sur les horaires d’ouvertures des commissariats pour commencer, il faut qu’ils soient des lieux de refuge, de plainte, de protestation, sur des plages horaires plus larges… On peut remédier à plein de choses sans rentrer dans la polémique : certaines solutions pragmatiques existent et sont ignorées. On a tout ce qu’il faut, encore faut-il améliorer l’effectivité de ce qui existe.

Les seniors

Mes parents sont en banlieue parisienne, je sais qu’ils sont ravis d’avoir des tarifs seniors ! A Toulouse, j’avoue ne pas trop savoir ce qui est proposé à cette tranche d’âge. En tout cas, cela stimule beaucoup mes parents d’avoir des tarifs préférentiels pour sortir. Quant à la semaine des seniors, il faut voir qui participe et ce qui est proposé ? Sur le principe de la journée de la femme, si c’est l’occasion de rencontrer de vrais décideurs, ok. Mais si c’est un événement « à la française » pendant lequel les gens parlent puis se séparent sans que rien ne se passe, c’est inutile. Est-ce qu’on ne confond pas la politique avec le discours, en rendant les choses visibles dans l’espace public alors que derrière rien n’est fait ? Cela paraît parfois hypocrite. Par contre dans certains quartiers, comme Bagatelle, je sais que les seniors seraient ravis qu’on leur propose des choses mais je pense qu’il faudrait aller frapper à leur porte. Ils ne viendront pas d’eux-mêmes dans l’hyper-centre profiter de la semaine des seniors.

 

Aurélie Renne



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