A quand un aéroport vraiment libre ?

L’actualité nationale se nourrit depuis plusieurs semaines des contestations populaires que soulève le projet de nouvel aéroport dans la banlieue de Nantes, à Notre-Dame-des-Landes. Ce projet illustre magnifiquement les dysfonctionnements sociaux de la société française dite moderne. Ils ne feraient pourtant même pas parler d’eux si la liberté la plus basique était respectée en ce pays.

Ainsi l’Etat – y compris les collectivités territoriales – a exproprié des terrains en campagne nantaise pour y établir un aéroport régional, qui serait essentiel pour le développement économique local, voire national. Ce projet étant manifestement de nature économique, faut-il donc invoquer la nécessité publique ? On peut en douter. Dans cette affaire, l’Etat comme les manifestants écolos se mêlent de ce qui ne les regarde pas et oublient les contribuables tout en détruisant l’économie. Explication en trois temps.

Tout d’abord, rappelons qu’un aéroport est une activité économique comme une autre. S’il y a un besoin réel de voyages exprimé par la population locale, c’est le rôle de l’entreprise privée, après études, d’y répondre, ou pas. Elle acquiert le capital pour investir, négocie les terrains avec les propriétaires, construit le complexe et vend les services ainsi mis sur pied. C’est aussi simple que cela. Et ce faisant, si le besoin s’avère trop faible, la faillite ne sanctionnera que le seul entrepreneur.

Mais en France, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Ici, le politique décide qu’il existe un besoin. Qui subira les conséquences s’il y a erreur de jugement ? Pas le politicien, non, jamais lui. Mais le citoyen, toujours. Puis on réquisitionne les terrains. Ils ne sont pas achetés au prix du marché, mais soit bradés par recours à l’expropriation, soit achetés au contraire très cher, entre copains. Le marché ne doit pas faire obstacle à la volonté politique, c’est bien connu. Tant pis pour nos sous, confisqués à travers l’impôt pour financer l’arbitraire.

Puis pour se donner bonne conscience, on privatise… dans la connivence – Vinci a ainsi la concession depuis 2010 ! Mais cher lecteur, distinguez deux choses : privatiser, ce n’est pas libéraliser. Ainsi Vinci n’a pas eu à investir dans les terrains. Ils ne prennent aucun risque si le projet s’avère un échec. C’est le contribuable, bonne poire, qui devra mettre la main à la poche une fois de plus.

Et pour finir, ce qui est aujourd’hui médiatisé : les divers opposants se réveillent tout d’un coup. A ce stade, le comble serait que l’Etat fasse marche arrière sous la pression. Les dépenses réalisées jusqu’ici ne pourraient même pas servir au contribuable. Les irresponsabilités gouvernementales et écologistes sont à cet égard à mettre dans le même sac.

Selon les étatistes, un aéroport, comme les routes ou voies ferrées, serait un bien public qui échapperait à la logique du marché. La loi de la rentabilité ne s’appliquant pas, l’intervention de l’Etat serait indispensable, sinon jamais aucun aéroport ne verrait le jour.

Cette logique est évidemment erronée. Au contraire, si justement la rentabilité est trop incertaine pour que le projet soit pris en main par les capitalistes, pourquoi imposer aux contribuables de financer un besoin issu du seul marketing politique donc du rêve idéologique ? Pour au final, se transformer en cauchemar financier.

Le décollage de l’économie en France, avec le dirigisme économique qui caractérise notre pays, n’est ni pour aujourd’hui, ni pour demain…

 Patrick Aubin



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