A l’ESS, rien de nouveau !

Je fais partie de ces êtres humains qui adorent l’innovation. Aussi lorsqu’un article dans le « Journal Toulousain économie » du 2 mai titre : « pour un nouveau modèle économique », l’intérêt s‘empare de moi avec beaucoup de… scepticisme ! Car il n’y a en réalité jamais rien de nouveau, c’est toujours un toilettage de l’économie collectiviste qui est servi. C’est juste le vocabulaire qui est renouvelé : au lieu de dire « économie socialiste » ou « économie communiste », les « néo-collectivistes » évoquent  « l’économie alternative » ou « l’économie sociale et solidaire (ESS) ». Et une fois de plus, bingo !

Le principe commun, même s’ils s’en défendent, c’est toujours de taper dans les caisses d’argent dit public, cet argent ponctionné sur l’économie « traditionnelle ». L’économie traditionnelle, la seule, la vraie, c’est la nôtre. Celle qui se doit de créer de la valeur ajoutée pour pouvoir rémunérer salariés et actionnaires et qui, en plus, est obligé de financer le secteur improductif, y compris l’Etat, qui ose se comptabiliser dans le PIB. Le comble, c’est que cette ESS, qui toujours vit sur le dos des autres, veut faire croire que sans elle, ces autres ne seraient rien ! C’est en constatant la proximité systématique de l’ESS avec le pouvoir politique qu’on touche la réalité du doigt. Celui qui a l’habitude de lever tant et plus d’impôts et de taxes n’est jamais bien loin. Et notre interviewé de citer dans l’article, le président de région et le maire de Toulouse, bien généreux avec l’argent pris sur le dos des autres.

Ce futur Nobélisable prétend inventer un « nouveau modèle économique » : est-il nouveau d’extorquer légalement, pardon taxer et imposer les autres tout en s’arrogeant « les mêmes avantages que les entreprises classiques » ? Il explique qu’une entreprise classique trouve des fonds, mais pas « une Scop car ils ne peuvent pas valoriser le capital de la société ». Valoriser un capital nul, ça c’est nouveau ! Et de se plaindre que « les idées reçues ont la vie dure ». Avec de tels arguments, il n’est pas une surprise que « les banques restent convaincues d’avoir affaire à des baba-cools ». Notre économiste en herbe avoue faire du « lobbying sur la loi » avec l’ESS : vue l’incompétence qui règne au pouvoir, Angela Merkel n’est pas la seule à vraiment être inquiète pour l’économie française.

Car dans tous ses propos, on ne trouve absolument rien de bien innovant pour créer de l’emploi et surtout de la valeur. Le pauvre, il se complait dans la plainte : « si les entreprises sociales ne sont pas autant considérées que les sociétés conventionnelles, qu’elles aient au moins les mêmes outils pour se battre »… Par contre, il oublie de réclamer le même niveau d’imposition que les entreprises conventionnelles. Facile de vouloir le beurre et l’argent du beurre : la crémière en prime ?

Surtout, il lance la phrase qui tue, reprise en sous-titre : « une économie uniquement basée sur la croissance et le profit va droit dans le mur ». C’est sûr qu’avec le massacre de l’économie traditionnelle à coup d’endettement public, d’impôts et de taxes, il ne risque pas grand-chose à dire une telle ineptie. On peut certes voir que ce niveau de fiscalité permet de laisser l’illusion que l’ESS serait un marché viable. Mais ce qu’on ne voit pas, ce sont les perfusions redistributives et les destructions d’entreprises classiques et emplois associés qu’il en coûte pour financer la chimère.

Tant qu’en France le pouvoir politique interviendra dans l’économie, nous nous enfoncerons inéluctablement dans le marasme économique. L’économie a ses lois que l’ESS ne changera pas. Et pourtant, il y a plus de 150 ans, l’économiste Frédéric Bastiat dénonçait déjà le comportement de tels fantaisistes : « Ce que je leur conteste, ce n’est pas le droit d’inventer des combinaisons sociales, de les propager, de les conseiller, de les expérimenter sur eux-mêmes, à leurs frais et risques ; mais bien le droit de nous les imposer par la Loi ». On en resté au même point !

 

Patrick Aubin



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