Plante, mon amie

Malgré quelques écarts de température assez imprévisibles, le printemps est là et l’envie de planter s’empare de chacun d’entre nous. Jardins pour les plus chanceux, ou balcon et plantes d’intérieur pour les autres, c’est le moment de retrouver une âme de jardinier… Régulièrement, le Journal Toulousain vous a sensibilisés aux risques et surtout aux méfaits de la pollution de notre habitat par les produits chimiques contenus dans notre environnement quotidien au travers des COV (Composés Organo-Chlorés).  Heureusement dans l’attente de produits moins toxiques pour équiper notre habitat, la nature faisant souvent bien les choses, met à notre disposition des plantes pour nous aider à mieux respirer… Depuis 20 ans, les scientifiques dont des chercheurs de la NASA sont formels : certaines plantes
d’intérieur comme l’Aloe Vera, le Philodendron, le Lierre, le Ficus… s’avèrent être d’efficaces agents de dépollution, notamment pour ce qui est du formaldéhyde, du benzène et du trichloréthylène.

 
Comment ça marche ?

Le principe de la dépollution repose sur l’échange gazeux. Les polluants de l’air sont absorbés par les feuilles. Des micro-organismes vivant dans les racines convertissent les polluants en produits organiques qui servent alors à nourrir les plantes. La plante émet ensuite de la vapeur d’eau par un processus nommé transpiration et améliore ainsi le taux d’humidité dans la maison et le taux d’oxygène. Plus les plantes sont grosses, plus la surface de feuille est importante et plus l’échange gazeux est important.

Du palmier dans la cuisine

Parce que c’est là que se trouve tout ce que l’on retrouve dans nos assiettes puis dans nos estomacs, on veut sa cuisine aussi impeccable que le blanc hygiénique de son frigo. Mais briquer les sols et astiquer les casseroles ne garantit pas une cuisine saine. Alors pour rendre sa cuisine saine, place aux palmiers ! Il ne s’agit pas de faire des cœurs de palmiers et d’artichauts en salade, même si c’est de la cuisine saine, car diététique. Il s’agit d’installer un palmier nain, un Rhapis excesa pour capter le composé toxique qui se dégage des meubles en aggloméré, ou en contreplaqué, ou des produits ménagers : le formaldéhyde, irritant pour les yeux, la gorge et le nez ; considéré comme cancérigène, corrosif et allergène.

 


 
Un parfum d’azalée dans les toilettes

Pour lutter contre le Sick Building Syndrome, le syndrome des bâtiments malsains, il y a les plantes anti-pollution. Pour lutter contre la toxicité des détergents et des produits de nettoyage des sols, il y a l’azalée. Certes, cela n’est pas courant car malgré sa beauté, la place de l’azalée est donc dans les toilettes car elle extermine l’ammoniaque.

Séjour aux polluants multiples

Dans le salon, les sources de pollution ne manquent pas : la fumée qui se dégage du cendrier, les meubles, les colles, les vernis, les appareils électriques, etc. Le diagnostic ? Votre séjour est pollué ! La bioépuration se charge de le faire respirer. La prescription est un bon cocktail de plantes : ficus, mais aussi chlorophytum et le Spathiphyllum (fleur de lune) qui ressemble à l’arum. Grâce aux plantes, l’air de votre séjour est assaini. Le ficus neutralise par exemple le formaldéhyde qui est un peu partout dans la maison : dans la colle des moquettes, dans les mousses d’isolation, dans l’essuie-tout, etc. Même si le ficus n’a pas le pouvoir de purifier intégralement l’air intérieur de la maison aux nombreuses substances chimiques, la plante verte donne un sacré coup de pouce à la qualité de l’air que vous respirez ! Le chlorophytum (plante araignée) est le champion toutes catégories de la dépollution intérieure car il supprime aussi bien le monoxyde de carbone que le formaldéhyde tout en rendant l’air moins allergène ! Le champion s’intègre partout : il se combine avec les autres plantes d’intérieur !

 

La chambre, zone à risques

Dans la chambre, que trouve-t-on ? Des meubles, de la moquette, des textiles plus ou moins traités, etc. : un haut risque de pollution de l’air intérieur, et d’allergies. Si vous ne souhaitez pas troquer sommeil contre quintes de toux, invitez le lierre anglais à rejoindre votre chambre, et faites de la place pour un dracéna (ou dragonnier) et un palmier d’Arec.

Dans le dressing : du bois, des vêtements… et des polluants

Que met-on dans son dressing ? Une plante ! Faites un peu de place pour : le dragonnier, le gerbéra ou la fleur de lune qui seront là pour éliminer le fameux formaldéhyde du dressing et le trichloréthylène du pressing.

Alerte à l’atelier : chrysanthèmes contre pesticides

Dans l’atelier du décorateur-bricoleur, il y a tout un tas de produits polluants, notamment les peintures qui contiennent des Composés Organiques Volatiles (COV). Une fois les pots et autres produits rangés, on place des sansevières qui absorbent les émanations de substances toxiques à côté d’autres plantes dépolluantes : les chrysanthèmes et le lierre anglais. Eh oui ! Les chrysanthèmes ne sont pas seulement des plantes de cimetières servant à décorer tombes et caveaux de familles à la Toussaint. Les chrysanthèmes font la peau au trichloréthylène contenu dans les solvants. Vous pouvez déplacer le pot de chrysanthèmes de votre atelier jusqu’aux pièces fraîchement repeintes. Quant au lierre, c’est la meilleure plante dépolluante pour éliminer le benzène, solvant fréquemment présent dans les peintures et les matières plastiques.

 

Le philodendron arrose les pièces sèches !

Parmi les plantes dépolluantes, il ne faut pas oublier de citer le philodendron car il contribue également à assainir l’air de votre intérieur en absorbant le Pentachlorophénol, dit PCP, produit extrêmement nocif pour l’homme et son environnement utilisé pour la préservation du bois et grâce à ses grandes feuilles, il dégage de la vapeur d’eau humidifiant l’air des pièces sèches !

Aide de l’aromathérapie

Remontant au temps de l’Egypte antique, les huiles essentielles furent utilisées pour soigner les maladies de la peau, à l’instar du girofle, de la lavande mais également de l’eucalyptus. Après diverses péripéties, ce n’est qu’au début du vingtième siècle que le terme aromathérapie s’officialise avec la publication de travaux de Maurice Gattefosse, un chimiste de profession, qui en est le pionnier. L’aromathérapie est à la fois une science et un art qui mettent certains principes actifs des plantes au service de la santé. En complément des plantes vertes, la diffusion d’huiles essentielles à froid (attention les huiles perdent leur pouvoir bénéfique lorsqu’on les chauffe…) par le biais de diffuseurs à ultrasons, vous permettra de vivre dans une ambiance saine et propice à une bonne santé.

Avis d’écologiste

Il ne faut oublier entre autres plantes les Crotons, l’Aloe Vera… qui sont aussi de sérieux Chimical products Killers et les cactées qui absorbent des ondes électromagnétiques. Bien entendu, le premier réflexe à avoir, c’est d’aérer au quotidien au moins dix minutes, été comme hiver ! Ne pas fumer dans des locaux fermés, faire vérifier ses appareils de chauffage et cheminées, enlever les parfums d’ambiance non naturels (préférer les huiles essentielles à juste dose), utiliser des produits ménagers de “grand-mère” (vinaigre blanc par exemple) ou “verts”. A quand un étiquetage des meubles et autres matériaux avec le niveau de toxicité ? A l’image de la consommation énergétique, une étiquette toxicité devrait être obligatoire… Consommateurs, à vous d’être vigilants !



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