Partenariat Public / Privé à l‘Oncopôle Quand la recherche dépasse les clivages

JM Herbert et Benjamin Gandouet

Depuis 2004, près de 30% des décès en France par an sont dus au cancer. Chaque année 350 000 nouveaux cas sont recensés. Première cause de décès en France devant les maladies cardiovasculaires, l’accélération de la recherche en la matière est capitale. Sanofi, Aviesan, INSERM transfert et l’Institut Claudius Regaud annoncent un accord de collaboration de recherche dans le domaine de l’oncologie.

Trois ans, voilà pour la durée de cet accord conclu entre l’Institut Claudius-Régaud, Sanofi, l’Inserm et Aviesan. Trois ans de collaboration scientifique pour mieux comprendre le micro environnement de la tumeur cancéreuse, découvrir de nouvelles cibles thérapeutiques et de traitements innovants pour les patients. Le but clairement  affiché de ce partenariat est bien d’accélérer la recherche par une démarche translationnelle (ou multidisciplinaire) car comme l’explique Françoise Bono, directrice de la plate-forme d’expertise de Toulouse, unité Early to Candidate, Sanofi «Réunir en un même lieu une banque de tumeurs et de tissus, des cliniciens et décloisonner la recherche, ne peut que renforcer l’innovation.»

C’est en ce point que réside l’originalité de ce projet, des équipes et des moyens publics et privés réunis et mobilisés sur la recherche oncologique. Une démarche innovante, prometteuse et surtout révélatrice du dynamisme scientifique toulousain à quelques mois de l’ouverture de l’Institut Universitaire du Cancer. Un site unique en Europe qui, à terme comme l’explique Benjamin Gandouet, Président de l’association Oncopôle de Toulouse, regroupera les compétences académiques, scientifiques, technologiques, médicales, cliniques, pharmaceutiques, publiques et privées, avec l’aspiration commune de faire reculer le cancer. «L’originalité de notre approche est que nous posons la question du cancer en englobant la recherche fondamentale, clinique et aussi industrielle.» explique Gilles Favre, directeur scientifique de l’Institut Claudius Régaud.

Les premiers résultats dans trois ans ?

Dès septembre 2013, une équipe mixte de vingt chercheurs s’installera sur le site. Ils seront répartis en trois groupes de spécialités : la biologie cellulaire, la biologie In Vivo et les bio marqueurs. Dans ce protocole de recherche, les chercheurs ciblent le micro environnement tumoral et non plus la tumeur en elle-même, c’est dans ce micro environnement que se déroule la première étape de la formation d’une tumeur par la transformation et l’altération cellulaire. Les recherches, à vocation de portée générale, s’orienteront dans un premier temps vers les cancers du sein, des ovaires et les mélanomes qui sont trois modèles des plus répandus. Les protocoles seront croisés, pour une meilleure optimisation des résultats des recherches. Chez Sanofi les tests sont pratiqués sur le «zebrafish», poisson zèbre, qui présente des caractéristiques similaires à l’homme en matière de développement des cellules tumorales. Comme le confie Françoise Bono, cette similitude «permettrait ainsi d’identifier de nouveaux gènes impliqués dans la maladie.» L’objectif de ce partenariat encourageant est de pouvoir au bout des trois années de recherche procéder, comme le signifie Gilles Favre à un «first in man» c’est-à-dire un test sur l’homme. Car comme le précise Jean-Marc Herbert, directeur de recherche Vice Président «Early to Candidate» Sanofi, «ce partenariat permet un lien à la réalité, qui permettra de mettre en place des traitements très rapidement.» Rendez-vous dans trois ans pour les premiers résultats.

Marie-Agnès Espa

Jean Pascal Herault

Plan cancer

En 2003, le président Jacques Chirac lance le premier Plan cancer pour lutter contre la maladie. Le second plan cancer s’étend lui, de 2009 à 2013. Il comporte 5 axes, 30 mesures et 118 actions. Le financement prévisionnel s’élevait à plus de 732 millions d’euros, répartis sur les 5 axes ainsi : 55% pour les soins, 24% pour la prévention et le dépistage, 13% pour la recherche, 6% pour vivre pendant et après un cancer, 2% pour l’observation.

Visite des laboratoires Sanofi

Le coordinateur scientifique du projet Jean-Pascal Hérault nous propose une visite des laboratoires Sanofi. Sur un site immense, nous sommes accompagnés vers le bâtiment, achevé en 2010, dédié à la biologie. «Tout commence dans le laboratoire de culture cellulaire, c’est l’étape primaire des manipulations.» nous explique JP Hérault. Dans cette salle qui contient quatre hottes et trois incubateurs, les cellules reçues sont isolées, préparées et mises en «flasque» pour amplification. Une fois les cellules prêtes, elles peuvent être acheminées soit vers le cytomètre en flux ; appareil qui permet de mettre en évidence les récepteurs des cellules (le type de récepteur, la taille, la complexité interne de la cellule) ou vers la salle d’imagerie cellulaire qui permet d’observer au plus précis la cellule et son environnement (noyau, mitochondrie…). La première méthode est plus utilisée pour faire du quantitatif, la seconde du qualitatif. Jean-Pascal Hérault est le coordinateur scientifique de ce projet partenarial, il est chargé de vérifier la confidentialité, la circulation et la mise en valeur des informations.



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