Ouvrez vos fenêtres !

Le Journal Officiel vient de publier un arrêté relatif au décret n° 2011-321 du 23 mars 2011 ayant trait à l’étiquetage des produits de construction, revêtements de mur ou de sol, peintures et vernis relatifs à leurs émissions de polluants volatils. Ces COVT (Composés Organiques Volatils Totaux) présents partout dans nos intérieurs font de nos habitations des lieux très pollués sauf à prendre quelques précautions… J’ai sélectionné les principales sources d’émission de COVT… Pour mieux respirer, quelques conseils…

 
Attention au mobilier

Modernes ou anciens, de style ou contemporains, les meubles contiennent souvent du formaldéhyde, un gaz incolore qui provoque fatigue, céphalées, vertiges, irritations des yeux et des voies respiratoires, démangeaisons, etc. Plus grave, ce gaz est aussi cancérogène. Les principaux fautifs sont les meubles en contreplaqué (multiplis), latté, fibres (marque MDF) ou panneaux de particules (agglomérés), tous émettent des substances nocives, notamment à cause de leurs colles et de leurs liants synthétiques. Le formaldéhyde, ce n’est ni plus ni moins que du formol quand il est dilué dans l’eau. En fait on le trouve dans énormément de produits du quotidien, des colles aux cosmétiques en passant par les isolants en mousse, les vernis, les revêtements des sols, les textiles, les livres et magazines neufs, etc. Alors que faire ? Les meubles en bois massif n’en contiennent pas, mais ils présentent l’inconvénient d’être plus coûteux. Plus économiques, les meubles en bois blanc, sont aussi plus légers, pour une résistance quasi équivalente.

Méfiez-vous des huiles de cuisson

On l’oublierait presque, mais les émanations issues de la cuisson sont de véritables poisons. Les pires proviennent des fumées issues des corps gras brûlés (huiles, beurre, graisses). Par ailleurs, certains modes de cuisson, dont les grillades, provoquent la formation d’hydrocarbures polycycliques, responsables de cancers. Quant aux cuisinières et fours à gaz, il faut savoir qu’ils dégagent du monoxyde de carbone, un gaz toxique. Pas d’affolement, pour éviter de respirer ces émanations, optez pour une hotte aspirante, dans l’idéal, munie d’éléments filtrables démontables et qui passent au lave-vaisselle. Ensuite, évitez de brûler votre matière grasse quand vous cuisinez, ce qui provoque la formation de “molécules de Maillard” réputées cancérigènes. L’été, privilégiez un barbecue à l’extérieur en évitant de brûler les graisses. Enfin, n’oubliez pas de bien aérer la cuisine après avoir cuisiné !

Méfiez-vous pendant les travaux

Les revêtements de sol et muraux (moquette, parquet, linoléum, tapis, colles à carrelages et à papiers peints) renferment d’innombrables molécules chimiques (composés organiques volatils, acétaldéhyde, formaldéhyde…). Ils peuvent intensifier les symptômes des personnes allergiques et augmenteraient aussi le risque de cancer, notamment au niveau des voies respiratoires. Si vous devez repeindre votre appartement, sachez que les écailles de peinture qui se répandent dans l’air après un ponçage contiennent des métaux toxiques. Quant à la plupart des peintures, elles sont à base de solvants, donc toxiques aussi… Alors si vous repeignez une pièce ou si vous utilisez des colles ou des solvants, ouvrez bien les fenêtres, aérez et sortez régulièrement faire des pauses. L’idéal est de poser des matériaux 100 % inoffensifs : dalles de liège (sans colle), tapis de bambou, peintures écologiques, parquets massifs, etc. Si vous venez de refaire des pièces, la meilleure solution serait encore d’attendre quelques semaines avant de vous y installer. Sachez qu’il existe désormais des peintures “bio”, plus respectueuses de l’environnement. Par ailleurs, redoublez de vigilance si vous avez des enfants en bas âge. Ils ne doivent pas être exposés aux émanations de peinture.

 

Attention à vos produits d’entretien

Décape-four, poudres de lavage, produits pour le sol, détartrants, eau de javel, spray à vitres, bombes dépoussiérantes… Les produits ménagers sont des outils quasi miraculeux pour faire le ménage sans (trop) d’efforts. Sauf que cela ne vous empêche pas de les respirer et d’être en contact avec (par la peau et par les yeux). En plus, ce n’est pas parce qu’ils sentent le savon de Marseille, qu’ils sont naturels, bien au contraire. Ils sont composés de substances volatiles libérées dans l’air dès qu’on ouvre le bouchon. Or beaucoup de ces molécules, respirées régulièrement et à fortes doses, sont nocives pour l’organisme. Elles peuvent provoquer une gêne respiratoire, des brûlures, des allergies… Certaines sont même cancérigènes. Il convient d’être vigilant. N’achetez que les produits ménagers utiles à vos besoins et stockez-les loin des sources de chaleur et dans un endroit ventilé. Lors de l’utilisation, respectez les dosages et les consignes d’utilisation mentionnées sur les étiquettes et ne mélangez pas les produits (ils peuvent entraîner des réactions dangereuses). Enfin, soyez particulièrement vigilants lors de l’utilisation de produits nocifs, inflammables, corrosifs ou toxiques et utilisez ces produits dans des endroits aérés. Par ailleurs, sachez qu’il existe des produits d’entretien non polluants très efficaces. Sinon, pourquoi ne pas tester les vertus de vieux produits naturels tels que le vinaigre blanc, le citron ou encore le bicarbonate de sodium ?

Déodorants, cosmétiques, gels douche…

Désodorisants, déodorants, dentifrices, maquillage, gels douche… De nombreux produits de soins et d’hygiène contiennent des composés plus ou moins toxiques. Notamment les sprays, qui peuvent contenir des gaz potentiellement nocifs. Rassurez-vous quand même, les produits de beauté sont testés et retestés avant d’être mis sur le marché. Vous ne risquez donc pas le cancer de la peau chaque fois que vous vous en servez. Ce que vous risquez en revanche, c’est peut-être d’aggraver un terrain allergique. L’idée est donc de les utiliser avec parcimonie, en regardant ce que vous achetez plutôt que de vous précipiter sur l’alléchante odeur de la nouvelle crème hydratante à l’huile d’amande douce et parfumée à l’abricot… placée généralement en tête de gondole de votre magasin. Autre incontournable des trousses de maquillage, le dissolvant pour vernis à ongles. Son odeur reconnaissable instantanément révèle la présence d’acétone, un produit très toxique. Bonne nouvelle : il est en voie de disparition pour être progressivement remplacé par un substitut inoffensif. Comme pour les produits d’entretien, respectez les doses et les modes d’emploi de vos produits cosmétiques. Choisissez des produits adaptés pour votre bébé et vos enfants car les concentrations en produits actifs ne sont généralement pas les mêmes que pour les adultes.

Alerte aux moisissures

Vous voyez ces amas noirâtres qui s’accumulent dans les joints de votre salle de bain ? Ce sont des moisissures, c’est-à-dire des champignons microscopiques capables de coloniser des supports de natures variées pour peu qu’elles y trouvent une humidité favorable et suffisamment d’éléments nutritifs. Les pièces humides (salle de bains, cuisine) mal ventilées, le bas des murs mal isolés ou avec des défauts d’étanchéité, sont des lieux particulièrement propices au développement des moisissures. Le problème, c’est qu’en plus d’être inesthétiques, elles peuvent libérer dans l’air des spores et/ou des substances odorantes (odeur de moisi) voire toxiques (mycotoxines, composés organiques volatils). Chez certaines personnes, très sensibles, elles peuvent provoquer des manifestations allergiques et des irritations des muqueuses. Un seul mot : Aérer ! Après le bain ou la douche, mais aussi après avoir cuisiné, bref, après toute activité qui libère de l’humidité, on ventile la pièce afin d’éviter les condensations permanentes sur les surfaces. De plus, il faut éviter les fuites d’eau chroniques et les colmater le plus vite possible. Enfin, veillez au bon entretien des systèmes de ventilation.

 

Bisphénol A : dans les bouteilles en plastique, les conserves, les canettes…

Nous vous avons depuis longtemps alertés sur les biberons en bisphénol A (BPA). En fait, ce composant entre aussi dans la composition de divers plastiques et résines utilisés au domicile, au quotidien : la surface interne des couvercles, certaines bouteilles en plastique et contenants métalliques (canettes, boîtes de conserve). Quel risque ? La principale source d’exposition résulterait du passage du BPA dans les aliments et boissons (le BPA sert à préserver le goût des aliments et ne faisant pas état de façon formelle de risques avérés, il vaut mieux être prudent). Par contre, il semble que le bisphénol A soit à éviter dans la période prénatale, même à faible dose. Pour les femmes enceintes, réduisez si possible votre exposition au BPA pendant votre grossesse et l’allaitement : évitez de chauffer au micro-ondes ou au bain-marie des récipients en polycarbonate (la chaleur augmente la libération de particules de BPA) et videz le contenu des boîtes de conserve dans une casserole pour les faire réchauffer. Si vous avez un bébé, n’utilisez pas de vieux biberons au BPA (ils sont aujourd’hui interdits au sein de l’Union européenne), ne chauffez pas d’aliments, ni de boissons, dans des récipients en polycarbonate (petits pots en plastique par exemple), ne versez pas de boissons ou d’aliments très chauds dans des récipients en polycarbonate.

Attention au xylène  

Fumée de cigarette, mais aussi même si cela peut paraître étonnant, certains produits informatiques (cartouches d’encre de vos imprimantes.) dégagent un dérivé du benzène, le xylène. Il entre aussi dans la composition de certaines peintures, de vernis, de colles et même d’insecticides. Le problème, c’est que les émanations émises sont d’autant plus dangereuses qu’elles ne sont pas odorantes. Aucun signal d’alarme ne dissuade donc de les respirer. Pourtant ils peuvent être à l’origine de troubles divers, notamment neurologiques.

La nouvelle réglementation

Le nouvel arrêté qui vient d’être publié relatif aux COVT, “impose” aux industriels pour onze polluants dont ceux évoqués dans les lignes précédentes, la mise en place d’une information consommateur au travers d’un étiquetage mentionnant le niveau d’émission de substances volatiles dans l’air intérieur, présentant un risque de toxicité par inhalation, sur une échelle de classe allant de A+ (très faibles émissions) à C (fortes émissions). Il s’agit d’une auto-déclaration. Le fabricant est responsable de l’exactitude des informations mentionnées sur ladite étiquette, qu’il obtient par le moyen de son choix. Le calendrier relatif à l’entrée en vigueur de ce décret est lui suivant : 1er janvier 2012 pour les produits mis à disposition sur le marché à compter du 1er janvier 2012 et le 1er janvier 2013 pour les produits mis à disposition sur le marché avant le 1er janvier 2012.

 

Avis d’écologiste

Le JT a déjà traité plusieurs fois du danger que représentaient les COV dans votre environnement quotidien. La solution pour minimiser les risques, consiste à être vigilant sur le choix des produits et la ventilation de notre habitat. Dans des éditions précédentes nous avons traité de la ventilation mécanique contrôlée à simple ou double flux, idéale pour combattre l’humidité et renouveler l’air. Un autre article vous a sensibilisés sur les “dessous des cosmétiques”. Récemment nous vous donnions des conseils pour l’utilisation de plantes d’intérieur “tueuses” de COV. Prochainement, nous vous donnerons notre vision de la maison idéale. Alors n’hésitez pas : abonnez-vous au journal ou retrouvez nos chroniques sur le site : www.consomaction.eu.



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