On ne vous dit pas tout !

Si vous allez sur la toile et si vous tapez : “associations de consommateurs”, vous verrez qu’il existe 18 réponses. Des agréées, aux indépendantes en passant par les syndicales (FO conso) et en terminant par des laïques et des catholiques. Pourtant comme moi, vous avez l’impression que l’on ne les entend jamais et que vous êtes bien seuls face aux géants de la grande distribution, assureurs, banquiers, lobbyistes en tout genre ou tout simplement à l’Etat.

 

Les effets du libre marché

Les politiques, tous bords confondus, nous expliquent depuis des décennies que le libéralisme économique est la seule voie vertueuse en matière d’économie. Nous venons au travers de la crise financière de découvrir qu’il n’en était rien. Ils nous disaient : «seule la concurrence» est capable de faire baisser les prix. Comme dirait Coluche : «Vous en connaissez vous des prix qui ont baissé ?» Pour étayer leurs concepts, les grandes surfaces ont quadrillé et occupé l’espace de la grande distribution, étouffant avec le sourire les commerces de proximité et massacrant l’emploi. Voilà un demi siècle que les agriculteurs attaquent les préfectures, qu’ils déversent fruits, légumes et maintenant des milliers de litres de lait sur le bitume pour clamer leur désarroi et leur colère. Quand ces messieurs en col blanc leur achètent 0,5 € un Kg de noix, ils nous le revendent 10 fois plus cher pour aller alimenter leurs paradis fiscaux. Quand on voit M. Leclerc à la TV jurer la main sur le cœur, que leurs marges sont à la limite du supportable, on enverrait presque un chèque de soutien… Qu’il nous explique où il trouve les fonds pour refaire en 2 ans tous ses supermarchés, agrandir les galeries marchandes et construire comme sur Blagnac un parking, gigantesque, véritable verrue qui apparemment n’a choqué aucun responsable d’urbanisme ou décideur local.

 

Le juste prix

Il y a encore quarante ou cinquante ans, le prix correspondait au coût de revient du produit, auquel on appliquait une marge pour rémunérer les salariés, couvrir les frais généraux, et rembourser les investissements. Chacun s’y retrouvait et vivait de son travail. Le marketing a révolutionné tout cela. Désormais, le prix, c’est ce que le consommateur est prêt à payer, au-delà du coût de revient. La concurrence aurait dû réguler tout cela en maintenant le coût dans une fourchette acceptable, il n’en est rien. Comment expliquer qu’un véhicule fabriqué en France, exporté en Espagne ou Belgique soit vendu sur place au travers de mandataires qui prennent leur marge, 25 à 30 % moins cher qu’en France ? En fait, le prix est calculé, après étude marketing selon les capacités financières des consommateurs locaux…

 

Changer de mode de consommation

On consommera demain de façon différente. Le consommateur sent que le temps du tout jetable avec un pouvoir d’achat en baisse est révolu. Saturés de trop de pub et de plus en plus conscient des enjeux planétaires, nos concitoyens commencent à faire des choix et à regarder les étiquettes. Le lien avec la qualité de vie, le mode de nutrition et la santé est en train de cheminer dans les esprits et l’affiche ne suffit plus à déclencher un achat compulsif. La demande d’un étiquetage clair sur les contenus, le sans OGM, le sans pesticides, la traçabilité etc. est en marche. Si la décroissance est un épouvantail agité par ces bons économistes qui viennent de nous conduire dans le mur, il est évident qu’il faut revisiter nos modes de pensée en y intégrant des modes de déconsommation.

 


Avis d’écologiste

Le gouvernement nous promet des “Assises de la Consommation”. Assises, Grenelles, débats nationaux, que d’annonces vertueuses mais la vérité est bien différente. En venant de refuser le principe des actions de groupe – les class actions – l’Etat montre bien son asservissement au MEDEF. Comment les consommateurs peuvent-ils se défendre ? Qui intervient ? Vers qui devons-nous nous tourner lors de litiges ? Qui, comment, où intervenir quand nos pétroliers subrepticement, centimes par centimes nous augmentent le prix à la pompe récupérant par avance le coût de leur taxe carbone ? L’Europe doit se doter d’un droit des consommateurs avec des “Class actions” communautaires. Etiquetage clair sur l’origine, le contenu des produits faisant apparaître un prix de revient réel permettant d’apprécier le côté “juste” du prix affiché, est impératif pour que nous puissions choisir et imposer nos souhaits. De nouveaux députés européens ont été élus en juin dernier, comme Robert Rochefort, ancien patron du CREDOC, membre de la commission “Marché Intérieur et Protection du Consommateur”. Souhaitons que leur fraîcheur dans leurs actions au service des citoyens soit au niveau de l’espérance que nous mettons en eux.



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