OGM : L’Invisible ennemi

Quelqu’un disait : «Pour vivre heureux vivons cachés». Voilà des mois que les Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) ne font plus la une des journaux. Depuis que notre faucheur volontaire José Bové s’est enfermé à Bruxelles au sein même des institutions européennes en tant que député. Lentement mais sûrement, les semenciers avancent en silence exerçant un lobbying continu auprès de la commission européenne pour faire sauter le verrou du vieux continent qui résiste à leur objectif hégémonique…

C’est quoi des OGM ?

C’est un organisme vivant dont le patrimoine génétique a été modifié par l’Homme. La transgénèse permet l’insertion d’un ou de plusieurs nouveaux gènes dans le génome d’un organisme. Un “organisme transgénique”, terme qui désigne les organismes qui contiennent dans leur génome des gènes “étrangers”, est donc un organisme génétiquement modifié. La mise en œuvre de transgénèses permet un transfert de gènes héritables entre espèces évolutivement très séparées (par exemple un gène prélevé sur le ver luisant transféré chez le taureau). L’aspect novateur de ces nouvelles techniques ainsi que leurs applications potentielles, notamment dans les secteurs médical et agricole, ont engagé un bras de fer mondial sur fond de réflexion éthique. Au sein des biotechnologies, les OGM sont un domaine de recherche qui fait depuis les années 1990 l’objet de nombreux investissements en recherche et développement à partir de financements publics mais surtout privés au sein de groupes comme Monsanto, Pionner, Basf, Bayer et autres semenciers.

L’hybridation

Ne pas confondre OGM et hybridation qui est le croisement de deux individus, de deux variétés, sous-espèces (croisement interspécifique), espèces (croisement interspécifique) ou genres (croisement intergénérique) différents. L’hybride présente un mélange des caractéristiques génétiques des deux parents. L’hybridation peut être provoquée par l’homme, mais elle peut aussi se produire naturellement. Elle est utilisée, par exemple, pour créer de nouvelles variétés de pommes, en croisant deux variétés existantes ayant des caractéristiques intéressantes. Sélection et hybridation font que la grande majorité des plantes aujourd’hui cultivées de par le monde sont le résultat d’un nombre considérable de mutations génétiques successives les ayant rendues non seulement plus productives mais aussi mieux adaptées à différents usages, à différentes conditions d’exploitations et à leur terroir.

OGM et Europe

Rappelons que les citoyens européens sont hostiles à plus de 84 % à la culture des OGM et à plus de 91 % à leur présence dans leur assiette. Dans ce contexte, c’est 1 % des cultures qui aujourd’hui sont de type OGM. Néanmoins, si en 2009 et 2010, la culture du Maïs type Bt de Monsanto avait régressé, ce sont au travers de l’Espagne et du Portugal, reconnus pour être très peu soucieux en ter-mes d’éthique que ces cultures avancent. En Espagne, ce sont 97 326 hectares qui auraient été ainsi ensemencés avec du maïs Bt (soit une augmentation comprise entre 27 % et 44 % selon les sources pour 2011). Ce flou, provient du fait qu’en Espagne et au Portugal, il n’existe pas, comme cela est pourtant exigé par la réglementation européenne, un registre des parcelles cultivées avec des OGM, c’est donc un paradis pour les pro-OGM, le tout largement cautionné par des autorités plus que complaisantes… Récemment, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) poussée par la Commission Européenne a estimé que la clause de sauvegarde prise par la France en février 2008 pour suspendre la culture du maïs transgénique MON810 était illé- gale en raison d’un vice de procédure. Rappelons que si le Parlement européen est l’émanation du vote des peuples, la Commission, réputée pro-OGM est présidée par M. Barroso, Portugais et ultra-libéral, tiens donc ! Cette décision est lourde de conséquences : elle rouvre la porte à la culture de maïs OGM en France. A l’origine de cet épisode juridique ? Monsanto. Si la position de la France semble claire, exprimée par sa ministre de l’écologie : «Il faut d’abord renforcer l’évaluation environnementale et sanitaire des OGM au niveau communautaire (conformément aux conclusions du Conseil de décembre 2008 sous Présidence Française). Cette étape franchie, il sera alors possible d’évaluer clairement la marge de manœuvre laissée aux Etats membres par la réglementation actuelle», la commission pousse pour le libre choix des Etats, ce qui laisserait la voie libre aux semenciers.

Consommateurs pris en otage

La législation européenne impose l’étiquetage de tous les aliments produits à partir d’OGM et destinés à l’alimentation humaine ou animale que le produit final (huiles, émulsifiants, etc.) contienne ou non de l’ADN ou des protéines dérivées d’OGM. D’autre part, les aliments destinés à l’alimentation humaine ou animale contenant un niveau de présence “fortuite” ou accidentelle d’OGM supérieur à 0,9 % doivent être obligatoirement étiquetés. Cette obligation d’étiquetage omet ce- pendant les produits issus d’animaux nourris aux OGM. Le lait, les œufs et la viande ne sont pas soumis à l’étiquetage, quand bien même l’animal dont ils sont issus aurait été nourri toute sa vie avec des plantes génétiquement modifiées (PGM), ou des produits (farine, tourteaux…) issus de celles-ci. Et c’est bien là que le bât blesse : l’Europe en carence de protéines végétales, nécessaires pour nourrir le bétail, importe massivement du soja notamment d’Amérique du Sud, lequel est majoritairement génétiquement modifié. L’absence de réglementation sur ce point ouvre une voie royale aux PGM, au mépris de la liberté des consommateurs qui souhaiteraient pouvoir faire le choix de consommer sans OGM. Greenpeace, depuis 1998, répertorie dans un gui-de disponible sur son site internet d’une part les marques de la grande distribution qui ne contiennent pas d’OGM (marquées en vert), d’autre part, celles dont le producteur, bien qu’ayant engagé une démarche en ce sens, ne peut encore certifier sa production sans OGM (en orange) et enfin, celles dont le producteur n’a pas engagé de démarche ou n’a pas souhaité communiquer de données à Greenpeace (en rouge).

La résistance s’organise

Rappelons que vingt régions françaises dont Midi-Pyrénées ont signé la charte de Florence pour signifier leur opposition aux essais pleins champs des OGM, préférant soutenir une agriculture de terroirs et une consommation locale. Les conseils régionaux de Bretagne, Normandie et Pays de la Loire ont décidé, à l’aide du réseau Cohérence, de mettre en lien des consommateurs désireux d’une meilleure information, avec des producteurs régionaux qui ont fait le choix d’exclure les OGM de leur production. Ces régions ont donc financé des guides “Consommer sans OGM”, disponibles sur Internet. Parmi tous les producteurs recensés, il s’agit principalement de producteurs biologiques ou de label de qualité dont le cahier des charges exclut les OGM. Les contrôles sont donc assurés par un organisme certificateur tiers. La Normandie a choisi également de répertorier les producteurs qui participent à l’opération des Bons repas de l’Agriculture Durable, opération grâce à laquelle est réalisé l’approvisionnement des cantines des collèges et lycées en aliments locaux et de qualité.

Avis d’écologiste et de consommateur

S’il est un combat qui a fait couler beaucoup d’encre et provoqué beaucoup d’agitation, c’est bien celui des OGM. Un certain J. Bové, aujourd’hui député européen, a même délibérément accepté de faire de la prison pour défendre le droit des citoyens à choisir le type d’avenir alimentaire qu’ils souhaitaient pour demain. Derrière tout cela, des firmes de l’agro-alimentaire puissantes prêtes à tout pour faire du business. Les producteurs de coton transgéniques indiens, ruinés par milliers et poussés par centaines au suicide, peuvent en témoigner. Les USA dont plus de 30 % de sol est devenu aride par excès de recherche de rendement montrent les dangers qu’il y a à jouer les apprentis sorciers. Les diseurs de bonne aventure qui voudraient nous laisser croire que les OGM vont éviter les famines, nous trompent sciemment pour défendre le seul intérêt de leurs actionnaires. Même la Chine accusée pourtant de laxisme sur le sujet, vient de tourner le dos au riz transgénique… C’est un signe ! Nous avons besoin d’une agriculture de qualité et de proximité pour préserver notre patrimoine et éviter les cancers et autres conséquences désastreuses en termes de santé publique amenées par les OGM, la chimie et le manque d’éthique général. Consommateurs, il vous appartient de faire le choix de la santé, du bien vivre et du vivre longtemps. C’est vous qui remplissez votre caddie.



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