Nucléaire ; L’épée de Damoclès

Comment produire toujours plus d’énergie pour répondre aux besoins de l’ensemble de la planète sans compromettre son climat et notre propre existence. Telle est la difficile question à laquelle nous devons trouver une réponse collective dans les 40 ans à venir.

 
Les différentes pistes

A ce jour, la seule production électrique représente 17 % de l’énergie globale consommée par l’humanité. Si en 2009, cette consommation a marqué une pause historique avec un recul de 2,3 %, engendrée par des évolutions de comportement de la zone OCDE, les pays émergeants prévoient un triplement de leurs besoins d’ici 2020. L’électricité produite dans le monde est produite à 41 % par les centrales à charbon, 20 % par le gaz naturel, 16 % par les centrales hydrauliques, 15 % par le nucléaire, 5,8 % par le mazout et 2,3 % ont pour origine les sources dites renouvelables. La prédominance du charbon avec une poussée de pays comme la Chine, l’Australie, les pays de l’ancienne URSS n’est pas une bonne nouvelle pour la planète en termes d’émission de CO².

L’impact CO² par filière

Si la production de 1 MW d’électricité par le biais du charbon rejette 1 T de CO² et par le Gaz 0,4 T, les autres filières sont plutôt vers 100 Kg pour le solaire et en dessous de 2 Kg pour la filière électro-nucléaire. Ceci explique en partie l’engouement de l’ensemble de la planète pour le nucléaire réputé “propre” en termes de CO². Nous sommes en train d’assister aux grandes manœuvres du Japon, de la Russie et d’autres puissances nucléaires émergentes en direction de l’Inde qui veut booster son potentiel énergétique. Même les Allemands relancent leur filière en décidant de prolonger de 12 ans la durée de vie de leurs centrales au grand dam des “Grünen”, les Verts allemands. La France par la voix de son président a annoncé en mars dernier la création d’un Institut International de l’Industrie Nucléaire destiné à concentrer tous les meilleurs chercheurs du domaine.

 

Le nucléaire

La Fission : Un noyau lourd explose sous le choc d’un neutron en deux noyaux plus légers. D’autres noyaux sont émis, la réaction en chaîne est lancée. On peut obtenir si on ne contrôle pas les neutrons au moins 2 fissions, qui vont en provoquer 4, puis 8, puis 16, puis 32…
La fission s’accompagne d’un grand dégagement d’énergie. Les deux principales utilisations de cette technologie sont les réacteurs nucléaires et les bombes nucléaires de type A. Dans les réacteurs, la réaction en chaîne est stabilisée à un niveau donné, c’est-à-dire qu’une grande partie des neutrons est capturée afin qu’ils ne provoquent pas d’autres fissions. Il suffit seulement qu’un neutron, à chaque fission, en provoque une nouvelle pour libérer régulièrement de l’énergie et qu’en bout de chaîne soit produite de l’électricité.
C’est une énergie très concentrée puisque 1 g de matière fissile permet de produire 24 000 kWh, soit l’équivalent de 2 tonnes de pétrole. La production de près de 80 % de notre électricité conduit à 1 kg de déchets radioactifs par habitant et par an. Sur un kilogramme de déchets radioactifs, il faut particulièrement se préoccuper de 10 g à haute radioactivité et à durée de vie lon- gue.

La fusion : Le principe consiste dans la possibilité que deux nucléides au faible nombre de masse puissent, lors d’un choc, fusionner et donner un nucléide de masse plus élevée, c’est la fusion nucléaire.
La fusion est le mariage de noyaux légers qui donne naissance à des noyaux plus lourds comme l’hélium, par exemple. Elle s’accompagne d’une très forte libération d’énergie.
La fusion existe naturellement dans les environnements extrêmement chauds tels que les étoiles ou le soleil. Il y a, au cœur du Soleil, une température de l’ordre de plusieurs dizaines de millions de degrés qui permet la fusion de noyaux légers. Ces réactions de fusion thermonucléaire libèrent beaucoup d’énergie et expliquent la très haute température de cet astre qui atteint en surface les 5 700°C. L’homme cherche à maîtriser les réactions de fusion pour récupérer cette fabuleuse énergie. En termes d’avantages, le combustible utilisé est le deutérium dont les réserves terrestres sont quasiment inépuisables et le tritium relativement facile à produire. Autre aspect majeur, la sécurité du procédé qui utilise juste quelques grammes de combustible, peut être arrêté très facilement. Le hic réside dans la maîtrise de ces technologies annoncée pour 2050.

 

Les déchets

Si le nucléaire civil ne produit pas de CO², il produit des déchets bien encombrants… Dans notre édition du 5 mars 2009, nous avions tiré la sonnette d’alarme sur “la France poubelle radioactive”, dénonçant le peu de transparence des pouvoirs publics français sur le sujet. Le problème est mondial car la construction exponentielle des centrales nucléaires que l’on nous présente comme une chance industrielle pour la France au travers d’AREVA est synonyme de toujours plus de déchets à enfouir dans les entrailles de notre planète. L’actualité, avec le train de déchets en provenance de notre usine de retraitement de la Hague arrêté par les écologistes allemands montre le peu d’adhésion des populations à cette face cachée du nucléaire. Le désastre lié à l’ancienne mine de sel d’Asse en Allemagne qui sert de lieu de stockage avec 12 000 fûts hautement radioactifs en train de libérer leur mortel contenu, est en train de donner du grain à moudre aux sceptiques de l’atome.

Avis d’écologiste

Il est clair que nous sommes en train de jouer avec le feu avec toujours comme priorité les enjeux financiers ; les aspects humains étant de second ordre. Si la filière de retraitement des déchets dont la durée de vie est de plusieurs siècles ne progresse pas, il apparaît criminel de relancer la filière nucléaire aux dépends d’ailleurs des autres sources de production. Les économistes ont besoin d’un retour sur investissement rapide que le solaire, l’éolien, l’hydraulien ne donnent pas, alors on mise sur l’atome en sachant très bien que si les ressources pétrolières sont limitées, celles en Uranium aussi. Le combat pour la maîtrise de ce précieux minerai est en train de déclencher les premiers conflits en Afrique et ce n’est qu’un début. Le fameux Grenelle a du plomb dans l’aile et ce n’est pas le hasard si la PDG d’EDF nous explique que le coût du solaire et de l’éolien est insupportable pour son entreprise… La manipulation de l’opinion fait partie de la politique destinée à nous amener à accepter l’inacceptable en matière d’énergie, le “tout nucléaire”.



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