Nucléaire ; ITER espoir ou gabegie ?

Comment produire toujours plus d’énergie pour répondre aux besoins exponentiels de l’ensemble de la planète sans compromettre son climat et notre propre existence. Telle est la difficile question à laquelle nous devons trouver une réponse collective dans les 50 ans à venir.

 
Les différentes pistes

A ce jour, la seule production électrique représente 17 % de l’énergie globale consommée par l’humanité. Les pays émergeants prévoient un triplement de leurs besoins d’ici 2020. L’électricité produite dans le monde est produite à 41 % par les centrales à charbon, 20 % par le gaz naturel, 16 % par les centrales hydrauliques, 15 % par le nucléaire, 5,8 % par le mazout et 2,3 % ont pour origine les sources dites renouvelables. La prédominance du charbon avec une poussée de pays comme la Chine, l’Australie, les pays de l’ancienne URSS n’est pas une bonne nouvelle pour la planète en termes d’émission de CO².

L’impact CO² par filière

Si la production de 1 MW d’électricité par le biais du charbon rejette 1 T de CO² et par le Gaz 0,4 T, les autres filières sont plutôt vers 100 Kg pour le solaire et en dessous de 2 Kg pour la filière électro-nucléaire. Ceci explique en partie l’engouement de l’ensemble de la planète pour le nucléaire réputé “propre” en termes de CO². Nous sommes en train d’assister aux grandes manœuvres du Japon, de la Russie et d’autres puissances nucléaires émergentes en direction de l’Inde qui veut booster son potentiel énergétique. Même les Allemands relancent leur filière en décidant de prolonger de 12 ans la durée de vie de leurs centrales au grand dam des “Grünen”, les Verts allemands.

 

L’espoir des chercheurs de l’atome

Nos centrales atomiques utilisent aujourd’hui la fission : un noyau lourd explose sous le choc d’un neutron en deux noyaux plus légers. D’autres noyaux sont émis, la réaction en chaine est lancée. On peut obtenir si on ne contrôle pas les neutrons au moins deux fissions, qui vont en provoquer 4, puis 8, puis 16, puis 32… La fission s’accompagne d’un grand dégagement d’énergie qui sert à produire de l’électricité. Nous le savons tous, peu de production de CO² mais des déchets à durée de vie longue qui constituent une épée de Damoclès pour les générations futures. L’espoir serait dans la fusion dont le principe consiste dans la possibilité que deux nucléides au faible nombre de masse puissent, lors d’un choc, fusionner et donner un nucléide de masse plus élevée, c’est la fusion nucléaire.
La fusion est le mariage de noyaux légers qui donne naissance à des noyaux plus lourds comme l’hélium, par exemple. Elle s’accompagne d’une très forte libération d’énergie. La fusion existe naturellement dans les environnements extrêmement chauds tels que les étoiles ou le soleil. Il y a, au cœur du Soleil, une température de l’ordre de plusieurs dizaines de millions de degrés qui permet la fusion de noyaux légers  Ces réactions de fusion thermonucléaire libèrent beaucoup d’énergie et expliquent la très haute température de cet astre qui atteint en surface les 5 700°C. L’homme cherche à maîtriser les réactions de fusion pour récupérer cette fabuleuse énergie. C’est le projet ITER de Cadarache en France. En termes d’avantages, le combustible utilisé est le deutérium dont les réserves terrestres (eau de mer) sont quasiment inépuisables et le tritium relativement facile à produire. Autre aspect majeur, la sécurité du procédé qui utilisant juste quelques grammes de combustible, peut être arrêté très facilement. Le hic réside dans la maîtrise de ces technologies annoncée pour 2050.

ITER (International Thermonuclear Experimental Reactor)

L’ensemble de la communauté scientifique ou presque, fonde son espoir de produire de l’énergie propre en 2050 sur ITER projet rassemblant tous les spécialistes mondiaux de physique, de mécanique et autres spécialités, dont les bâtiments sont en train de sortir de terre dans le sud de la France. Pour faire simple, la difficulté réside dans le confinage d’une formidable énergie avec des températures comparables à celle régnant au cœur du soleil (150 millions de degrés). Ce projet basé sur l’actuelle technologie mise au point par les Russes Andreï Skharof et Igor Tamm, le Tokamak devrait être suivi vers 2030 d’un autre réacteur baptisé DEMO construit au Japon. Ce projet pharaonique avec une taille pour le réacteur comparable à celle de l’Arc de Triomphe et aussi massif qu’un porte-avions est  basé sur un vrai pari scientifique vieux de 50 ans puisque dans les cartons depuis 1958. Dopés par les avancées technologiques importantes de ces dernières années relatives à la stabilisation du fameux plasma, sorte de soupe d’électrons et de noyaux, les chercheurs du CEA se veulent optimistes même si rien n’est encore sûr et si le chemin suivi peut s’avérer être une impasse. 

 

Avis d’écologiste

Ce projet qui est passé d’un prévisionnel de 5 à 15 milliards d’euros avec un démarrage de la machine en 2019, ne fait pas l’unanimité notamment du côté des “Verts” européens qui viennent d’obtenir une baisse des aides européennes de 47 millions d’Euros sur le financement prévu en 2011. L’inquiétude des élus écologistes réside dans le fait qu’ITER pourrait “pomper” toutes les aides en matière de recherche et de production d’énergie au détriment des énergies renouvelables. Difficile de faire la part des choses entre d’un côté un formidable pari technologique pouvant résoudre, si l’on en croit les experts, les besoins futurs d’énergie de l’humanité à l’horizon d’un demi siècle et de l’autre la volonté plus palpable d’exploiter, soleil, force marémotrice, vent… des écologistes. Pour une fois, je réserverai mon avis et laisserai le lecteur se faire une opinion…



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