Mieux respirer chez soi !

Dans le JT du 19 mars 2011, nous vous avions annoncé la publication au Journal Officiel d’un arrêté relatif au décret n° 2011-321 du 23 mars concernant l’étiquetage des produits de construction, revêtements de sol, peintures et vernis susceptibles d’émettre des COV (Composés Organiques Volatils) présents partout dans nos lieux de vie. A partir du 1er janvier 2012, les fabricants et les distributeurs devront apposer sur leurs produits une étiquette vous permettant de choisir en connaissance de cause des produits plus ou moins toxiques….pour équiper votre intérieur. Une dérogation subsiste pour les stocks existants jusqu’en septembre 2012.

 
Un peu d’histoire

En 2006, l’observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI) montrait qu’un quart des logements français était pollué à forte concentration par des substances nocives pour la santé. L’air intérieur étant huit fois plus pollué que l’air extérieur. Principaux incriminés, les composés organiques volatils (COV) con- tenus dans certains matériaux de construction et de décoration. Depuis plusieurs années, des études ont montré que la présence de COV dans des produits de construction et de décoration tels que les matériaux d’isolation, les plaques de plâtre, les panneaux acoustiques, les colles, les peintures, les vernis, les mastics, les revêtements de sols, de murs et de plafonds, les textiles, le mobilier, les bois traités ou naturels (la liste n’est pas exhaustive) contribuaient à la dégradation de la qualité de l’air à l’intérieur des habitations. Devenue préoccupation de santé publique majeure, la pollution de l’air intérieur était prise en compte par le plan national santé et environnement (PNSE 2004-2008). Dans la foulée de ce plan, l’article 40 de la loi Grenelle 1 du 3 août 2009 a rendu obligatoire, à compter du 1er janvier 2012, l’étiquetage des caractéristiques sanitaires de ces produits afin d’informer les con- sommateurs de leur degré d’émissivité.

Concrètement, attention au mobilier

Modernes ou anciens, de style ou contemporains, les meubles contiennent souvent du formaldéhyde, un gaz incolore qui provoque fatigue, céphalées, vertiges, irritations des yeux et des voies respiratoires, démangeaisons, etc. Plus grave, ce gaz est aussi cancérogène. Les principaux fautifs sont les meubles en contreplaqué (multiplis), latté, fibres (marque MDF) ou panneaux de particules (agglomérés), tous émettent des substances nocives, notamment à cause de leurs colles et de leurs liants synthétiques. Le formaldéhyde, ce n’est ni plus ni moins que du formol quand il est dilué dans l’eau. En fait on le trouve dans énormément de produits du quotidien, des colles aux cosmétiques en passant par les isolants en mousse, les vernis, les revêtements des sols, les textiles, les livres et magazines neufs, etc. Alors que faire ? Les meubles en bois massif n’en contiennent pas, mais ils présentent l’inconvénient d’être plus coûteux. Plus économiques, les meubles en bois blanc, sont aussi plus légers, pour une résistance quasi équivalente.

Revêtements de sol et muraux sous surveillance

Les revêtements de sol et muraux (moquette, parquet, linoléum, tapis, colles à carrelages et à papiers peints) renferment d’innombrables molécules chimiques (composés organiques volatiles, acétaldéhyde, formaldéhyde…). Ils peuvent intensifier les symptômes des personnes allergiques et augmenteraient aussi le risque de cancer, notamment au niveau des voies respiratoires. Si vous devez repeindre votre appartement, sachez que les écailles de peinture qui se répandent dans l’air après un ponçage contiennent des métaux toxiques. Quant à la plupart des peintures, elles sont à base de solvants, donc toxiques aussi… Alors si vous repeignez une pièce ou que vous utilisez des colles ou des solvants, ouvrez bien les fenêtres, aérez et sortez régulièrement faire des pauses. L’idéal est de poser des matériaux 100 % inoffensifs : dalles de liège (sans colle), tapis de bambou, peintures écologiques, parquets massifs, etc. Si vous venez de refaire des pièces, la meilleure solution serait encore d’attendre quelques semaines avant de vous y installer. Sachez qu’il existe désormais des peintures “bio”, plus respectueuses de l’environnement. Par ailleurs, redoublez de vigilance si vous avez des enfants en bas âge. Ils ne doivent pas être exposés aux émanations de peinture.

Attention à vos produits d’entretien

Décape-four, poudres de lavage, produits pour le sol, détartrants, eau de javel, spray à vitres, bombes dépoussiérantes… Les produits ménagers sont des outils quasi miraculeux pour faire le ménage sans (trop) d’efforts. Sauf que ça ne vous empêche pas de les respirer et d’être en contact avec (par la peau et par les yeux). En plus, ce n’est pas parce qu’ils sentent le savon de Marseille, qu’ils sont naturels, bien au contraire. Ils sont composés de substances volatiles libérées dans l’air dès qu’on ouvre le bouchon. Or beaucoup de ces molécules, respirées régulièrement et à fortes doses, sont nocives pour l’organisme. Elles peuvent provoquer une gêne respiratoire, des brûlures, des allergies… Certaines sont même cancérigènes. Il convient d’être vigilant. N’achetez que les pro- duits ménagers utiles à vos besoins et stockez-les loin des sources de chaleur et dans un endroit ventilé. Lors de l’utilisation, respectez les dosages et les consignes d’utilisation mentionnées sur les étiquettes et ne mélangez pas les produits (ils peuvent entraîner des réactions dangereuses). Enfin, soyez particulièrement vigilant lors de l’utilisation de produits nocifs, inflammables, corrosifs ou toxiques et utilisez ces produits dans des endroits aérés. Par ailleurs, sachez qu’il existe des produits d’entretien non polluants très efficaces. Sinon, pourquoi ne pas tester les vertus de vieux produits naturels tels que le vinaigre blanc, le citron ou encore le bicarbonate de sodium ?

L’Europe en ordre dispersé

La chasse au COV qui vient de commencer en Europe, une fois encore, se fait en ordre dispersé avec plusieurs labels qui opacifient la vision des consommateurs. Jugez plutôt, une chose est sûre, tous les revêtements de sol vendus en Europe doivent porter le marquage CE prouvant la conformité du produit avec la norme EN 14041. Mais pour être installés dans des bâtiments en Allemagne, ces produits doivent de plus remplir les conditions d’émissions en COV imposés par le DIBt (organisme officiel allemand de certification des produits pour le bâtiment, notre CSTB). Ces valeurs plus contraignantes que les normes françaises applicables depuis le 1er janvier 2012, bloquent nos exportations vers nos voisins d’outre Rhin…. D’autres labels volontaires ont fait leur apparition en Europe tels que M1 en Finlande ou l’Umweltzeichen en Autriche. Autre norme, l’EMICODE, qui régit tout ce qui touche aux colles, résines, produits de ragréages, primaires, joints etc…adoptée par l’Italie et une partie de l’Union Européenne seulement. Enfin, le label LEED (Leadership in Energy and Environmental Design) appliqué aux USA qui définit des nor-mes draconiennes non pas pour des produits mais pour des ensembles (murs, sols etc) qui donne au final une vision globale de l’habitat, plus réaliste. Depuis 2010 des négociations de convergence des normes avec nos voisins allemands, qui refusant notre laxisme sur la qualité de certains produits, n’ont toujours pas abouti.

Avis d’écologiste

L’explosion des cancers frappant aveuglement toutes les générations est le fléau annoncé du XXI ° siècle. Si les dépistages et les traitements font des progrès tous les jours, notre salut collectif doit venir de la prévention. C’est notre mode de vie, notre environnement, la qualité de notre nutrition, de l’air que nous respirons, de notre façon de vivre, de travailler qui sont à l’origine de nos maladies. Notre priorité, comme c’est depuis toujours le cas en Asie, devrait être de s’attaquer aux causes et non pas d’essayer d’enrayer les effets. Pour le cas qui nous occupe aujourd’hui, la qualité de l’air ambiant de nos espaces de vie a depuis toujours été négligée alors qu’elle est avec la nutrition la principale source de nos maux.  A l’évidence, nous nous empoisonnons depuis des décennies sans le savoir avec nos meubles en matériaux composites, nos parquets à coller, nos moquettes etc…Pour nos grands-mères, sans trop savoir pourquoi, aérer la maison était sacré. Paradoxalement, alors que nos logements ont été rendus de plus en plus hermétiques (finis les courants d’air sous les portes, ou les fenêtres mal fermées) nous aérons moins par manque de temps, par peur de la pollution externe, pour économiser nos calories. A l’évidence, nous devons aérer régulièrement (3 à 10 minutes /jour) et nous devrions imposer dans l’habitat neuf, étanchéisé à souhait, la mise en place d’une VMC double flux pour renouveler l’air sans perdre de calories (voir article dans un précédent JT). En attendant que l’EU joue son rôle en imposant un label unique pour les COV, achetons malin en nous servant du logo en place depuis le 1er janvier 2012. Il est possible de tester son intérieur avec des kits dédiés que l’on peut se procurer sur Internet sur les sites référencés ci-dessous pour des sommes allant de 50 € à plusieurs centaines d’€…A vous de voir à combien vous estimez votre santé et celle de vos proches.
Je termine en vous souhaitant santé et bonheur pour 2012 tout en continuant à lire le JT. Cordialement.

http://www.kudzuscience.com/analyse-air-interieur-cov-aldehydes.aspx
http://www.puremaison.fr/habitat-sain-test-kit-qualite-air-interieur-kit-analyse/76-habitat-sain-qualite-air-interieur-kit-analyse-essentiel.html



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