Les secrets des cosmétiques

Les cosmétiques existent depuis toujours. Les hommes préhistoriques s’en servaient pour se peindre le corps. Les Egyptiens utilisaient des onguents, des huiles parfumées, du maquillage, et des produits d’hygiène, comme le dentifrice. Cléopâtre, se plaisait à prendre des bains au lait d’ânesse pour entretenir la  jeunesse et la beauté de sa peau. Au fil du temps cette tendance s’est perpétuée, évoluant au gré des modes et des matières premières disponibles. Au XXe siècle, le domaine de la cosmétique, subit plusieurs mutations, portées par les nouvelles découvertes notamment en chimie, telles que les parfums de synthèse, tensio-actifs synthétiques etc. Aujourd’hui, si nous sommes toujours en quête de l’élixir de vie, capable de réparer les effets du temps, nous pouvons constater une modification des habitudes de consommation, avec une recherche du naturel et de l’authentique. Cette prise de conscience environnementale touche tous les domaines. Les consommateurs sont de plus en plus exigeants et donc méfiants et les produits “BIO” poussent à la porte…

 
Qu’est-ce qu’un produit cosmétique ?

Selon l’article L.5131-1 du Code de la Santé Publique, on entend par produit cosmétique, toute substance ou préparation destinée à être en contact avec les diverses parties du corps humain, notamment l’épiderme, les systèmes pileux et capillaires, les ongles, les lèvres et les organes génitaux externes, ou avec les dents et les muqueuses buccales, en vue – exclusivement ou principalement – de les nettoyer, de les parfumer, d’en modifier l’aspect, de les protéger, de les maintenir en bon état ou de corriger les odeurs corporelles.

Cadre réglementaire

Jusqu’en 1975, il n’existait pas en France de réglementation spécifique aux produits cosmétiques. L’affaire du “talc Morhange” en 1972, a incité les pouvoirs publics à fixer un cadre réglementaire précis aux industriels. Le 10 Juillet 1975, la loi VEIL a fixé les bases de la législation relative aux produits cosmétiques et a servi de fondement à la législation européenne qui a vu le jour le 27 Juillet 1976 (Directive 76/ 768/CEE). Actuellement en France, les institutions légales en charge des produits cosmétiques sont les institutions européennes et les institutions françaises. Conseil, Parlement et Commission en partenariat avec des Comités Scientifiques et d’experts définissent la réglementation européenne. A ces structures depuis mi-2007 est venu s’ajouter le projet “REACH” chargé d’évaluer la dangerosité des substances chimiques… Au niveau national, l’AFSSAPS (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé), la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes) sont censées valider les produits avant leur mise sur le marché.

Cauchemar des labels bio ou presque…

Lancés en 1920, des mouvements nouveaux émergent en Allemagne et en Suisse, comme l’agriculture biodynamique et la cosmétique de soin à base de végétaux créées par des laboratoires désormais très populaires comme Weleda ou Dr Haushcka.
Plus tard dans les années 1970, ces mouvements européens vont inspirer de nouveaux laboratoires comme CATIER ou SANOFLORE, qui lancent eux aussi des gammes de produits à base de végétaux ou de minéraux. Peu à peu, ces fabricants développent une cosmétique alternative naturelle, respectueuse de l’homme et de son environnement : la cosmétique “BIO”. Oui mais l’EU, elle, ne parle que des cosmétiques “naturels”. Si dans l’alimentaire, la certification est à peu près claire, pour les cosmétiques on fonctionne à partir de 6 labels (excusez du peu…), avec pour chacun un cahier des charges particulier : le plan parfait pour perdre le consommateur.
A titre d’exemple, si nous faisons un zoom sur le seul comportant le mot “BIO”, il garantit au minimum, 95 % d’ingrédients naturels, au minimum 10 % de composants BIO sur le produit fini et 95 % d’ingrédients BIO sur les composants à base de végétaux… Vous n’avez rien compris ? Rassurez-vous, nous non plus… Face à ce désordre organisé, quelques pays de l’EU se sont regroupés pour tenter un début de normalisation au travers de la mise en place des Labels COSMOS (Cosmetic Organic Standard) er NATRUE en associant plusieurs labels issus de divers pays de l’Union dont Ecocert pour la France. A titre d’exemple COSMOS vous assure que 20 % du produit fini doit être BIO (eau non comprise) que 95 % des éléments certifiables transformés mécaniquement doivent être BIO et que 30 % des ingrédients naturels transformés chimiquement doivent être BIO. Pas de produit de synthèse… A bien y regarder, ce n’est pas vraiment plus limpide…

Etiquettes, de véritables hiéroglyphes

Une décision de la Commission européenne de 1998 oblige les laboratoires à mentionner sur les emballages tous les ingrédients selon des règles précises de nomenclature. Les composants, écrits avec la dénomination INCI (International Nomenclature of Cosmetic Ingredients), sont classés par ordre décroissant de concentration, mais pour les premiers seulement. En effet, en dessous de 1 %, point besoin de respecter un quelconque ordre… Les emballages doivent porter entre autres indications le nom et l’adresse du fabricant ou du responsable de la mise sur le marché établi dans la Communauté Européenne ainsi que différents éléments permettant une traçabilité des produits ainsi que mentionnée en clair toute substance faisant partie de la liste de 26, répertoriées allergènes.

Avis d’écologiste

Difficile pour nous tous, d’avoir les idées claires pour acheter des produits cosmétiques de qualité alliant efficacité, respect de l’environnement et prix raisonnable. Il paraît évident que tout est fait pour perdre le consommateur et le livrer pieds et poings liés au mirage d’un marketing souvent trompeur. Nous sommes en droit de nous demander pourquoi l’Europe souvent si prompte à légiférer, a laissé ce domaine pourtant sensible en terme d’impact sur la santé (risques allergènes forts) presque en jachère de directives et réglementations. A quand un label clair, compréhensible par le simple consommateur ? Nous allons prochainement interviewer Robert Rochefort, député européen en charge du secteur consommateurs sur ces aspects afin de faire le point avec lui sur les projets d’évolution concernant le secteur cosmétique. Pour le moment, n’hésitez pas à demander conseil auprès de spécialistes dans les boutiques, seuls capables de vous éclairer sur le sujet. Bon bronzage ! Ci-dessous un lien avec le site : la vérité sur les cosmétiques sur lequel vous pourrez trouver quelques études comparatives intéressantes et un simulateur INCI pour vérifier la composition de vos produits.
 

Merci à Emilie A, nouvellement diplômée d’une licence professionnelle “conseiller en produits dermo-cosmétiques” pour ses précieux conseils.  Au fait Emilie cherche du travail si vous êtes intéressés, n’hésitez pas à appeler le JT, nous transmettrons !


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