Les médicaments en libre accès, et après ?

Lors d’un débat organisé le 13 novembre par le Mastère Management des Industries de Santé et des Biotechnologies, l’Ecole Supérieure de Commerce de Toulouse se penchait sur une question d’actualité et d’intérêt général : les médicaments en libre accès, qui concernent des pathologies bénignes (voies respiratoires, antalgie, vitamines…). Pierre Fabre Santé, BMS-UPSA, pharmaciens d’officine, ordre et syndicats de pharmaciens, l’AFIPA qui regroupe les laboratoires pharmaceutiques produisant des médicaments d’automédication, avaient notamment répondu présent pour débattre de la place de l’automédication, de l’éducation du patient et du rôle du pharmacien.

Autorisé en 2008, le principe de médicament en libre accès, appelé OTC (over the counter) en anglais ou encore médication familiale ou officinale, s’inscrit dans un contexte qui fait sens : un souhait d’autonomie des patients, une pénurie en médecins généralistes, un engorgement des services d’urgences et une nécessité, pour le système de santé, de faire des économies. Concrètement, cela se traduit dans de nombreuses pharmacies (64% selon une enquête réalisée par les étudiants et Opinion Way sur 400 officines, 71% selon l’AFIPA) par la mise en place d’un espace dédié où les médicaments sont en «libre accès». Et c’est une vraie révolution dans un pays où l’automédication est beaucoup moins développée (6.4% du marché en valeur) qu’ailleurs et où, il n’y a pas si longtemps, le pharmacien était le «gardien des poisons» !

Les avantages semblent pourtant nombreux : un CA supérieur pour les pharmacies l’ayant intégré, des économies par millions en nombre de consultations et en euros pour l’assurance-maladie, un patient responsabilisé. Mais à condition que celui-ci soit (bien) conseillé et accompagné par le pharmacien, que les professionnels de santé soient eux aussi formés et qu’un délistage intelligent des médicaments soit fait (non-remboursement ne signifie pas inefficacité !). Les chiffres sont aussi explicites : le marché de l’automédication enregistre 4% de croissance alors que l’industrie pharmaceutique note une légère régression, les prix moyens des médicaments en libre accès ont baissé et 90% des Français disent avoir déjà pratiqué l’automédication, qui est différente, précisent les professionnels, du mésusage qui consiste à utiliser un médicament prescrit pour quelqu’un d’autre ou un autre symptôme ! Mais de nombreuses questions restent posées : Comment informer et responsabiliser le patient/consommateur ? Comment assurer l’égalité d’accès aux soins, qu’il s’agisse d’éducation, de niveau ou de lieu de vie, pour tous ? Et d’ailleurs les produits de santé sont-ils des produits comme les autres ? Et vous, vous en pensez quoi ?

 

Alexandra Foissac

Plus d’informations :

www.afipa.org



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