Les allergies: Atchoum, la saison est ouverte…

La saison des pollens arrive et avec elle, son lot annuel de rhumes des foins, conjonctivites et autres maux. Les dernières décennies ont été marquées par une augmentation considérable du nombre de personnes touchées par les maladies allergiques. Aujourd’hui un Français sur trois serait concerné par l’allergie alors que dans les années 80, seulement 10% de la population étaient atteints. Qu’elles soient alimentaire, respiratoire, cutanée ou médicamenteuse, les allergies peuvent toucher tout le monde et sont en constante progression. Allergies, nouvel enjeu de santé publique.  Par Marie-Agnes Espa

 

Les allergies, c’est quoi ?

En 2010, une étude estimait à 22 millions le nombre de personnes allergiques, soit un tiers de la population hexagonale. Les allergies sont l’un des principaux maux de ce début de 21e siècle. Quels sont les mécanismes de cette maladie, quelles en sont les manifestations, comment se soigner ?

L’allergie est une réaction causée par le contact avec une substance étrangère que l’on appelle allergène. Cette réaction du système immunitaire est anormale et exagérément amplifiée, celui-ci identifie l’allergène comme un ennemi au même titre qu’un virus par exemple. Ce qui pour certains est anodin ou inoffensif peut chez d’autres provoquer une réaction allergique. Ces sensibilités sont propres à chacun,  elles ont aussi un caractère héréditaire. Selon une étude, un enfant a 50% de probabilité de présenter des symptômes allergiques si l’un de ces parents l’est et 75% si les deux le sont. C’est ce que l’on appelle un terrain atopique. Les manifestations allergiques les plus répandues prennent forme d’eczéma, d’urticaire, de rhinite ou conjonctivite, ou encore d’asthme. Même si le climat actuel a quelque peu retardé la période des pollens, ils arrivent et la population ayant une sensibilité dite saisonnière sera donc touchée de plein fouet. On distingue aujourd’hui quatre grand types d’allergies : respiratoire, cutanée, alimentaire ou encore médicamenteuse. Les manifestations ou symptômes sont divers et variés. Si pour des allergies respiratoires, la personne souffre généralement de rhinite ou d’asthme, pour les autres types, les patients peuvent en plus des deux précédemment cités  présenter des symptômes cutanés, digestifs, rénaux… dont la gravité peut engager le pronostic vital d’un patient.

Prévenir le risque d’allergie

Beaucoup d’allergiques s’ignorent, il est important de consulter un spécialiste pour identifier ce à quoi nous sommes allergiques. Marie nous raconte « Un jour en cours de math, je suis devenue toute rouge. Ce n’était pas vraiment des plaques mais mes bras, mes jambes et mon dos étaient écarlates, comme un coup de soleil. En l’absence d’autres symptômes manifestes, l’infirmière scolaire me conseille d’aller consulter un allergologue, ce que j’ai fait. La praticienne m’a posé de nombreuses questions sur ce que j’avais fait avant de voir ces plaques. Mis à part le repas, rien de bien différent qu’à l’ordinaire. Elle a procédé à des tests cutanés sur mes avants bras pour voir ce à quoi mon corps réagissait. Ce jour-là, j’avais goûté du sirop d’érable et c’est ce qui a déclenché cette surprenante réaction. Depuis j’évite ! » L’éviction est une façon de prévenir le risque de réaction allergique, mais bien évidement, il faut savoir à quoi on est allergique et que l’allergène soit évitable dans la vie de tous les jours ! Autre solution, puisque les personnes allergiques sont hypersensibles, la médecine peut les désensibiliser. Cette action consiste à injecter régulièrement au patient un allergène pour que le système immunitaire le tolère petit à petit et donc ne réagisse plus. Ce type de traitement lourd à ses débuts évolue au fil des ans. D’un protocole d’injection sous-cutané, le patient peut aujourd’hui directement l’ingérer. C’est le seul traitement curatif reconnu. Pour lutter, les patients ont aussi comme solutions la prise d’antihistaminiques (qui amenuisent le mécanisme de l’allergie), les différents traitements symptomatiques comme les anti-inflammatoires, les bronchodilatateurs, la cortisone ou encore l’épinéphrine. Ou encore la fameuse éviction évoquée plus haut, dans la mesure où la substance allergène est évitable : chiens, chats, acariens, soleil, aliments… Quant aux pollens, difficile de les éviter puisqu’ils sont dans l’air… tout comme les particules pollutives de l’atmosphère auxquelles de plus en plus de personnes sont sensibles.

La question de l’allergie peut elle-même être traitée comme un symptôme dans l’analyse de nos modes de vie. L’augmentation significative des cas ces dernières années mise en perspective avec l’évolution de nos modes de vie, de notre alimentation (mais aussi de sa production), la qualité de l’air et de notre environnement, devraient nous encourager à nous pencher sérieusement sur ce que l’OMS classe comme le 4e problème de santé publique mondial.

 

 

Surveiller les pollens

La période des pollens est synonyme de rhume des foins, asthme et autre conjonctivite. Il est possible de surveiller l’évolution d’un grand nombre d’allergènes saisonniers grâce au Réseau National de Surveillance Aérobiologique (RNSA). Chaque semaine le RNSA dresse une carte des risques allergiques, par département, par ville ou par type d’allergène (bulletin allergo-pollernique, bulletin moisissure et bulletin phénologique). Vous pouvez également vous inscrire à des bulletins d’alerte.

Plus d’info : pollens.fr

Allergies alimentaires : le nouveau fléau

L’augmentation de cas d’allergies alimentaires explose depuis cinq ans. En Europe, ce type d’allergie concerne en moyenne 4.2% des enfants et 3.2% des adultes, une population estimée à 2 millions d’individus en France. Actuellement, selon plusieurs études, les allergènes alimentaires majeur se retrouvent dans une dizaine d’aliments : le blé, le lait, l’œuf, l’arachide, le soja, des fruits à coques (comme les noisettes ou les amandes), certains poissons, le sésame, les mollusques et les crustacés. Certains de ces aliments sont des aliments dits de « base » qui sont utilisés dans de nombreuses préparations de notre alimentation quotidienne. Par exemple, éviter le blé n’est pas simple, exit le pain, les pates… Si les enfants réagissent davantage aux produits d’origine animale (80% des manifestations allergiques chez l’enfant de moins de 15 ans sont dues à 5 aliments : œuf, arachide, lait de vache, poisson et moutarde), les adultes sont pour leur part plus sensibles aux fruits et aux légumes (50% des cas). En cause, l’évolution des habitudes alimentaires (consommation croissante de produits transformés), des modes de préparation et de conservation, des techniques de culture agricole… En parallèle des allergies, les intolérances alimentaires progressent aussi. Une intolérance n’est pas une allergie, les mécanismes sont différents, la première serait moins dangereuse. Les intolérances les plus fréquentes sont au lactose et au gluten (selon une récente étude 600 000 Français seraient concernés par l’intolérance au gluten).

Info et conseils : L’Association Française pour la Prévention des Allergies Alimentaires www.allergies.afpral.fr

 

 « Allergies et hyperréactivité »

Un livre pour y voir plus clair…

Le docteur Jean-Loup Dervaux vient de publier un ouvrage nommé « Allergies et hyperréactivité ». Ce livre donne de nombreuses réponses sur la maladie et propose au lecteur des pistes de réflexions et de multiples conseils.

 

 

 

Pour le docteur Dervaux, « la multiplication des manifestations allergiques fait qu’elles sont parfois difficiles à cerner, mais une chose est certaine : elles sont en progression constante et cette augmentation touche surtout les couches jeunes de la population. Il s’agit donc d’un véritable enjeu de santé publique. » Le praticien a décidé de faire ce livre pour « distinguer les vraies allergies des fausses » car certains patients présentant tous les signes et symptômes d’une allergie n’en présentent aucune lors des examens médicaux (prise de sang, test allergologique par exemple). Pour l’auteur, les vrais comme les faux allergiques « ont tous en commun une hyperréactivité ». Et de poursuivre : « différencier ces deux aspects et les reconnaître permet d’adapter la prise en charge de tous les symptômes de type allergique.»



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