L’eau, ou en sommes-nous ?

2012 est «l’année européenne de l’eau». Au cours des derniers mois, de nombreux débats ont été consacrés au désormais si précieux liquide. A Toulouse, l’Agence de l’eau Adour Garonne, sous le Haut patronage du Sénat, a tenu un colloque baptisé «L’eau et l’avenir durable de nos territoires» les 26 et 27 novembre derniers.

 

Tenons-nous suffisamment compte de la raréfaction de la ressource ? Les politiques d’aménagement du territoire, comme le Plan Local d’Urbanisme (PLU) ou le Schéma de COhérence Territoriale (SCOT) sont-elles compatibles avec les politiques de l’eau ? Comment coordonner et organiser la préservation de l’or bleu ? Voici les questions de fond auxquelles quelque 420 participants, en majorité des élus, ont planché durant deux jours au centre l’espace de congrès de Diagora Labège. Deux journées de travail durant lesquelles de nombreux intervenants se sont succédé à la tribune, en tables rondes ou en ateliers. Dès le départ, le ton du colloque est donné par Marc Abadie, directeur général de l’agence de l’eau Adour Garonne : «Il n’y aura pas de langue de bois à ce colloque, une agence de l’eau est faite pour résoudre des problèmes, agir et mettre en œuvre.» Pour la première intervention,  la parole est donnée au géographe Alexandre Brun, maître de Conférences à l’Université Paul Valéry de Montpellier et auteur d’un livre critique sur le sujet. Une intervention interrompue par l’arrivée sur scène d’agriculteurs… Invités surprises, les représentants du monde agricole et des irrigants se disent «pas assez écoutés», comme le souligne Philippe De Vergnette, président de la Chambre d’Agriculture du Tarn-et-Garonne, «si on avait été invités, on n’aurait pas fait d’intrusion.» En réponse, Mr Abadie explique à l’assemblée que des représentants du monde agricole siègent au sein des différentes assemblées et commission d’Adour Garonne. Cet incident illustre un des freins majeurs du travail sur l’eau : comment gérer au mieux le bien commun qu’est l’eau, en adéquation avec les réalités du territoire et avec tous les acteurs concernés ?

 

 

Une réflexion intégrée au cadre de la réforme des collectivités

 

A quelle échelle territoriale la problématique de l’eau doit-elle être gérée ? Prenons l’exemple de la Garonne, un parcours de 647km, plusieurs départements et régions traversés, de grandes unités urbaines et qui prend sa source en Espagne. A chaque entité géographique, des institutions et des modes de gestion de la ressource différents. Pour Marc Abadie, il faut «veiller au non chevauchement des compétences des institutions, trouver un système.» Pour lui, le périmètre des bassins comme Adour Garonne apportent une certaine cohérence car leur découpage se fait sur des bassins hydrauliques et non en fonction des entités territoriales, ce qui permet d’aborder la question dans son ensemble même si d’un bout à l’autre du cours d’eau les problématiques peuvent différer. La Ministre déléguée en charge de la décentralisation auprès de la Ministre de la Réforme de l’Etat, de la décentralisation et de la fonction publique Anne-Marie Escoffier a assuré la conclusion de ce colloque. «Le vrai problème est la préservation de l’eau. Le nombre d’intervenants en la matière est multiple et cela complexifie la question» explique la Ministre, venue recueillir les attentes, les impressions et les propositions des élus. Il s’agit pour elle, de «trouver l’élément fédérateur, qui mettra de la cohérence entre les acteurs, puis les changements se feront au fur et à mesure. » Une nouvelle structure d’ingénierie publique territoriale ? Le renforcement des compétences d’un établissement déjà existant ? Une affaire à suivre avec la plus grande attention car actuellement le Gouvernement prépare l’acte III de décentralisation française. Un projet visant à l’évolution de l’appareil de la fonction publique qui aura des répercussions sur les compétences, les capacités, les modes de financement et d’organisation des collectivités territoriales. Le débat pourra se poursuivre à l’occasion de la conférence organisée par Adour Garonne dans ses locaux, 90 rue du Feretra à Toulouse le 13 décembre prochain à 18h30 sur le thème «La Garonne du futur, les futurs de la Garonne».

 

En chiffres

906 000 km de canalisations d’eau potable en France.

 

Marie-Agnès Espa



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