L’eau : Le temps de la coopération

En marge du sommet de Rio de 1992, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté le 22 décembre de la même année la résolution 47/193 déclarant le 22 mars de chaque année « Journée Mondiale de l’Eau ». Cette année encore, cette commémoration nous rappelle une cruelle réalité. La réalité quotidienne de 783 millions de personnes qui n’ont pas accès à une source d’eau améliorée et protégée. Celle de 2,5 milliards de personnes qui n’ont pas accès à des installations sanitaires de base. Tout comme la malnutrition, qui d’ailleurs en découle, la privation d’une alimentation en eau et d’installations sanitaires décentes est une crise silencieuse. Une crise sanitaire qui cause des morts évitables : 3,4 millions de personnes décèdent chaque année des suites de maladies liées au manque ou à l’insalubrité de l’eau et à l’absence de système d’assainissement. Au cœur de l’existence et de la dignité humaine, les conditions d’accès à l’eau et à l’assainissement ont un effet direct sur le développement humain, la santé, nutrition, richesse, environnement, culture, paix… La sous-nutrition, au cœur des préoccupations d’Action contre la Faim, est une conséquence directe de la crise du secteur eau et assainissement dans les pays concernés. Solidarité et coopération sera le thème de la Journée Mondiale de l’Eau 2013. Solidarité et coopération parce que nous disposons de moyens pour combattre le fléau du secteur eau. La France dispose à cet égard d’une loi pour la solidarité : la loi Oudin-Santini. Votée en 2005 elle permet de faciliter l’engagement des collectivités territoriales dans la solidarité internationale.

La loi Oudin habilite les collectivités territoriales, syndicats et agences de l’eau à affecter jusqu’à 1 % des recettes de leurs services d’eau potable et d’assainissement à des actions de solidarité internationale pour l’eau et l’assainissement. En 2011, 21 millions d’euros ont été collectés via la loi Oudin-Santini.  A ce jour seulement 40 % de la loi Oudin sont utilisés, alors qu’une application totale de ce dispositif législatif permettrait de mobiliser jusqu’à 64 millions d’euros par an, et autant de vies sauvées. La Journée Mondiale de l’Eau est aussi l’occasion de faire un point sur les avancés établies. Au cours de la décennie passée et dans le cadre des engagements des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), d’importants efforts ont été déployés dans le secteur de l’eau et de l’assainissement pour réduire de moitié, d’ici à 2015, le pourcentage de la population qui n’a pas accès à un approvisionnement en eau potable ni à des services d’assainissement de base. Pour le secteur de l’eau, l’objectif a déjà été atteint dès 2010. En 1990, 24 % de la population mondiale n’avait pas accès à une source d’eau améliorée ; en 2010 ce pourcentage est de 11 %. Cependant, ces progrès cachent de très fortes disparités régionales et nationales puisque l’Afrique sub-saharienne affiche un retard certain et conserve le taux de couverture en eau potable le plus bas du monde. S’agissant du secteur de l’assainissement, 2.5 milliards de personnes n’ont toujours pas accès à des installations sanitaires de base et les OMD en matière d’assainissement pourraient fort bien ne pas être atteints d’ici décembre 2015…

Il reste deux ans pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement : le compte à rebours est lancé. 

 

Dorian Dreuil

Dorian Dreuil est Délégué Départemental d’Action contre la Faim en Haute-Garonne

Particularité : Etudiant en droit à l’Université Toulouse I Capitole. Engagé depuis 5 ans dans l’aventure associative aux côtés d’Action contre la Faim. 



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