L’eau, enjeu majeur du XXI °siècle

Les systèmes d’irrigations

Tout comme l’énergie, l’eau est un enjeu majeur pour le XXI° siècle. C’est le 22 décembre 1992 que l’assemblée générale des Nations Unies a adopté la résolution A/RES/47/193 qui déclara le 22 mars de chaque année «Journée mondiale de l’eau», à compter de l’année 1993, conformément aux recommandations de la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement (CNUED). Cette résolution invitait les États au travers de ce jour symbolique à sensibiliser les peuples à l’enjeu fondamental que représentent les ressources en eau et leur préservation.

L’or bleu de plus en plus rare

Bien que l’eau soit l’élément le plus répandu de la planète, seulement 2,53% appartiennent à la catégorie «eau douce», le reste n’étant que de d’eau salée. Nous ne pouvons accéder facilement qu’à un tiers de la petite quantité d’eau douce qui existe, la majorité des réserves étant constituée par les glaciers et les nappes souterraines profondes. L’eau est essentielle à nos vies et aux écosystèmes dont nous dépendons. Tous les jours, des catastrophes naturelles telles qu’inondations et sécheresses, et des catastrophes causées par l’homme telles que la pollution, endommagent nos ressources en eau et ont des conséquences néfastes sur la santé et les vies humaines. L’eau est essentielle à la vie en maintes façons : nous avons besoin d’eau salubre pour boire, d’un approvisionnement en eau adéquat pour notre assainissement et notre hygiène, d’eau en quantité suffisante pour notre production alimentaire et industrielle, et une grande partie de notre production en énergie dépend ou affecte nos ressources en eau. /p>

Démographie et déséquilibre géographique

La population mondiale croît, et avec elle, la pression à laquelle nous soumettons nos fleuves, lacs et cours d’eau souterrains. Dans beaucoup de régions du monde, la compétition s’aggrave entre secteurs qui doivent se partager les ressources en eau salubre et utilisable. Les tendances actuelles ne sont pas prometteuses, et montrent des difficultés écologiques, sociales et économiques croissantes, ceci en partie dû aux pressions multiples mises sur nos ressources naturelles. Au cours du siècle dernier, la population mondiale a triplé et l’utilisation des ressources en eau a été multipliée par six. Selon les projections les plus optimistes, d’ici 2050 il est probable qu’au moins une personne sur quatre vivra dans un pays affecté par des pénuries d’eau douce chroniques ou récurrentes. La situation est particulièrement inquiétante en Afrique subsaharienne : on estime que d’ici 2025 près de 230 millions d’Africains affronteront une pénurie d’eau, et 460 millions vivront dans des pays subissant un stress hydrique.

Le saviez-vous ?

Il faut 1000 litres d’eau pour produire 1 kg de pommes, 185 litres pour 1 kg de tomates,

11 000 litres pour fabriquer un jean ou produire un kilo de coton, 15 000 litres pour un kilo de bœuf, 140 litres pour une tasse de café ou une baguette de pain… Une manière de rappeler la nécessité de repenser notre consommation d’eau. Une famille européenne de 4 personnes consomme par semaine 140 000 litres d’eau. C’est ce que l’on appelle, la consommation cachée. Si ouvrir son robinet est un geste banal pour les habitants des pays développés, l’accès à l’eau et à l’assainissement nourrit cependant les espoirs de la moitié de l’humanité

Un désert qui avance

Un tiers de la superficie des terres émergées du globe (4 milliards d’hectares) est menacé par la désertification, et plus de 250 millions de personnes sont directement affectées par ce problème.  Entre 1991 et 2003, les sécheresses ont entraîné la mort de plus de 300 000 personnes; elles représentent 11% de l’ensemble des catastrophes naturelles liées à l’eau. On estime que dans les décennies à venir, le sud de l’Espagne pourrait être comparable aux pays d’Afrique du Nord et connaître de graves problèmes de sécheresse. D’ailleurs souvenez-vous au printemps 2008, Barcelone a dû être ravitaillée par bateaux citerne et a dû implanter une usine de dessalement d’eau de mer… Quelles sont les causes de la désertification ? Essentiellement les variations du climat dues à l’effet de serre et les activités humaines qui en sont la cause.

Satisfaire nos besoins fondamentaux

Pour satisfaire nos besoins fondamentaux, nous devons tous accéder chaque jour à une quantité d’eau comprise entre 20 et 50 litres exempte de contaminants dangereux.
Un enfant né dans un pays développé consomme 30 à 50 fois plus d’eau qu’un enfant né dans un pays en développement. Objectif de développement de l’ONU : «Réduire de moitié, d’ici 2015, le pourcentage de la population qui n’a pas accès à de l’eau potable.» A l’heure actuelle, entre 3 et 4 milliards de personnes n’ont pas accès de façon pérenne à l’eau utilisant chaque jour une eau de qualité douteuse, c’est plus de la moitié de la population mondiale», affirmait au forum de l’eau de Marseille, l’un des conseillers sur l’eau du secrétaire général de l’ONU. De plus sur les 3,8 milliards de personnes ayant accès à l’eau du robinet, un milliard sans doute n’ont l’eau que quelques heures par jour, voire quelques jours par semaine. On ne peut pas alors parler «d’eau potable» du fait du mauvais état des réseaux de distribution.

Pollution Un vrai risque

 Agriculture, industrie, mais aussi réseaux d’assainissements inexistants ou mal entretenus sont à l’origine de la pollution des eaux potables. Un litre d’eau polluée contamine 8 litres d’eau saine. Rejets industriels, engrais, pesticides, eaux usées non traitées sont à l’origine d’une dégradation exponentielle de nos ressources en eau. Si la France fait partie des pays riches en eau, la qualité des nappes souterraines s’est fortement dégradée ces dernières années et rares sont les captages dans lesquels les nitrates et produits chimiques ne sont pas présents. L’UFC Que Choisir vient de pointer du doigt en ce début de semaine, la mauvaise qualité des eaux du robinet en France en invoquant la présence de nombreux polluants d’origine agricole ou industrielle… (voir notre récent article sur le sujet…)

Avis d’écologiste et de citoyen

Volontairement, je n’ai pas donné au dernier forum sur l’eau qui vient de se tenir à Marseille du 12 au 17 mars derniers un écho important dans cet article car je considère, comme le faisait de son vivant la regrettée Danielle Mitterrand, que ce genre de manifestation n’est «qu’une tribune pour les lobbies mondiaux de la distribution et du traitement de l’eau, destinée à se partager des marchés juteux.» En juillet 2010, l’ONU a enfin reconnu le droit d’accès à l’eau comme un droit fondamental de l’Homme. Je  considère que cette ressource naturelle est un bien commun à l’ensemble de l’humanité comme le sont le soleil, le vent… L’eau n’est donc pas une marchandise et en aucun cas son exploitation ne devrait être laissée aux organismes privés. S’il est un secteur dans lequel l’État devrait être présent, c’est bien celui-là. Nous devrions renationaliser tout le secteur de l’eau ; ce qui aurait un intérêt majeur pour la sécurité et la qualité des approvisionnements mais aussi pour les finances des consommateurs. En lieu et place des débats stériles et nauséabonds qui polluent nos écrans, voilà un sujet de fond sur lequel nos candidats à la présidentielle pourraient donner leur vision…



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