Le Solaire et les pays en voie de développement

Les fidèles lecteurs du journal toulousain, se souviendront des articles consacrés au solaire thermique capable gratuitement de chauffer l’eau mais aussi de générer du froid pour la conservation des aliments dans les pays dits “en voie de développement”. Pour les populations concernées, être capable de cuire les aliments et rendre potable une eau souvent vecteur de propagation des maladies est un besoin vital. Pour répondre à ces problématiques à des coûts très bas, le four solaire est assurément une piste à développer.

 
Le four solaire

On appelle four solaire ou cuiseur solaire, un système de chauffage ou de cuisson basé sur la capture des rayonnements lumineux émis par le soleil, leur transformation en chaleur puis l’utilisation de cette chaleur pour le chauffage ou la cuisson des aliments. Il peut être carré, hexagonal ou parabolique. Le plus vieux four solaire français est celui d’Odeillo dans les Pyrénées-Orientales. Il permet de concentrer l’énergie équivalente à 1 000 KW et d’atteindre des températures supérieures à 3 000°C. Le principe consiste à piéger les rayons de soleil en les renvoyant vers un objet ou ustensile de cuisine placé au centre du système.

Un enjeu fort

Un des problèmes récurrents rencontrés dans les zones en voie de développement est la quête quotidienne de la quantité de bois nécessaire à la cuisson des aliments. Avec une consommation qui surpasse le renouvellement des surfaces boisées, on assiste à un recul très net des forêts. En outre, cette tâche dévolue à la gent féminine nécessite parfois plusieurs heures de marche et le port de lourdes charges. Chaque jour, un habitant du continent africain consomme pour faire cuire sa nourriture entre 1 et 1,5 kg de bois selon la FAO (Food and Agriculture Organization). Un Européen lui, va dépendre à plus de 80 % des énergies fossiles, de manière directe ou indirecte en consommant de l’énergie électrique ou bien du gaz, vouées à être de plus en plus rares et donc de plus en plus chères. Par ailleurs, l’absorption d’eau ou de lait contaminés tue des milliers de personnes chaque jour, particulièrement les enfants. L’organisation mondiale pour la santé rapporte que 80 % des maladies dans le monde sont dues à l’eau contaminée. Des études montrent que chauffer l’eau à 60°-70° est suffisant pour tuer la bactérie coliforme, les rotavirus, les entérovirus et même la Giardia. C’est ce qu’on appelle la pasteurisation.

Simple et efficace

La technologie est pratique et très économique. En fait, le four solaire ne consomme rien. Il suffit juste de s’armer d’un peu de patience pour avoir son repas cuit à point et à feu doux. Un atout majeur, en cette période où les politiques s’accordent pour une utilisation accrue de l’énergie renouvelable. Le principe est on ne peut plus simpliste : il s’agit d’une caisse d’environ 50 cm de côté entourée d’une coque faite de trois matières : le plastique à l’extérieur, du polystyrène au milieu et de l’aluminium à l’intérieur. Le tout est recouvert d’un couvercle en plastique. Lorsque la chaleur du soleil captée par l’aluminium arrive dans le four, elle ricoche sur les autres parois en aluminium et est piégée par le polystyrène qui l’empêche de s’échapper. L’énergie revient donc vers le centre de la caisse et naturellement, le plat ou l’aliment disposé à l’intérieur commence à chauffer. L’idéal est d’utiliser un récipient acier ou aluminium noir. La cuisson proposée sera plutôt de type douce et évitera de brûler les aliments. A titre d’exemple, il faut 1h30 pour cuire 1 Kg de riz et 30 minutes pour faire bouillir un litre d’eau. Une variante consiste à fabriquer un four en forme d’entonnoir géant, garni de papier d’aluminium, sorte de four parabolique qui augmente la concentration solaire et donc l’efficacité.

Vulgarisation du procédé

A l’issue des différentes expérimentations, des programmes de diffusion de four ou cuisinières solaires sont en cours au Sénégal, mais aussi en Casamance, dans les régions du Sénégal oriental et dans la région de Thiès. La Mauritanie, le Niger et le Burkina sont également intéressés. Mais c’est aussi toute l’Amérique du Sud, avec la cordillère des Andes qui implante avec le concours de fonds internationaux les fours solaires.

Avis d’écologiste

On dit souvent que l’on n’invente que ce que l’on avait oublié. Si cela paraît exagéré, le soleil oublié pendant des siècles, période faste où le pillage de la nature, la technologie semblaient être capables à l’infini de répondre à tous nos besoins, revient sur le devant de la scène des énergies. Photovoltaïque pour pays dits “riches”, fours solaires à base de carton et d’aluminium pour les autres mais tout un symbole car finalement le soleil brille pour tous !



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