Le cancer, parlons-en: Journée Nationale du Cancer

Le cancer. Une maladie qui touche tout le monde, partout dans le monde. En France, ces trois dernières décennies, le nombre de nouveaux cas a doublé. En parallèle, la mortalité liée au cancer, elle, diminue régulièrement. Le 4 février s’est déroulée la Journée Mondiale de lutte contre le cancer. Toulouse ouvrira en 2014 l’Oncopole. En parallèle, le président de la République a présenté ce même jour le Plan Cancer 2014-2019. Point d’étape sur l’offre de soin locale, le nouveau Plan Cancer et les dernières avancées médicales.

 

Le 4 février dernier, l’Association Oncopole de Toulouse a organisé une journée de conférences-débat ouverte au grand public pour aborder la question : « Quelle prise en charge de la maladie sur la métropole toulousaine ? ».

2014 sera l’année de l’ouverture de l’Oncopole de Toulouse-Langlade. La réunion sur un même site de l’Institut Universitaire du Cancer (IUC, établissement de soin), de laboratoires publics et privés de recherches médicales et pharmaceutiques, des industriels, des associations… place la capitale de Midi-Pyrénées au cœur de la lutte contre le cancer. L’offre de soin toulousaine déjà importante franchira ainsi un pallier significatif. La Journée Mondiale de lutte contre le Cancer fut l’occasion de proposer au grand public mais aussi aux professionnels de la santé les activités de soin. A la tribune, Benjamin Gandouet, directeur de l’Association Oncopole de Toulouse, Monique Cavalier, directrice générale de l’Agence Régionale de Santé de Midi-Pyrénées, Jacques Léglise, directeur général du Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Toulouse et le professeur Henri Roché, directeur des affaires médicales à Claudius Régaud. Pour Benjamin Gandouet, « Face à ce défi aussi ambitieux qu’est la lutte contre le cancer, on ne peut réussir seul. Cette lutte exige une concentration d’excellence. Par ce nouveau modèle fondé sur une démarche volontariste d’union des forces vers les sciences du vivant, nous allons positionner le patient au cœur de la recherche et la recherche au cœur du système de soin. » L’association a pour objet de « préparer la mise en place de la structure de gestion, d’animation et de promotion du site » de Toulouse Langlade. Elle organisait cette journée de conférence débat ouverte au grand public.

 

 Objectif : mieux traiter

Le professeur Henri Roché constate que « la recherche va très vite, les innovations sont nombreuses. En radiothérapie, il existe de nouvelles techniques, nous utilisons la protonthérapie, l’association radiothérapie-médicaments… Notre objectif est de mieux traiter tout en lésant le moins possible les tissus sains. Nous sommes à l’heure de la chirurgie ambulatoire, de la médecine nucléaire… Tout est concentré au maximum sur la surface la plus petite.» Ces dernières années, la science et la technologie ont radicalement évolué. Pour la première table ronde, plusieurs praticiens rejoignent  le professeur Roché : le professeur Julien Mazières, pneumo-oncologue au centre hospitalier universitaire (CHU) de Toulouse, le docteur Anne-Isabelle Bertozzi-Salamon, responsable de service hématologie oncologie pédiatrique au CHU de Toulouse, le docteur Magali Lacroix-Tricky du service d’anatomie et cytologie pathologique de Claudius Régaud, le docteur Chantal Bernard-Marty du service oncologie médicale à la Clinique Pasteur et le docteur Florence Dalenc, oncologue de l’Institut Claudius Régaud spécialisée dans les maladies du sein. Pour la plupart de ces spécialistes, ce qui a changé ces dernières années est « la façon d’utiliser les moyens de la chirurgie, la radiothérapie mais aussi la façon dont les cancérologues abordent la maladie et prennent en charge les patients.» Pour le professeur Mazières, « depuis dix ans, c’est l’explosion des connaissances, en biologie notamment. Cela complexifie les prises en charge car on ne soigne plus les cancers de la même façon. Le travail de coopération est capital. »

 

« Le cancer du sein se guérit mieux »

Les spécialistes font un tour d’horizon des différentes formes de cancer et des traitements. Pour le cancer du poumon, selon le professeur Mazières, « le dépistage se met en place et l’opération reste la meilleure technique. Nous sommes dans une période de progrès dans cette maladie qui est sévère. » Pour les anatomopathologistes à la tribune, les avancements sont majeurs en matière de  biotechnologie, que ce soit concernant les cellules tumorales comme pour celles environnantes. Des travaux de recherche sont en cours sur la détection du cancer par prise de sang. Un procédé « qui se pratique déjà dans le cadre du suivi de patients malades » précise le professeur Roché. Selon le docteur Florence Dalenc, « le cancer du sein se guérit mieux grâce au dépistage, au progrès des traitements en chirurgie, en radiothérapie et médicamenteuse. La thérapie ciblée par blocage de marqueurs peut avoir un effet sur les tumeurs, comme par exemple l’hormonothérapie. » Autre précision du docteur Dalenc « pour 95% des cancers du sein, on ne peut pas figer une cause, comme cela est possible avec le tabac et le cancer du poumon. » Sur la question d’un vaccin contre le cancer, le professeur Roché explique qu’on ne peut pas parler de vaccin contre le cancer, « on peut faire des vaccins sur des environnements bien définis, mais ce n’est pas contre le cancer en lui-même. » Pour le professeur Mazières, il est « important de restaurer le système immunitaire pour qu’il se défende au mieux contre la maladie. » La possibilité de multiplier par deux les essais thérapeutiques émise dans l’annonce, le matin même, du contenu du Plan Cancer 2014-2019, est positive pour les spécialistes. Pour le professeur Roché, « tous les progrès sont arrivés des essais thérapeutiques, ils sont sources de progrès. »

 

Les compétences rassemblées sur l’Oncopole

ü  Un pôle de recherche privée regroupant l’Institut de recherche Pierre Fabre, la Direction de la recherche de Sanofi-Aventis, et la Fondation InNaBiosanté pour la recherche contre le cancer.

ü  Un pôle de recherche publique mobilisant 300 membres de l’INSERM, du CNRS et de l’Université Toulouse III, Paul Sabatier.

ü  Un pôle d’Innovation et de Valorisation de la Recherche autour de l’Institut des Technologies Avancées des Sciences du Vivant (ITAV) et d’une pépinière d’entreprises réunissant les labos Synthivia, Ederna, Gamamabs Pharma, Selexel, Derichebourg Aqua, bientôt rejointes par Univercell Biosolution et Geniskin.

ü  L’Institut Universitaire du Cancer (IUC) formé par l’Institut Claudius Regaud, le CHU de Toulouse et des médecins libéraux, le Centre de Recherche en Cancer de Toulouse (CRCT). Le CRCT occupera une place particulière en matière de recherche, avec 12 équipes de 200 chercheurs et étudiants. Les équipes du CRCT travaillent notamment sur des projets publics-privés avec de grands laboratoires pharmaceutiques.

 

 

Le chiffre

3 millions de Français vivent avec ou après un cancer

 

Marie-Agnes Espa

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