La voiture électrique

Le libéralisme économique est basé sur la suggestion subliminale des besoins du consommateur à partir du matraquage publicitaire et de la mise sur le marché de produits définis par le marketing qui bien souvent n’ont rien à voir avec le besoin réel des citoyens. Une once de crédit d’impôt, un zeste de grenelle avec le refrain : «c’est bon pour la planète» et le tour est joué. Peu importe le besoin, le bilan économique, il faut vendre le concept. Oui mais voilà, cela ne fonctionne plus dans un contexte de crise, de récession, d’inquiétude du lendemain. Et si l’on se mettait à produire des biens de consommation utiles correspondant aux besoins de M. ou Mme tout le monde ? La voiture électrique est l’exemple type d’un espoir déçu.

 
Voiture électrique, que du simple !

Depuis la découverte en 1821 par Michael Faraday de la rotation électromagnétique, à partir du lien entre magnétisme et électricité, le moteur électrique sur le principe est resté le même. Il est constitué d’une partie fixe aimantée le Stator, entourant une partie mobile le rotor dans lequel on fait circuler de l’électricité. Le courant attiré puis repoussé par les deux pôles du stator, fait tourner le rotor… La simplicité et la miniaturisation de ces moteurs permettent de les insérer à l’intérieur d’une roue comme “l’active wheel” de Michelin. Ne nécessitant que peu d’entretien, robuste, silencieux, sans rejet polluant, le produit presque parfait avec pour seul hic, le stockage de l’énergie dans des batteries en pleine évolution qui pourraient rapidement laisser espérer des 800 Km d’autonomie (type métal air) contre une moyenne de 150 Km actuellement.

De quoi avons-nous besoin ?

Les statistiques montrent que 85 % des Français roulent moins de 40 kilomètres par jour. De plus, près de 50 % des trajets en voiture effectués en ville se limitent à moins de 6 kilomètres. Ce sont 80 % des foyers français qui sont équipés d’un véhicule permettant à 83 % le transport des voyageurs. L’automobile représente le deuxième poste de dépense par foyer avec une moyenne de 5 000 €/an. Nous devons couvrir deux besoins. Le premier consiste à assurer le déplacement professionnel sur des distances globales inférieures à 40 Km et le second permettre de couvrir les transhumances des week-ends et vacances sur des distances beaucoup plus longues. Pour répondre à cette double contrainte, si vous n’avez qu’un seul véhicule, alors le moteur hybride (partie électrique + moteur thermique) s’impose à condition que l’autonomie électrique soit au moins de 60 Km, si-non aucun intérêt. Si vous disposez d’un véhicule classique et si vous avez besoin d’une deuxième voiture alors une petite citadine électrique pour la semaine serait idéale à condition que son prix soit raisonnable. Une récente étude du cabinet Deloitte, spécialisé dans les audits consuméristes, vient de montrer que 12 % des gens sont prêts à acquérir un véhicule propre et que 42 % sont intéressés à condition que l’autonomie soit de 500 Km et que le prix soit inférieur à 20 000 dollars soit environ 15 000 €.

L’offre actuelle

Nous avons essayé pour vous trois voitures 100 % électriques, la ION de Peugeot, la i-MIEV de Mitsubishi, et la MIA fabriquée en Charente en partenariat avec le Conseil Régional de Mme Royal. D’un point de vue technique, tout comme la Leaf de Nissan qui est en tous points, comparable aux modèles testés, le confort de conduite en ville et sur route de nos trois électriques est remarquable et vous donne envie de les acquérir sauf qu’à 35 000 €, vos ardeurs écologiques sont vites calmées même si le crédit d’impôts de 5 000 € atténue légèrement la douleur. Seule la MIA est disponible à hauteur de 18 800 € TTC crédit d’impôts déduit en premier prix avec une autonomie de 80 Km. En ajoutant 3 000 € de plus, vous aurez l’équivalent des autres modèles cités ci-dessus. S’agissant des hybrides Prius et Auris de Toyota, depuis longtemps testées, elles offrent une qualité technologique et un agrément routier depuis longtemps éprouvés (la Prius va fêter ses 12 ans…) Sauf qu’avec une autonomie électrique de seulement 2 Km, elles ne présentent qu’un seul intérêt : faire baisser la consommation de 0,5 à 1 litre maximum aux 100 Km en ville. Pas de quoi s’enthousiasmer dans un contexte où la sobriété des moteurs qu’ils soient à essence ou diesel est un combat permanent. On vante par- tout en ce moment la Peugeot 3008 Hybrid4, comme étant le premier hybride diesel, cocorico. Quel intérêt de dépenser 35 400 € hors options, pour atteindre 5l/100 Km de gazole et gagner 0,5 à 0,8 l en consommation avec une autonomie électrique de seulement 4 Km ? L’espoir aurait pu venir de l’Opel Ampera qui offre une autonomie de 500 Km dont 80 en tout électrique mais ses 45 000 € annoncés vont en refroidir plus d’un…

Avis d’écologiste consommateur

À partir de 2012, toute construction neuve d’habitation devra disposer de points de recharge pour les véhicules électriques. Dans les habitations collectives préexistantes, tout occupant pourra faire valoir son “droit à la prise” et obliger la copropriété à respecter la loi. Voilà une loi qui pourrait de prime abord paraître intéressante, mais elle ne servira manifestement à rien car les conclusions du cabinet Deloitte cité précédemment sont claires : La voiture électrique est déconnectée du marché et sa commercialisation est quasiment impossible en regard des attentes et surtout de son prix…) En clair : ou les voitures électriques avec 60 à 80 Km d’autonomie sont vendues à moins de 15 000 €, ou elles resteront dans les concessions. Bizarre que les différents constructeurs se soient tous entendus sur le prix de 35 000 €, les pétroliers seraient-ils passés par là pour pouvoir continuer à vendre de plus en plus cher leur “or noir” ? Personnellement, j’ai ma petite idée et vous ?



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