La mise en concurrence est un leurre

Concept théorique

Tous les discours officiels, qu’ils soient étatiques ou émanant d’experts font l’apogée d’un système pourtant éminemment inefficace, la mise en concurrence comme arme absolue contre la hausse des prix. L’on voudrait nous faire croire que c’est en augmentant le nombre de grandes surfaces que nous verrons les prix baisser. Les consommateurs que nous sommes, ont appris à lire mais aussi à compter et nous savons bien que tout cela n’est que chimère ou fantasme bureaucratique. Au-delà des concepts généreux, il est une réalité des faits qui montre bien que tout cela n’est basé que sur une vision idyllique d’une société dans laquelle l’intérêt général primerait sur celui des actionnaires ou plus simplement du business. Les grands groupes l’ont bien compris en créant des marques personnalisées qui empêchent tout élément de comparaison ou tout simplement en négociant avec les fournisseurs et les marques des références spécifiques à chaque groupe de distribution.

 
Pouvoir d’achat

Pour doper le pouvoir d’achat des Français il y a deux leviers sur lesquels on peut intervenir : le salaire et le coût de la vie. Un rapide calcul montre que si votre patron vous augmente de 100 €/ mois, après prélèvements, il vous restera au plus 80 € et votre entreprise aura déboursé avec les charges entre 180 et 200 €. Il est clair que dans un contexte de crise, cette piste n’a aucun intérêt et serait contreproductive. Reste le “panier de la ménagère”. En 2008, notre président, ne supportait pas «que le jambon ait augmenté de 40 % alors que dans le même temps le prix d’achat au producteur baissait». Et alors qu’a-t-on fait ? Rien ! Cela fait des décennies que l’on constate pour certains produits dont l’alimentaire un rapport de 5 à 10 entre le prix payé aux producteurs et la vente. La salade achetée 0,15 € vendue 1,2 €… Cherchez l’erreur.

Délocalisations, un non sens national

De brillants cerveaux nous expliquent que les coûts du travail en France étant trop élevés, les entreprises n’ont plus d’autre choix que de s’expatrier laissant sur le carreau des centaines d’ouvriers… Le consommateur moyen égoïstement se dit : «Cela va faire baisser le prix des produits». Que nenni, cela ne sert qu’à gonfler les marges et les profits pour des groupes qui ne payent même plus d’impôts en France… Combien coûtent à la collectivité ces chômeurs supplémentaires amenés par le libéralisme sauvage ? Le saviez-vous, on a donné au secteur automobile 400 Millions d’euros en contrepartie d’un engagement à ne pas délocaliser et à ne pas fermer de site en France. Oui mais, on en profite pour “dégraisser” des milliers d’emplois au travers de plans sociaux déguisés… et le secteur annonce une embellie des ventes ce premier semestre… Cherchez l’erreur !

 

Trop de libéralisme tue le libéralisme

Force est de constater que le concept de liberté des prix, dans un paysage économique où seuls règnent la vision à court terme et le profit, devient source de fracture sociale. Il est scandaleux de voir s’envoler le prix des produits de base comme le pain ou le lait et ce n’est pas faute de concurrence… La France est coupée en deux. D’un côté, ceux qui ont le pouvoir de fixer le prix de vente dans leurs échoppes et de l’autre, ceux qui subissent de plein fouet sans rien pouvoir faire contre ces dérapages. La farine coûte plus cher ? Qu’à cela ne tienne, le prix du pain est revu à la hausse et souvent au-delà de la réalité du marché et surtout oubliera de redescendre quand la spéculation sur les céréales aura pris fin. Mais qui va remplir le porte-monnaie de la ménagère ? Les hyper marchés viennent d’annoncer une augmentation de leur marge de 12 %. De qui se moque-t-on ? Alors n’est-il pas de la responsabilité d’un gouvernement de prendre des mesures conservatoires lorsque la machine s’emballe et dérape ou les liens entre Etat et multinationales est-il si fort que le pouvoir ait changé de main ?

 

Pays démoralisé

La France, mais peut-être aussi l’Europe, est prise d’une frénésie du chacun pour soi, victime du syndrome du repli, sur fond de spéculation des matières premières, d’envolée du prix des services, de recul de l’emploi, de campagne très organisée sur les retraites que l’on aura du mal à payer… Tous ont peur du lendemain. Maisons de retraites réservées aux riches : qui pourra assumer financièrement sa fin de vie ? Questions que se pose chacun d’entre nous. Nos enfants qui ont déjà du mal à vivre leur quotidien devraient-ils s’angoisser pour leurs parents ? Nous sommes devenus le pays le plus négatif de la planète, rien ne va et n’ira jamais bien. Il faut reconnaître que nous sommes en cela bien aidés par notre environnement économique et politique…

Avis d’écologiste et de consommateur

Il est scandaleux de voir le désordre au niveau des prix devenir notre quotidien, frappant de plein fouet les plus modestes. Comment accepter au nom d’un libéralisme sauvage érigé en dieu vivant que l’on puisse voir le prix d’une pile bouton (Ref : Pile Lithium CR 1632, 3V) valoir 4,70 € en banlieue toulousaine et 29 € dans une boutique de Leclerc Blagnac ? N’est-ce pas du racket ? A-lors, dans un premier temps sur les produits de première nécessité, l’alimentaire notamment, nous devrions limiter les marges et imposer un coefficient multiplicateur maximum entre prix de revient et prix de vente. Décrétons qu’une salade payée 0,15 € à la source ne devra pas dépasser 0,45 € sur l’étal (coefficient fixé à 3). Vérifions les prix, sanctionnons les ententes illicites par du pénal car les amendes ont peu de prise sur les grands groupes, taxons les produits issus des délocalisations au travers de la taxe carbone (pollution liée au transport). Bref, bougeons car sinon à l’instar de M. Peyrefitte pour la Chine, quel-qu’un pourrait écrire un jour : «quand les consommateurs se réveilleront…».



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