La maison idéale

Harcelés, désorientés par des communications issues de lobbies puissants, vous avez du mal à faire la part des choses et à prendre les bonnes décisions pour construire ou réhabiliter votre maison. Afin de répondre à votre attente, voici donc la maison idéale.

 

Approche environnementale globale

La base de la réflexion s’appuie sur la norme HQE (Haute Qualité Environnementale) : 14 cibles qui prennent en compte des notions aussi larges que la relation de l’habitat avec l’environnement paysagé, le choix de matériaux les plus écologiques, la gestion de l’énergie et de l’eau sans oublier les éléments liés à la santé des futurs occupants (acoustique, hygrométrie, qualité de l’air ambiant, confort visuel mais aussi olfactif…).

Principe de base : l’isolation !

L’énergie la moins chère est celle que l’on économise ! Partant de ce postulat, il convient de travailler sur l’isolation en priorisant les éléments énergétivores. Le plancher de la maison doit être isolé par le bas (blocs de polystyrène par exemple). Finis les vides sanitaires ouverts qui refroidissent le sol. Les murs peuvent être montés en brique Monomur de 37,5 cm, en béton cellulaire de 36,5 cm d’épaisseur ou en parpaing associé à un isolant et à un doublage contre-cloison plâtré dont les performances sont comparables pour un prix de revient approchant les 100 €/m². En Europe, nous sommes presque les seuls à isoler par l’intérieur, ce qui nous rend vulnérable aux déperditions. Depuis longtemps, les Espagnols isolent leur habitat par l’extérieur enveloppant murs, planchers et autres éléments dans un seul et même “cocon”. L’économie est de 5 à 10 % d’énergie. Le plafond : qu’il soit en matériaux légers (plaques de plâtre, bois…) ou bétonné (hourdis), qu’il donne sur des combles perdus ou aménagés, il ne faut pas lésiner sur l’épaisseur des isolants, ni à les remplacer au bout de quelques décennies. Enfin, si les huisseries dans les constructions neuves sont généralement de bonne qualité avec double ou parfois triple vitrage, elles peuvent constituer un talon d’Achille important. Dernier point : les cheminées ouvertes doivent impérativement être équipées de trappes de fermeture accessibles et pratiques garantissant l’étanchéité du conduit dans les moments de non utilisation.

Le choix des matériaux

Il convient de réfléchir à la qualité des matériaux et à leur impact sur la santé. La laine de roche ou de verre, interdite en Allemagne, sont réputés cancérogènes. Si vous les fixez vous-même, vous aurez des maux de gorge pendant quelques jours. L’isolation en chanvre par exemple est plus vertueuse. Imputrescible, il s’utilise pour l’isolation du toit, des murs et du sol d’anciennes ou nouvelles constructions. Sa bonne qualité de diffusion de l’air assure une régularisation automatique de l’humidité sans déperdition de chaleur. En outre, il n’attire pas les insectes, car il ne contient pas d’albumine.

 

Minimiser l’apport énergétique

Dès lors que votre isolation sera au top, vous pourrez songer à la façon la plus vertueuse de gérer vos besoins en énergie. Tout d’abord le chauffage. Il y a deux façons d’aborder le problème, donner la priorité à l’investissement de départ en occultant les aspects coût de fonctionnement ou inverser cette priorité. Compte tenu du dérapage constant du prix du KW électrique qui pourrait doubler dans les 5 ans, du gaz, des produits pétroliers, nous avons fait le choix de jouer le long terme et de minimiser les consommations. Dans ce contexte, nous déconseillons le tout électrique dont l’impact financier est trop dépendant des politiques énergétiques. Attention aux sirènes commerciales qui vantent les vertus de nouveaux radiateurs régulés à accumulation d’énergie, à cœur en céramique, etc. Leur seul intérêt est d’améliorer votre confort car leur fonctionnement est plus souple en comparaison du marche arrêt du simple “grille pain” mais en matière de consommation et donc de facture, pas un seul euro d’économie.
Pour notre maison idéale, nous opterons pour un chauffage au sol s’appuyant sur un plancher chauffant alimenté par une pompe à chaleur géothermique puisant les calories dans un captage horizontal ou vertical dans votre jardin ou votre puits. Cette installation possède un COP (Coefficient de performance) voisin de 4 (1 KW consommé, 4 KW fournis) quelque soit la température extérieure. En matière de “pompe à chaleur”, le rendement (COP) est simplement fonction du delta de température entre la source (votre jardin ou votre puits…) et la cible (20°C dans votre maison par exemple). Plus le delta de température est faible, meilleur sera le COP et moins vous consommerez ! L’eau du puits ou votre sol à 1,5 m de profondeur sont été comme hiver à environ 15°C d’où l’intérêt de cette installation. Attention aux vendeurs zélés qui vont vous faire croire qu’il faut vous équiper avec des climatiseurs réversibles dont le COP l’hiver quand la température descend en dessous de zéro est voisin de 1, vous ramenant à un simple chauffage électrique. Une cheminée avec insert ou un poêle à granulés sont des moyens complémentaires de vous chauffer si vous n’avez ni puits, ni jardin… mais avec des contraintes de stockage et de manutention.

Attention à la ventilation !

Votre maison idéale est certes étanche mais il faut la faire respirer pour renouveler l’air. C’est important pour votre santé. La solution performante est basée sur une VMC (Ventilation Mécanique Contrôlée) double flux qui avant de rejeter l’air vicié de votre intérieur, réchauffera celui importé de l’extérieur et vous permettra d’économiser 10 à 15 % sur votre facture énergétique globale.

Apport énergétique

Il faut aussi disposer d’eau chaude. La solution est le chauffe-eau solaire de 300 litres adossé à 5 m² de panneaux solaires qui va couvrir les besoins d’une famille de 4 à 5 personnes sur environ 9 mois et nécessiter peu d’entretien ; le reste du temps étant couvert par une résistance d’appoint électrique. Le retour d’investissement constaté est de 4 à 5 ans. D’autres solutions utilisant une pompe à chaleur existent mais avec le bémol d’un COP qui s’effondre en hiver. Il faut toujours penser à la maintenance et au coût associé. L’avenir semble tourné vers l’indépendance énergétique avec du solaire photovoltaïque couplé ou pas avec des éoliennes de 3 à 5 KW.

 

Economiser l’eau

Les évolutions climatiques, l’envol des tarifs doivent nous conduire à nous interroger sur la démarche associée à la gestion d’une ressource naturelle de plus en plus rare. La solution est simple : prévoir une double desserte notamment vers les toilettes, la buanderie etc pour une alimentation différenciée à partir de puits, ou de réservoir de captage récupérant l’eau de pluie.

Avis d’écologiste

La maison idéale pourra paraître utopique car trop onéreuse. L’essentiel est de respecter les fondamentaux (isolation) et de prévoir des évolutions ultérieures vers des solutions plus performantes. En matière de chauffage, le besoin absolu réside dans un plancher chauffant que l’on peut alimenter par une chaudière classique puis plus tard par une pompe à chaleur ou un mixte à base de solaire. L’idée est de penser le projet globalement en refusant le diktat mercantile des lobbies. Car c’est vous qui allez financer mais surtout vivre dans la maison de vos rêves, alors évitons qu’il ne se transforme en cauchemar !

www.consomaction.eu


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.