Ne sacrifions pas l’autonomie du Front de gauche à des calculs et des analyses superficielles !

Les discussions au sein du Front de gauche ont commencé il y a déjà quelques semaines sur la stratégie à adopter pour les prochaines élections municipales, sur la ville de Toulouse.

 

 

Une volonté d’être autonome, partagée par la majorité des partis du Front de gauche

 

Dans ces discussions internes, le pour et le contre sont pesés. Ainsi, le Parti de gauche estime qu’il y a plusieurs raisons d’être autonomes au premier tour.

 

La première tient à la raison même de la création du Front de gauche. En 2009, nous n’avons pas créé cette force avec l’objectif d’être les « bagages accompagnés » du Parti socialiste. Le PRG, EELV et le MRC font cela très bien, avec les résultats que l’on connaît en termes d’alternative politique et d’influence sur les Solfériniens.

 

La seconde tient à la politique du gouvernement solférinien, qui est une politique sociale-libérale, d’encouragement et de mise en œuvre de l’austérité en France et en Europe. Comment peut-on imaginer que nous ayons encore davantage de points communs que de désaccords avec cette ligne politique ?

 

La troisième tient à l’analyse de la situation politique et aux conséquences à prévoir dans les prochains mois, et en particulier à l’occasion des échéances de 2014 (municipales et européennes.) Les institutions et la 5e République sont décrédibilisées, et le Parti socialiste se révèle impliqué (comme l’UMP et le FN !) dans de nombreuses « affaires » dont on ne connaît qu’une partie, à mon avis. Tout va s’écrouler ! Les militants socialistes sont pour la plupart des gens honnêtes et de bonne foi, mais le parti solférinien est pourri jusqu’à la moelle. Il ne faut pas donner l’impression d’y être liés, où nous coulerons avec lui.

 

Enfin, la quatrième raison tient à la base électorale du Front de gauche sur Toulouse et à son assise militante. Jean-Luc Mélenchon y a réalisé près de 16% aux présidentielles ! Nous avons organisé, le 5 avril 2012, un meeting sur la place du Capitole avec près de 70.000 personnes ! Pourquoi ne pas continuer à réussir tout ce que l’on entreprend dans la 4e ville de France ?

 

Ces raisons nous poussent à affirmer notre volonté d’une liste autonome du parti solférinien toulousain. C’est aussi la position de toutes les autres organisations du Front de gauche, à l’exception du PCF et de la Gauche unitaire de Christian Picquet.

 

Soit 6 organisations sur 8 !

 

 

Des calculs un peu politiciens

 

Quels arguments nous sont opposés ? Deux, essentiellement. Le premier est très calculateur, le second est erroné.

 

Le premier argument –qui a le mérite d’être sincère- est avancé (y compris publiquement) par la direction fédérale du PCF qui estime que pour conserver le maximum de sièges d’élus (voire d’en obtenir davantage), elle a plus intérêt à négocier dès le premier tour avec l’équipe de Pierre Cohen et son premier cercle.

 

C’est une pratique que nous rejetons, la politique est noble et les prises de position ne doivent pas être calculées en fonction des intérêts financiers de nos organisations.

 

Le second argument, avancé par le PCF et la GU, tient à la volonté de ne pas mettre en danger la réélection de Pierre Cohen, face à la droite. Mais nous comprenons tous que cet argument ne tient pas. Une liste autonome au premier tour peut très bien appeler à battre la droite au second tour en cas de non-qualification !

 

Dans l’émission web tv du Journal Toulousain d’il y a quelques jours, François Briançon m’a assuré que Pierre Cohen et lui-même partageaient cette analyse : il peut très bien y avoir des listes distinctes du PS et du Front de gauche au premier tour et défaite de la droite au second.

 

Donc, si la mairie bascule à droite en 2014, ce ne sera pas la faute d’un Front de gauche autonome, mais bien d’une sanction par les toulousains des politiques menées, soit à l’échelon national, soit local.

 

 

La question du second tour

 

Pour le second tour, le Front de gauche aura la même stratégie qu’il a toujours euE : battre la droite. Soit par lui-même s’il y est présent, soit en appelant à voter pour une autre liste de gauche.

 

 

Comment cela va-t-il se résoudre ?

 

Pour 6 des 8 organisations toulousaines du Front de gauche, la décision est prise : il faudra une liste autonome au premier tour.

 

Les camarades du PCF décideront à l’automne –même si l’on sent de la part de la direction fédérale des signes qui ne présagent rien de bon-, et les camarades de la GU décideront en juin –idem pour les signes pas vraiment encourageants.

 

Nous ferons tout pour convaincre tous nos camarades que la ligne de l’autonomie est la plus efficace, la plus sincère et la plus respectueuse pour les milliers de Toulousains qui ont voté pour le Front de gauche en 2012.

 

En attendant, nous travaillons déjà à l’élargissement de notre dynamique, au travail sur notre programme et à la préparation de la campagne !

 

Rémi Vincent

Militant du Parti de Gauche



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