Jean-Luc Moudenc et la dérive berlusconienne de l’UMP

Décidément, Jean-Luc Moudenc est de tous les « bons coups. » Déjà, il y a quelques semaines, il soutenait une loi visant à l’amnistie des exilés fiscaux. Pour ceux qui ont raté ce dont il s’agissait : voilà mon billet de l’époque.

 

Attention ! Dans cette proposition de loi, l’exposé des motifs est tellement mal rédigé qu’il dit quelque chose de différent du corps même de la loi… on proposera aux rédacteurs de suivre les cours de soutien scolaire organisés par l’UMP 31.

 

Bon, et donc hier j’ai appris la nouvelle : Jean-Luc Moudenc a signé la lettre de soutien à Henri Guaino, contre le juge Gentil, lettre signée par une centaine de députés UMP.

 

Pour rappel, le juge Gentil a mis Nicolas Sarkozy en examen. Après cette mise en examen, qui n’est pas une condamnation, ni un réquisitoire, de nombreux supporters de l’ancien Président se sont insurgés. Pourquoi ? Parce que Nicolas !

 

Henri Guaino avait alors estimé que le juge avait « déshonoré un homme, […] déshonoré les institutions et […] déshonoré la Justice. » L’Union syndicale des magistrats (USM) a donc poursuivi Henri Guaino pour ses propos, outrageux à l’encontre du juge Gentil.

 

Et donc, pour en venir à notre homme, Jean-Luc Moudenc est l’un de ces députés qui soutiennent que le juge Gentil a déshonoré les institutions en plaçant Nicolas Sarkozy en examen. Il a signé cette lettre de soutien à Henri Guaino.

 

Complaisant avec les puissants, dur avec les petits

 

Monsieur Moudenc est député, il fait donc la loi. Il est donc censé dire l’intérêt général. Pas celui de ses amis, de son leader politique ou de son parti. L’intérêt de tous et toutes, l’intérêt du corps social dans son ensemble.

 

En signant cette lettre, Monsieur Moudenc porte atteinte au travail de la Justice et de la Police de notre pays, car il soutient Henri Guaino dans ses propos d’attaque envers un juge dans l’exercice constitutionnel de ses fonctions.

 

Et cela est motivé par la défense de son clan : on ne touche pas à Nicolas Sarkozy, on ne le met pas en examen, il n’a jamais rien fait de mal, toute enquête le visant est une enquête politique.

 

Après avoir défendu l’amnistie des traîtres à la patrie, les exilés fiscaux, Monsieur Moudenc est donc opposé au travail de la Justice qui enquête sur Nicolas Sarkozy. Un bel exemple d’attachement à la République et sa devise d’égalité et de fraternité. A croire que le nouveau modèle de la droite ne serait plus le général De Gaulle, mais Silvio Berlusconi.

 

Je conseille à tous citoyens mis en examen ou faisant l’objet d’une enquête (si possible, qu’ils soient d’une banlieue « sensible » ou syndicalistes), de demander le soutien de députés UMP. Je suis sûr qu’ils seront aussi bien défendus par Monsieur Moudenc, qui mettra toute son énergie pour les défendre, a priori et en parallèle à l’action de la Justice.

 

Rémi Vincent

Militant du Parti de Gauche

 



UN COMMENTAIRE SUR Jean-Luc Moudenc et la dérive berlusconienne de l’UMP

  1. Pataub dit :

    Quand on a une classe politique, de droite comme de gauche, extrême ou non, dont le seul but est de piller les citoyens en sombrant dans le mercantilisme avec la fiscalité, on est en droit de se poser la question de savoir si ce pays a toujours une constitution.

    Quand on a une justice qui est partisane, et peu importe le sens, on est en droit de se demander si cette justice est neutre.

    Quand on a des partis politiques qui s’étripent pour conquérir une majorité d’électeurs pour faire des lois clientélistes au détriment des minorités, on est en droit de se poser la question si nous sommes bien en démocratie.

    Quand certains veulent prendre le pouvoir pour assouvir le peuple en ayant la haine de ceux qui pensent différemment, on est en droit de s’interroger sur le bien-fondé de l’organisation politique.

    Quand un peuple doute à ce point de son destin alors que sa classe politique dispose de toute la richesse produite, alors il est temps de constater que c’est sa constitution, sa justice, sa démocratie et son organisation politique qui sont en cause et qu’il est nécessaire de faire évoluer, mais surement pas en donnant plus de pouvoir aux uns et aux autres, mais en redonnant la parole au peuple à travers une assemblée constituante en supprimant les abus de pouvoir.

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