JT 258 – Ferroutage…

Ferroutage

Arlésienne ou réalité ?

Cela fait plusieurs décennies que les écologistes en parlent et que le lobby des autoroutes, des camionneurs et de la SNCF, freinent des quatre roues. Enfin ça y est, Dominique Perben, ministre français chargé des transports, et Lucien Lux, ministre luxembourgeois chargé de l’environnement, ont inauguré le 29 mars à Bettembourg au Luxembourg l’autoroute ferroviaire qui reliera en juillet le Grand Duché à Perpignan (Pyrénées-Orientales).

Transports : 21 % des Gaz à effet de serre
Rappelons qu’il apparaît nécessaire que le ferroutage prenne son élan en France car le système de transport de marchandises actuel entraîne sur le plan environnemental des impacts significatifs en termes de bruit, de pollution de l’air, d’occupation de l’espace et d’accidents routiers avec toutes les conséquences que cela entraîne sur la santé, la qualité de vie des populations et à plus grande échelle le climat de la planète. De plus une étude du ministère de l’équipement et des transports le prévoit en augmentation de 50 % dans les 20 prochaines années ! Si les transports sont responsables de 21% d’émission de GES (gaz à effet de serre), la route à elle seule compte pour 93 % du total des émissions.

Axe nord sud
Cette ligne qui traverse la France sur une distance de 1 060 kilomètres acheminera à terme 30 000 camions par an et évitera 80 % des émissions de CO2 qui y sont liées (20 000 tonnes de CO2 par an). Elle permettra en outre aux transporteurs routiers de réduire la durée du trajet (14h30 contre 17 à 22 heures par la route), le coût du transport d’environ 10 % (900 € contre 1000 € par la route), et de soulager les axes autoroutiers (A6, A7, A9, A31) parmi les plus saturés de France. « Grâce à un aller-retour quotidien, l’autoroute ferroviaire permettra de transporter 30 000 remorques par an, soit environ 10 % du trafic réalisant le trajet complet entre la frontière espagnole et le Luxembourg », indique le ministère des Transports, de l’Equipement, du Tourisme et de la Mer dans un communiqué. L’objectif poursuivi à l’horizon 2012-2014 est d’augmenter cette fréquence pour atteindre 10 trajets quotidiens soit 300 000 camions transportés par an sur cet axe. La ligne sera exploitée par Lorry-Rail, société commune à la Caisse des dépôts et consignations qui en détient 42,6 %, au groupe Vinci (19,9 %), à la SNCF, aux Chemins de fer luxembourgeois, à Modalohr (12,5 % chacun) et à l’organisation professionnelle TLF (Transport et Logistique de France), détentrice d’une action. L’aménagement du gabarit de la voie, les équipements et les infrastructures représentent un investissement de 62,5 millions d’euros, dont 36 pour la France, 20 pour Lorry-Rail (la société qui exploitera la ligne) et 6,5 pour le Luxembourg.

Ferroutage un retard de 10 ans
Avec seulement 175 km exploités entre la Savoie et Turin, en Italie, la France fait figure de bon dernier en Europe. Certes, cette autoroute ferroviaire alpine (AFA), exploitée depuis novembre 2003 par une société privée, filiale commune de la SNCF et de son homologue italienne Trenitalia a vu sa fréquentation augmentée en deux ans pour atteindre 20 000 camions sur l’année 2006. L’extension de cette autoroute est à l’étude vers l’agglomération lyonnaise et le nord de l’Europe et pourrait également être mise en réseau avec l’autoroute ferroviaire Perpignan-Luxembourg. Plusieurs axes représentant plusieurs milliers de Km sont déjà exploités entre nos voisins allemands, autrichien, suisses et italiens. D’autres autoroutes ferroviaires sont en projet, notamment le projet d’autoroute ferroviaire Atlantique. Il pourrait être développé dans un premier temps entre la frontière Espagnole et le Sud de l’Ile-de-France, puis prolongé vers le Nord de la France et vers l’Espagne après la mise en service du « Y basque ».

Avis d’écologiste
10 ans, ou plus que les écologistes demandent la mise en place du ferroutage, mais en vain. Premier transporteur routier, la SNCF, n’était pas vraiment pressée de passer à l’acte et pourtant s’il est un secteur polluant sur lequel on peut intervenir, c’est bien celui-là. Avec pratiquement 25% de responsabilité dans les émissions de GES, on peut faire des progrès significatifs. Il convient de ne pas oublier un autre aspect du problème, la sécurité. Responsables de la majorité des accidents graves sur autoroutes, la mise sur les trains des camions fera baisser la mortalité sur ce secteur, ce qui n’est pas négligeable !



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