JT 251 – Economie et climat !

Economie et climat !

Le GIEC (Groupe d’experts Internationaux sur l’Evolution du Climat), a rendu ses conclusions le 2 février dernier à Paris. Réchauffement moyen de 1,9 à 4,6°C, élévation du niveau des océans pouvant atteindre 0,59m, phénomènes extrêmes (tornades, inondations…) nul ne peut ignorer désormais les effets programmés de notre laxisme en matière de pollution planétaire. Ce qui il y a encore 10 ans était considéré comme élucubration d’écologiste, est devenu une certitude scientifique.

Les effets sur l’hydrologie et les ressources en eau

Un tiers de la population mondiale, soit environ 1,7 milliard de personnes, vit actuellement dans des pays qui subissent un stress hydrique (manque eau). D’après les projections, ce chiffre devrait être porté à quelque cinq milliards de personnes d’ici 2025, compte tenu du taux de croissance démographique. Le changement climatique projeté pourrait en outre avoir un effet négatif sur le débit des cours d’eau et la réalimentation des nappes souterraines dans beaucoup de pays exposés au stress hydrique – notamment en Asie centrale, en Afrique australe et dans les pays du bassin méditerranéen. La demande d’eau augmente généralement en raison de la croissance démographique et du développement économique.

Quels seraient les effets sur l’agriculture et la sécurité alimentaire ?

Une hausse des températures, et par conséquent une augmentation des pertes par évaporation des cultures, se traduira par une augmentation de la demande d’eau aux fins d’irrigation. La plupart des études indiquent qu’une élévation de quelques degrés Celsius ou plus de la température annuelle moyenne à la surface du globe entraînerait une hausse des prix des produits alimentaires par suite d’un ralentissement de la progression de l’offre alimentaire mondiale par rapport à l’accroissement de la demande. Selon les études, le changement climatique réduirait les revenus des populations vulnérables et augmenterait le nombre absolu de personnes exposées à la sous-alimentation. Il est établi, que le changement climatique, notamment par le biais de l’accroissement des phénomènes extrêmes et des déplacements dans le temps et dans l’espace, aggravera l’insécurité alimentaire en Afrique.

Effets sur les écosystèmes terrestres et d’eau douce

La répartition, l’importance et la densité des populations ainsi que le comportement de la flore et de la faune sauvages seront affectés directement par les changements du climat mondial et régional, et indirectement par les modifications de la végétation. Le changement climatique provoquera une perte d’habitats pour les poissons d’eaux froides et tempérées et un gain d’habitats pour les poissons d’eaux chaudes. Sans une gestion appropriée le XXIème siècle verra l’extinction de certaines espèces actuellement classées comme “gravement menacées” ainsi qu’une raréfaction de la plupart des espèces considérées comme “menacées ou vulnérables”, ce qui les rapprochera de l’extinction.

Effets sur écosystèmes marins

Par suite du changement climatique, beaucoup de zones côtières devront faire face à une multiplication des inondations, à une intensification de l’érosion, à la disparition de zones humides et de mangroves et à l’envahissement des nappes aquifères par de l’eau de mer. L’évolution du climat, qui se traduira notamment par une élévation du niveau de la mer, aura pour effet d’amplifier les effets des tempêtes, et en particulier les inondations dues aux ondes de tempête et l’érosion des côtes.

Effets sur la santé

Dans l’ensemble, les effets des changements climatiques néfastes à la santé seront particulièrement marqués parmi les populations vulnérables à faibles revenus, principalement dans les pays tropicaux et subtropicaux. L’augmentation des températures et de la teneur en humidité ainsi que les effets de la malnutrition, provoqueront une aggravation des maladies comme le paludisme, et les risques viraux (grippe aviaire etc). La mortalité des populations les plus vulnérables (personnes âgées, enfants…) devrait augmenter de façon sensible. Seul le renforcement de l’infrastructure de santé publique, une gestion de l’environnement prenant en compte la santé (qualité de l’air et de l’eau, sécurité alimentaire, urbanisme et architecture domiciliaire, gestion des eaux de surface, etc.) et la mise à disposition de moyens sanitaires appropriés permettront de faire face aux risques sanitaires. Oui mais à quel coût ?

Impacts économiques

A l’échelle du globe, les pertes économiques imputables aux événements catastrophiques ont été multipliées par 10,3, passant de 3,9 milliards de dollars des Etats-Unis par an dans les années 50 à 40 milliards de dollars par an dans les années 90. Durant la même période, la fraction assurée de ces pertes est passée d’un niveau négligeable à 9,2 milliards de dollars par an. Le changement climatique et l’évolution anticipée des phénomènes météorologiques qu’on estime liée à ce changement auront pour effet d’augmenter l’incertitude propre à l’évaluation actuarielle des risques. Ces développements devraient exercer une pression à la hausse sur les primes d’assurance et/ou pourraient entraîner la réévaluation de certains risques comme non assurables et la suppression ultérieure de la couverture correspondante. Il s’ensuivrait une augmentation des frais d’assurance, un ralentissement de la progression des services financiers dans les pays en développement, une moindre disponibilité des assurances aux fins d’une répartition des risques et un accroissement des demandes d’indemnisation publique consécutives à des catastrophes naturelles. Si de tels changements se produisent, on peut prévoir une modification des rôles respectifs du secteur public et du secteur privé dans le domaine de l’assurance et de la fourniture des ressources requises pour gérer les risques.

Repenser notre modèle économique

Une politique de développement durable ne peut pas consister seulement à ajouter une couche d’environnement sur nos modes de production et de consommation actuels, à l’instar de ce que font trop souvent les entreprises. Elle implique de redéfinir l’ensemble des objectifs et la régulation de notre système économique de manière solidaire. Certains proposent pour ce faire d’entrer en décroissance, un mot d’ordre avancé par les écologistes les plus radicaux. Ce courant est issu d’une critique du développement apparue dans les années 70, qui récusait aussi bien le productivisme capitaliste que celui du socialisme réel, inscrits tous deux dans une conception du progrès héritée du scientisme positiviste du XIXe siècle, selon laquelle toujours plus signifie nécessairement toujours mieux. Les partisans de la décroissance affirment que la rupture avec nos modes de production et de consommation actuels est incontournable.

Finalité de l’activité économique

Il nous faut en effet reposer en termes neufs la question des finalités de l’activité économique. Une transformation rapide et profonde de nos modes de production et de consommation, permettant une décroissance physique des consommations de matières premières et d’énergies non renouvelables, est assurément indispensable. Cette transformation doit-elle pour autant se traduire par une décroissance, si l’on entend par là une baisse du produit intérieur brut (PIB) d’année en année ? Pas sûr que cela faciliterait les choses, car, pour y parvenir, il va falloir transformer de fond en comble nos manières de produire, nos systèmes de transport, l’urbanisme de nos villes… Bref, réaliser en un temps très court une quantité impressionnante d’investissements. Tout en donnant un prix à des choses qui aujourd’hui sont gaspillées parce que leur usage est gratuit. Cette révolution est en elle-même un puissant facteur de croissance.

Le temps de l’action ?

La décision démocratique est victime d’un triple handicap, à la fois temporel, spatial et social. Temporel, parce que le temps du politique n’est pas à la mesure des enjeux. Les responsables politiques, soumis au verdict fréquent des électeurs, sont peu enclins à agir pour éviter des risques dont la manifestation sera lointaine. D’où le rôle essentiel de la mobilisation citoyenne pour forcer les politiques à l’action.

Le handicap est aussi spatial : l’Etat-nation centré sur son territoire demeure le principal acteur politique sur notre planète. Alors que nous sommes confrontés à des problèmes globaux, il n’existe aucune autorité environnementale à l’échelle mondiale, alors qu’il en existe en matière financière ou commerciale avec le Fonds monétaire international et l’Organisation mondiale du commerce. Ce qui incite peu les différents acteurs à agir pour le bien commun. Pourquoi engager des actions coûteuses pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre si les autres n’en font pas autant ? Là encore, le rôle des organisations non gouvernementales peut être essentiel pour forcer nos dirigeants à s’entendre.

Enfin, troisième handicap qui pèse sur la décision démocratique : la question sociale. Comment mettre en œuvre des modes de production et de consommation économes en ressources dans un monde où les richesses sont aussi inégalement réparties au sein des nations comme entre nations ? On n’y parviendra pas sans rendre le monde moins inégal et plus solidaire. D’où l’importance des transferts Nord-Sud pour maîtriser le changement climatique ou le souhait d’un New Deal écologique avec le Sud.

Avis d’écologiste

De 1980 à 2000, chaque point de croissance du PIB en France a engendré quasiment un point de croissance de la consommation d’énergie primaire dans notre pays. Toutes les études montrent que la croissance est synonyme d’augmentation de production de gaz à effet de serre. C’est toute une philosophie basée sur croissance, consommation qu’il faut revoir. Nous sentons bien que nous ne pouvons pas continuer à produire pour produire. Le tout jetable n’est pas acceptable. Nous ne réparons plus rien, une imprimante en panne, coûte plus cher à réparer qu’une neuve, nous produisons des TV plasma et/ou LCD qui consomment 3 à 4 fois plus que nos modèles précédents. Nous savons que l’eau est déjà pour certains et va devenir pour tous une denrée rare. Que voyons-nous, la Région va augmenter son budget d’aide à l’irrigation et les viticulteurs parlent d’irriguer leurs vignes, alors qu’il faudrait mettre en place un plan de gestion et d’économie de nos ressources en eau. En fait il faudrait peser chacune de nos décisions selon des facteurs économiques, sociaux mais aussi environnementaux avec un pouvoir de veto sur ce dernier critère. Si nous possédons des organisations mondiales sur le commerce, les finances, rien à ce jour sur le risque climatique. Vite créons une gouvernance mondiale sur le développement durable au sens non pas économique mais environnemental.



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