JT 249 – Au chevet de la planète

Au chevet de la planète

Près de 500 experts ont commencé à travailler ensemble, lundi 29 janvier à l’Unesco à Paris, pour faire un état des lieux sur le réchauffement climatique qui menace la planète d’ici la fin du siècle. Les délégués du Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) doivent rendre vendredi un “résumé à l’intention des décideurs”, synthèse en une dizaine de pages des quelque mille pages de leur 4ème rapport scientifique. Ce texte sera négocié en détail avant d’être adopté par consensus et présenté le 2 février.

Naissance du GIEC

Créé en 1988 à la demande du G7 (groupe des 7 pays les plus riches : USA, Japon, Allemagne, France, Grande Bretagne, Canada, Italie), le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a été mis en place par l’OMM (Organisation Météorologique Mondiale) et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE).

Qui est le GIEC

Le GIEC est un organe intergouvernemental qui est ouvert à tous les pays membres du PNUE et de l’OMM. Il tient environ une fois par an une assemblée plénière, au cours de laquelle il prend des décisions concernant sa structure, les principes et les procédures qu’il entend appliquer et son programme de travail, et procède à l’élection de son président et de son Bureau. À cette occasion, il approuve le champ d’application des rapports à produire et accepte les rapports établis. Ces assemblées se déroulent dans les six langues des Nations Unies et réunissent habituellement des centaines de représentants des gouvernements et des organisations participantes.

OMM


Établie à Genève, l’Organisation météorologique mondiale, qui compte 185 Membres, est le porte-parole scientifique autorisé du système des Nations Unies pour tout ce qui concerne l’atmosphère et le climat de notre planète. L’OMM a pour mission de faciliter la coopération mondiale en matière d’observation et de services météorologiques, d’encourager l’échange rapide de l’information météorologique, ainsi que la normalisation des observations météorologiques et d’assurer la publication des données d’observation et des statistiques correspondantes. Elle a aussi pour but de favoriser les applications de la météorologie à l’aviation, à la navigation maritime, aux secteurs de l’eau et de l’agriculture et à d’autres activités humaines, de promouvoir l’hydrologie opérationnelle et d’encourager la recherche et la formation météorologique.

PNUE

Créé en 1972, le PNUE est la plus haute autorité environnementale au sein du système des Nations Unies. Le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (United Nations for Environment Program) joue le rôle de catalyseur, de défenseur, d’instructeur et de facilitateur œuvrant à promouvoir l’utilisation avisée et le développement durable de l’environnement mondial. A cette fin, le PNUE collabore avec de nombreux partenaires, dont des organes des Nations Unies, des organisations internationales, des gouvernements nationaux, des organisations non gouvernementales, le secteur privé et la société civile.

Le travail du PNUE consiste à évaluer les conditions et les tendances environnementales mondiales, régionales et nationales ; développer des instruments environnementaux nationaux et internationaux ; renforcer les institutions afin d’assurer une gestion avisée de l’environnement ; faciliter le transfert des connaissances et de technologies pour un développement durable ; encourager de nouveaux partenariats et de nouvelles perspectives au sein de la société civile et du secteur privé.

Afin d’assurer son efficacité au niveau mondial, le PNUE entretient six bureaux régionaux, en plus d’un réseau grandissant de centres d’excellence tel que la Base de donnée des ressources mondiales ou GRID (Global Resource Information Database) et le Centre de surveillance de la conservation de la nature (UNEP-WCMC). D’autres bureaux importants du PNUE sont à Genève et à Paris où se trouve la division du PNUE chargée de la technologie, de l’industrie et de l’économie.

Le PNUE héberge également les secrétariats de nombreuses conventions environnementales internationales, dont le Secrétariat de l’Ozone et le Fonds multilatéral du Protocole de Montréal et les secrétariats de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction, de la Convention sur la diversité biologique, la Convention sur les espèces migratoires ainsi qu’un nombre grandissant d’accords liés aux substances chimiques, dont la Convention de Bâle sur le contrôle des mouvements transfrontières des déchets dangereux et la Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants.

Le PNUE restant un programme, n’a pas les mêmes prérogatives que des agences telles que l’OMC ou l’OMS. C’est la raison pour laquelle, certains pays, dont la France plaide pour en faire une Organisation des Nations Unies pour l’Environnement (ONUE). Elle pourrait travailler à l’édification d’un code des règles environnementales donnant une plus grande cohérence au droit environnemental et instaurer des relations plus équilibrées avec les autres grandes institutions internationales (OMS, OMC, OMPI, etc…).

Organisation du GIEC : trois groupes de travail

Le GIEC se compose de trois groupes de travail et d’une équipe spéciale pour les inventaires nationaux de gaz à effet de serre.

Le Groupe de travail I évalue les aspects scientifiques du système climatique et de l’évolution du climat.

Le Groupe de travail II s’occupe des questions concernant la vulnérabilité des systèmes socio-économiques et naturels aux changements climatiques, les conséquences négatives et positives de ces changements et les possibilités de s’y adapter.

Le Groupe de travail III évalue les solutions envisageables pour limiter les émissions de gaz à effet de serre ou atténuer de toute autre manière les changements climatiques. Une équipe spéciale pour les inventaires nationaux de gaz à effet de serre est chargée de mettre en œuvre le Programme du GIEC pour les inventaires nationaux de gaz à effet de serre.

Chaque groupe de travail, de même que l’Équipe spéciale, a deux coprésidents, l’un représentant les pays développés et l’autre ceux en développement, et dispose d’une unité d’appui technique.

Travaux du GIEC

Le premier Rapport publié en 1990, a confirmé les informations scientifiques sur lesquelles étaient fondées les préoccupations relatives à l’évolution du climat. Il a amené l’Assemblée générale des Nations Unies à décider d’élaborer une Convention cadre sur les changements climatiques (CCNUCC) qui a reconnu l’existence du changement climatique d’origine humaine. À l’issue de 15 mois de négociations, la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) a été définitivement mise au point en mai 1992, et a été ouverte à la signature à la CNUED (le Sommet planète Terre) à Rio de Janeiro au Brésil le 4 juin 1992.

Deuxième Rapport

Le deuxième Rapport d’évaluation, «Climate Change 1995»(Changements climatiques 1995), a été présenté à la deuxième session de la Conférence des Parties à la CCNUCC et a fourni la matière de départ des négociations du Protocole de Kyoto issu de la Convention.

Troisième Rapport

Le troisième Rapport d’évaluation, «Climate Change 2001» (Bilan 2001 des changements climatiques), atteste de la responsabilité de l’homme dans le réchauffement constaté au cours du 20ème siècle, prévoit une aggravation du phénomène dans les décennies à venir et confirme la nécessité d’une action globale pour le limiter. La prédiction du réchauffement climatique lié aux activités humaines repose sur une hiérarchie de modèles, des plus simples aux plus complexes : les modèles couplés océan atmosphère qui permettent d’en prévoir la répartition géographique et les caractéristiques. C’est à partir de cette approche de modélisation que le troisième rapport du GIEC prédit à l’horizon 2100 un réchauffement moyen compris entre 1,4 et 5,8 °C.

Les rapports spéciaux

Les rapports spéciaux fournissent une évaluation relative à une question précise dont une qui pourrait à terme impacter notre région : Aviation and the Global Atmosphere (L’aviation et l’atmosphère planétaire). Il fait état du danger que représente l’aviation pour le climat…

Avis d’écologiste

Après le fiasco de Nairobi (dernière conférence climatique, voir JT fin 2006), je suis assez septique non pas sur l’évaluation des risques mais sur les actions concrètes qui en résulteront. Pour répondre aux questions de nombreux fidèles du JT, nous sommes sûrs de trois choses. Le climat se réchauffe, il l’a déjà fait dans le passé mais sur plusieurs siècles ou millénaire. Là nous sommes sur des durées de 30 à 50 ans. Le chauffage de la Terre au travers de l’activité humaine et des gaz à effet de serre augmente. Enfin, une certitude, si nous ne changeons pas notre mode de vie, ce sont les enfants qui sont en maternelle ou CP aujourd’hui qui demain récolteront ce que nous avons semé…



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