Journée mondiale de l’eau 2013: La coopération dans le domaine de l’eau

Si, dans nos pays industrialisés, nous sommes « accoutumés » à l’eau potable, 50% de la population mondiale n’y a pas accès. L’eau insalubre est la première cause de mortalité dans le monde. Depuis le 22 décembre 1992 et l’adoption à l’Assemblée Générale des Nations Unies d’une résolution à ce propos, le 22 mars de chaque année est la Journée Mondiale de l’Eau. L’objectif de cette journée dédiée est d’attirer l’attention sur l’importance de l’eau douce et de soutenir la gestion durable des ressources en eau douce. En 2012, la thématique était : l’eau et la sécurité alimentaire. En 2013, la journée est placée sous le thème de la coopération dans le domaine de l’eau. Ressource universelle, vitale et précieuse, l’eau, au cœur de la coopération mondiale.

 

L’Agence de l’eau Adour Garonne

Les projets de coopération décentralisés

L’Agence de l’eau Adour Garonne soutient techniquement et financièrement depuis 2005, en partenariat avec des collectivités territoriales et des ONG, des projets de solidarité dans vingt-deux pays. Dans ce cadre, depuis près de huit ans, 200 projets internationaux ont été financés, pour près de 10,8 M€ d’aides apportées à des projets de solidarité internationale. Rencontre avec Joël Marty, responsable des relations internationales à l’Agence de l’eau Adour Garonne.

Joël Marty, en quoi consiste votre mission de responsable international au sein de l’Agence Adour Garonne ?

Mon travail consiste à coordonner les actions produites par l’Agence en matière de coopération décentralisée, qui sont menées en liaison avec les collectivités du bassin. Cela englobe la coordination interne puisque nos délégations ont une part importante dans le montage des opérations, mais aussi une action de représentation à l’étranger. Il y a aussi un travail inter-agence, puisqu’Adour Garonne est le chef de file des Agences de l’eau françaises sur ce thème-là.

Vous organisez, autour de la date du 22 mars, un festival nommé « Des Hommes, de l’Eau, des Frontières… » Pouvez-vous nous en dire plus ?
 
Oui, la Journée Mondiale de l’eau est un rendez-vous international majeur. A travers des festivals qui existaient déjà, nous proposons un zoom sur la politique de l’eau. Nous essayons de montrer en quoi ces actions peuvent aider les populations. Nous avons essayé de transcrire, par les différentes soirées projection-débats que nous proposons, la mosaïque des situations autour de l’eau. Ce sont des événements qui ont la capacité d’émouvoir un public. Aborder le public par le support culturel, est une approche nouvelle pour nous. Le cinéma est un bon vecteur. Dans cette opération, la mission première de l’Agence est de faire se parler entre eux les acteurs de l’eau. Chaque projection est suivie d’un débat avec le réalisateur et des acteurs locaux liés au territoire.

 

Projection-débat « Rios de hombres » le 23 mars

A Toulouse, vous proposez trois soirées…

Nous proposons au public trois situations différentes qui se complètent. Il y a eu la soirée du 19 mars « L’eau de chez nous, l’eau de chez eux » en présence du réalisateur et de Shaddad Attili, Ministre Palestinien de l’eau, puis la soirée du 20 mars présentant une situation en temps de paix avec un partage de l’eau, autour du fleuve Sénégal. Le public peut encore assister à la prochaine projection-débat « Rios de hombres » un film bolivien, qui aura lieu le 23 mars à partir de 16h au Cinéma l’ABC dans le cadre du festival Cinélatino. Nous n’avons pas choisi de ne montrer que des choses positives, il faut avoir un regard critique aussi. Tout ne peut pas être traité par de la coopération. Nous commençons à nouer des partenariats, avoir des méthodes qui fonctionnent, nous nous perfectionnons aussi en avançant sur les projets, en apportant les réponses les plus adaptées aux acteurs des territoires concernés.

Comment une mission de coopération débute-t-elle ?

La plupart du temps, l’Agence est saisie par une collectivité désireuse d’engager une action de solidarité. Il y a deux types de coopération. Le premier, l’Agence en partenariat avec la collectivité locale et une ou plusieurs ONG, finance un équipement pour traiter l’eau dans un pays prioritaire pour l’Agence. Nous accompagnons ce financement par de la formation, de la sensibilisation et tout ce qui aidera les personnes à s’approprier l’équipement, l’entretenir. Le second volet est le travail en relation avec l’institution. C’est-à-dire nous allons l’accompagner dans la méthodologie de la gestion de l’eau. Comme nous le faisons avec l’autorité Palestinienne de l’eau par exemple. Nous accompagnons leurs actions en appui technique, pour la définition précise des besoins, la réalisation du cahier des charges, nous rassurons aussi les bailleurs de fond…

« Priorité à l’eau potable »

La Palestine, une zone où la situation est conflictuelle…

Oui, pour la Palestine le sujet était délicat. Sans prendre parti, il fallait donner la priorité à l’eau potable. Nous ne nous rendons pas compte ici de ce que représentent les maladies causées par l’eau… Par exemple, nous menons des actions depuis 2005, à l’initiative d’une ONG (ACAD) et des villes de St. Pierre d’Aurillac et de Fargues de Langon en Gironde, avec la ville de Tubas en Palestine. Au fil du projet, d’autres collectivités se sont ajoutées : les régions Aquitaine et Midi-Pyrénées, la ville de Toulouse. Pour les 26 000 habitants de Tubas, la situation en matière d’eau potable et d’assainissement était très préoccupante. La population était alimentée une fois par semaine par une eau fortement chargée en nitrate. La municipalité était contrainte d’acheter de l’eau à des tarifs parfois très élevés. Le travail de coopération a permis de faire en sorte que les Tubassis disposent aujourd’hui d’une eau de qualité chaque jour, pratiquement sans interruption.

Un exemple bien concret d’une action de coopération décentralisée…

Le projet Tubas a constitué le point de départ de nombreuses actions de solidarités internationales des collectivités françaises en Palestine. Ces actions sont aujourd’hui complétées par une convention de partenariat entre l’Agence de l’Eau Adour Garonne et l’autorité palestinienne de l’eau. Dans notre nouveau programme qui s’étend de 2013 à 2018, 1% du budget de l’Agence est alloué à ces actions de partenariat, de coopération. Ce 1% a un effet levier. Nous ne sommes jamais seuls financeurs, bien souvent nous sommes déclencheurs. Les collectivités territoriales, même les plus petites, ont la possibilité de participer à ces actions de solidarité. Nous préparons d’ailleurs un guide à leur intention, pour leur permettre de s’engager dans de la coopération.

 

Marie-Agnes Espa

Les rendez-vous

22 mars, Forum de l’eau à l’hôtel de région de 9h à 20h, ateliers, colloque, débats. Inscription gratuite mais obligatoire sur www.forumregionaleau2013.fr

23 mars, 16h30 à l’ABC, entrée gratuite. Projection débat du film bolivien « Rios de hombres »



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