Journée de l’audition: Une édition qui bat pavillon Senior !

Pour sa 16e édition, la campagne d’information et de sensibilisation de la Journée Nationale de l’Audition s’adresse en priorité aux seniors. Selon l’association éponyme, 7% des Français souffriraient d’une perte auditive et seulement 15%, concernés par une perte d’audition liée à l’âge, la presbyacousie, sont appareillés. En 2013, l’association essaie de se faire entendre grâce à ce slogan accrocheur : « Être équipé de protections auditives individuelles, c’est bien mais les porter c’est mieux ! ». L’ouïe, enjeu de santé publique, facteur du « bien vieillir » mais aussi de qualité de vie au quotidien.

 

La presbyacousie chez les seniors

L’acuité auditive et les relations sociales

Plus on avance dans la vie, plus l’acuité auditive s’émousse. Cette altération « naturelle », la presbyacousie, qui survient avec l’âge n’est plus un secret et ne doit plus être un tabou ! Moins entendre, c’est parfois et pour certains se couper du monde.

Cette perte d’audition est souvent synonyme d’isolement. Par peur de lasser son entourage à répéter, peur du ridicule, ou crainte de ne pas comprendre les autres, les seniors concernés, finissent par se mettre en retrait de la société. Petit à petit, ils se coupent du monde alors que lorsqu’il s’agit par exemple de problèmes de vue, ils se prennent au contraire en charge, en allant consulter un ophtalmologue voire en subissant une intervention chirurgicale. Une enquête Ipsos réalisée sur 900 personnes de 50 ans et plus (par l’association JNA), révèle qu’un Français sur deux n’a jamais été faire contrôler son audition. Autre constat troublant : 15% des Français concernés par la presbyacousie sont appareillés. Malgré le fait qu’en cas de nécessité 38% des interrogés se feraient équiper, 55% y sont réfractaires et ne semblent pas y être prêts. Donc, les Français de 50 ans et plus ont parfaitement conscience du phénomène. Ils savent que des solutions existent mais n’y adhérent pas. Dans cette même étude, 71% des interrogés affirment que parler de sa perte d’audition « est tout à fait normal et habituel car cela peut arriver à tout le monde ». De là à passer le cap de l’appareillage, il y a un fossé. Pourquoi ?

 

« Comment ? Vous pouvez répéter ? »

Selon l’association, deux grandes causes expliqueraient ce que l’on pourrait qualifier de déni : le coût supposé de l’appareillage et le faible remboursement de l’Assurance Maladie d’une part, et le tabou social que suggère la perte de capacité auditive d’autre part. Comme le suggère la campagne d’information et de sensibilisation «Journée Nationale de l’Audition » : faire répéter ou répondre à côté de la plaque ne fait-il pas vieux ? Ne serait-il pas plus logique de conserver sa capacité auditive, même artificiellement, que de se couper du monde ? Outre l’isolement, la perte d’acuité place la personne dans un monde silencieux, hermétique aux stimulations sonores du quotidien. Un manque de stimuli qui peut accélérer le vieillissement neuronal. De récentes études démontrent la relation entre la « malentendance » et la dépendance des personnes âgées. La presbyacousie, « même si elle est le résultat d’une altération physique, n’est pas une fin en soi, des solutions existent, un dépistage est possible et accessible. » disent en substance les spécialistes. C’est pour cela que les seniors ont été placés au cœur de cette campagne 2013, la communication auprès d’eux est prioritaire, car selon l’association, « Conserver ses capacités auditives contribue à garder une bonne communication avec sa famille, ses amis, ses collègues. L’ouïe devient un sens au cœur de la qualité de la relation à l’Autre. » Pour JNA, entendre et communiquer est le nouveau levier du « bien vieillir »!

A vos tests, prêts…!

 

Les jeunes s’en mettent plein les feuilles !

Un autre axe de travail de l’association JNA va en direction des jeunes et des risques auditifs liés à l’écoute non maîtrisée de musique amplifiée. Les jeunes, comme leurs aînés rechignent à faire contrôler leur audition, même s’ils reconnaissent, de surcroît, s’exposer de façon excessive au bruit. Selon l’enquête Réunica-Ipsos-JNA 2012, 69% des 13 à 25 ans écoutent quotidiennement de la musique sur leur lecteur MP3, chaîne Hi-Fi ou Smart Phone. Et pour 67% la durée d’écoute quotidienne peut atteindre quatre heures ! Deux paires d’heures d’un son qui n’est pas forcement maîtrisé par jour dans les oreilles, c’est ce que l’on appelle « s’en mettre plein les feuilles ! » Comme le précise l’association, à ces temps d’écoute se rajoutent : « le bruit dans les classes ou amphis, dans le restaurant scolaire, sur le lieu de travail, dans les transports, dans la rue, puis par la télévision… ». Les médecins ORL de la JNA observent d’ailleurs une recrudescence des acouphènes chez les juniors mais pas que. Le phénomène concernerait 2,5 millions de Français. Trop de bruit abrutit, on dort moins bien, on est moins disponible, on a du mal à se concentrer… Maîtriser le volume de ce que l’on écoute et se ménager des pauses auditives contribuera à préserver son précieux capital auditif. A bon entendeur…

Au travail, trop de bruit nuit

 

D’après les chiffres du Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité, le coût moyen d’une surdité professionnelle indemnisée par la Sécurité Sociale représente près de 100 000 euros. Ce qui fait de cette pathologie une des maladies professionnelles les plus coûteuses pour la collectivité. La JNA a fait du bruit au travail, l’un de ses axes de travail majeurs. Que ce soit dans les métiers où le niveau de bruit est reconnu comme par exemple dans le bâtiment, les travaux publics, la métallurgie ou encore la coiffure, les espaces supposés moins bruyants comme les bureaux sont de plus en plus exposés (open space, centres d’appel téléphonique, musique d’ambiance…). Selon l’enquête Réunica-Ipsos-JNA 2011, 35% des personnes en activité professionnelle considèrent que le niveau sonore au travail est trop élevé, de même que 51% des actifs évoluant dans un open space ou une plate-forme téléphonique se disent affectés par les niveaux sonores. Arrêts maladie, incapacités de travail, les troubles de l’audition caracolent en tête des maladies professionnelles en France. Resterons-nous longtemps sourd à cette problématique ?

 

 

La JNA

La Journée Nationale de l’Audition est une association de loi 1901. Ses objectifs sont : « la prévention et la diffusion d’informations dans le domaine de l’audition ». Depuis seize ans maintenant, chaque second jeudi du mois de mars est dédié à la cause qu’est l’audition. De nombreux événements sont organisés pour rassembler les spécialistes de l’audition (audioprothésistes, médecins ORL, orthophonistes…) et les patients concernés que ce soit par le biais d’associations de malentendants ou individuels. L’association s’appuie sur un comité scientifique composé de vingt-six professionnels experts de l’audition. Cette manifestation et ces rencontres permettent de travailler à la prévention des risques auditifs et de communiquer autour de la thématique auprès du grand public. En 2012, plus de 250 000 personnes ont pu réaliser un contrôle de leur audition.

Marie-Agnes Espa

Plus d’info :

http://www.journee-audition.org



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