Halte au racket d’EDF !

L’électricité, c’est 17 % de l’énergie consommée dans le monde et des milliards d’utilisateurs. En France, ce sont 35 millions de foyers qui sont raccordés aux réseaux de distribution au travers de compteurs individuels. La gestion des réseaux, l’arrivée de la concurrence, la régulation de l’offre et de la demande, l’évolution des besoins, et le souci théorique de permettre aux usagers de mieux gérer leur consommation ont fait naître chez ERDF l’idée de changer tous nos vieux compteur mais… à nos frais.

 
L’étrange empressement du gouvernement

Tout a commencé par la publication le 2 septembre dernier du décret N°2010-1022 du 31 août 2010 relatif aux dispositifs de comptage sur les réseaux publics d’électricité. Le texte définit un calendrier de déploiement en France, alors que les expérimentations doivent s’étendre jusqu’au 31 décembre 2010, date à laquelle sera réalisé un bilan. Au-delà, ces compteurs seront imposés pour tout nouveau point de raccordement des installations d’utilisateurs raccordées en basse tension (BT) pour des puissances inférieures ou égales à 36 kVA à partir du 1er janvier 2012. Puis par vagues successives, tous les compteurs basculeront ensuite vers ces dispositifs au plus tard le 31 décembre 2020. On peut donc s’interroger face à une expérimentation aussi courte compte tenu des enjeux. Devant le tollé général, le gouvernement a revu sa copie pour autoriser un bilan à la fin du premier semestre.

Témoignage d’un consommateur pilote

Généralement, vous recevez une lettre vous expliquant que vous faites partie des chanceux qui vont profiter d’un compteur innovant conçu pour votre bonheur et destiné à vous faire économiser des euros… De plus, il est de couleur verte pour bien vous faire sentir la “démarche écolo”. Avec “Linky” sauvons la planète et gonflons les super bénéfices d’EDF. Côté technologie, cet équipement miracle devrait permettre à l’usager de gérer au mieux sa consommation, d’analyser les sources voraces en KW à condition de se connecter par une clé USB pour extraire les informations, ou alors il faudra investir dans un modem ADSL pour lire à distance les éléments d’analyse. Par contre, ce qui n’est pas dit, c’est qu’à terme ce sont environ 5 000 postes de releveurs qui seront supprimés (vive le chômage…), que vos habitudes de vie pourront être étalées sur la place publique (crainte de la CNIL) ou vendues à des fins commerciales ou autres. Bien sûr, l’opérateur pourra vous baisser instantanément la puissance distribuée ou même vous couper. L’objectif final serait de modifier le tarif en fonction des pointes et gare à celles et ceux qui n’auraient pas pu ou voulu souscrire aux services de télégestion (environ 3 €/mois) car si vous ne baissez pas votre consommation,  votre porte-monnaie en pâtira. Intéressant pour un locataire d’HLM de savoir que son appartement mal isolé consomme, mais il vaudrait mieux inciter les gestionnaires de ces logements à investir dans l’isolation… Le quidam, lui, à part vivre en hiver avec des moufles et des habits polaires aura du mal à moins consommer.

 

Scandale financier

Si les petits boîtiers verts ont tendance à disjoncter facilement, le consommateur, lui, disjoncte à coup sûr quand on lui demande de régler entre 200 et 450 € étalés sur 10 ans pour qu’EDF fasse joujou à distance : 2 à 3 €/mois qui vont venir s’ajouter aux 3,4 % d’augmentation de la TURPE (Tarif d’Utilisation des Réseaux Publics d’Electricité) au 1er août, en sus des 3,4 % d’augmentation des tarifs régulés prévus à la même période. 6,8 % : qui dit mieux pour un pays au bord de la rupture sociale ? Jusque là, comme d’habitude, le consommateur n’a aucun élément de comparaison pour savoir sur le petit boîtier vert est vendu au juste prix ou pas. Sauf que, grâce à un lecteur méditerranéen, nous avons appris que la Tunisie et plusieurs pays du Maghreb et du Moyen Orient sont en train de s’équiper eux aussi. Devinez quoi ? Les tarifs y sont inférieurs de 75 %…

Enquête du JT

Si le “Linky” est commercialisé par la société Atos Origin, dirigée par un certain Thierry Breton (ancien ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, ex Président Directeur général de France Télécom) en coopération avec une pléiade de partenaires étrangers constituant un lobby puissant, de l’autre côté de la Méditerranée on a choisi la société CIAC International technologies, basée à Vanves en banlieue parisienne. Cherchez l’erreur ! Le compteur de CIAC IT possède les mêmes caractéristiques que le Linky sauf qu’il est commercialisé, interface consommateur comprise, entre 100 et 120 €. Pour la Tunisie, les 3,5 millions de compteurs baptisés IMS (Intranet Management System) sont intégralement pris en charge par l’opérateur local et amortis en moins de 8 ans. Non seulement on est presque 4 fois moins cher mais en plus, les données sont sécurisées et l’accès client se fait par une interface Web protégée. Si EDF n’a pas su voir un fournisseur sûrement trop proche, les régies locales de production d’électricité elles, ont commencé à appeler à Vanves.

 

Avis de consommateur

J’en ai la plume paralysée. Il ne se passe pas un jour sans que nous ne soyons plongés dans ce magma malsain, sorte de marigot liant en souterrain le monde des entreprises et celui de la politique. Un gouvernement qui pousse à la roue, un ex ministre propulsé à la tête d’une entreprise de Télécom, obligé de démissionner après une phrase qui suffit à tout résumer («la mode des suicides à France Telecom») et que l’on recycle encore et toujours en lui assurant un juteux marché de plusieurs milliard d’euros sur notre dos. Trop c’est trop ! «Virons-les tous !» déclarait récemment un homme politique ulcéré par ces pratiques. Pour le moment, refusez le Linky, même peint en vert, et refusez d’être la vache à lait d’EDF ou ERDF…



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