Grand froid, mode d’emploi

La douceur des températures enregistrées la semaine dernière nous aura presque fait oublier que nous sommes en plein hiver ! Février est un des mois des plus froids de l’année, les températures négatives record et la vague de froid de 2012 nous incitent à ne pas baisser notre vigilance sur le phénomène. Comment veiller au mieux sur les personnes dites vulnérables dans ces périodes à risque, comment se prémunir de l’impact des températures négatives ? Grand froid, mode d’emploi par Marie-Agnes Espa

18° à Perpignan, 16° à Toulouse, les températures quasi printanières de la semaine passée nous ont fait oublier l’hiver ! Même si la vague de froid enregistrée en 2012 a été qualifiée d’« exceptionnelle »,  la saison hivernale 2012-2013 a déjà vu par deux fois, en Haute-Garonne, l’activation du niveau deux du plan Grand Froid préfectoral (fin novembre et début décembre 2012 et mi-janvier 2013). Ce dispositif regroupe les recommandations émises par le Ministère de la Santé et de L’institut National de Prévention et d’Education pour la Santé (INPES) pour prévenir les risques sanitaires liés au froid. Un des axes majeurs de ce plan est la vigilance à l’égard des personnes dites « vulnérables », les personnes sans abri, les personnes vivant dans des logements mal chauffés ou isolés, les jeunes enfants, les personnes âgées ou encore les personnes souffrant de pathologie que le froid aggrave. L’an passé, le pays enregistrait cinq décès imputés au froid, deux personnes sans abri, deux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer (dont une Toulousaine) et un enfant suite à une chute dans un lac gelé. Le 20 septembre 2012, le premier ministre décidait d’engager 50 millions d’euros supplémentaires pour l’hébergement d’urgence et la prise en charge des demandeurs d’asile, une décision qui s’est matérialisée en Haute-Garonne par une augmentation du nombre de places d’hébergement ouvertes. Ainsi, depuis le premier novembre dernier, 170 nouvelles places se sont progressivement rajoutées aux 2 431 disponibles du département. Toujours selon la préfecture, « 1 500 nuitées d’hôtel supplémentaires sont financées, qui s’ajoutent aux 7250 nuitées déjà prévues pour l’année 2012 ».

 

Le 115, 7j/7j et 24h/24h

Les municipalités sont associées à ce plan et y participent (voir encadré 3 questions à Claude Touchefeu) en mettant des lieux d’hébergement à disposition ou par différentes mesures, à l’exemple de la « convention Plan Grand Froid » présentée lors du dernier conseil municipal de la ville rose, liant la commune et ERDF sur la priorisation de zones de travaux de rénovation du réseau ou de la mise en place de postes de distribution d’électricité supplémentaire (entre autres, délibération n°24 du conseil municipal du 25 janvier 2013). Un des autres pans du Plan Grand Froid est l’information, la communication. Des plaquettes pédagogiques sont disponibles pour le grand public : « Comment reconnaître chez une personne exposée au grand froid les signes annonciateurs de l’hypothermie et des gelures », quelles précautions prendre si l’on doit absolument sortir ou prendre sa voiture, comment s’organiser chez soi (surtout pour les personnes seules), autant de conseils simples mais efficaces à appliquer. Un volet de prévention des intoxications au monoxyde de carbone est également consultable. Autre fléau des périodes hivernales, le monoxyde de carbone a été, l’hiver dernier, à l’origine de 541 hospitalisations en France (3 228 personnes exposées).

Le dispositif Grand Froid allie donc information et prise en charge médico-sociale des populations. Lors des périodes d’alertes et de vigilance accrue, les équipes mobiles de veille sanitaire et médico-sociale, SAMU Social et associations humanitaires sont sur le qui-vive, enchaînant inlassablement les maraudes. Œuvrant au maximum de leur possibilité, ces équipes composées souvent de bénévoles, s’engagent sans retenue dans cette lutte contre le froid. Une lutte à laquelle chacun peut participer en apprenant par exemple à reconnaître les signes de l’hypothermie ou en maîtrisant sa consommation d’énergie.

 

Trois questions à…

Claude Touchefeu, adjointe au Maire de Toulouse pour les délégations solidarité, politique de la ville, sociale, prévention et exclusion.

« Pérenniser les places d’hébergement »

Claude Touchefeu, vous êtes adjointe au Maire pour les délégations solidarité, politique de la ville, sociale, prévention et exclusion, en quoi consiste cette délégation ?

 

Ma délégation est assez large : je m’occupe de la rénovation des grands quartiers d’habitat social et de la déclinaison de la politique de la ville dans ces quartiers, je m’occupe également de l’action sociale ou plus exactement de sa coordination car de nombreux élus travaillent dans ce domaine (petite enfance, seniors, handicap, lutte contre les discriminations….). Dans ce cadre je suis directement en charge de la lutte contre l’exclusion et l’accompagnement des publics les plus précaires (SDF, gens du voyage).

 

Lors du déclenchement du plan grand froid, quelles sont les attributions et missions de la ville ?

 

Assurer l’hébergement et l’hébergement d’urgence est une compétence directe de l’Etat.  La mairie de Toulouse aide en quelque sorte l’Etat à assurer cet accueil. En particulier quand les températures chutent en dessous de zéro et que le « Plan Grand Froid » est déclenché. La ville assure l’hébergement  de 47 personnes à l’espace social du Grand Ramier et de 20 autres dans des bungalows installés pour cet usage à proximité du gymnase Montané. Lors de longues périodes de grand froid ou lors de très, très grand froid, nous pouvons mettre un gymnase à disposition en complément.

 

Que pourrait-on améliorer ?

Pour l’ensemble de la période hivernale (de Novembre à Mars) les places supplémentaires sont passées de 40 l’an dernier à 170 cette année (les places « grand froid » venant s’ajouter à celles-ci). C’est un premier pas. Il s’agit aujourd’hui de pérenniser ces places toute l’année ; puis de les compléter par 250 places  diversifiées dans le mode d’accueil. Nous travaillons avec la préfecture dans ce sens, les nouvelles orientations nationales nous en donnent la perspective.

A Toulouse

Au préalable pour être orienté : composer le 115, numéro gratuit et unique pour les urgences sociales

Horaires d’appel pour l’hébergement : 14h30 et 19h

 

Pôle Accueil Information Orientation

76, rue Adolphe-Coll à Patte d’oie  05 34 36 40 30

lundi et jeudi 9 h -12 h 30 et sur rdv le reste de la semaine.

 

Boutique Solidarité

6, rue des Jumeaux (Marengo-SNCF) 05 34 25 03 70

Lundi au vendredi 8h 30 – 12h, fermé le mercredi

 

Equipes Saint Vincent

37 rue des Amidonniers 05 61 12 35 12

Accueil public sur rdv : lundi après-midi, mardi, jeudi.

 

A Montauban

Au préalable pour être orienté : composer le 115, numéro gratuit et unique pour les urgences sociales

Centre d’hébergement et de réinsertion sociale « Le Mourets »

6 avenue des Mourets 05 63 03 19 60

 

Foyer Chanzy

8 rue Chanzy

 

Oasis foyer accueil de jour

1 023 route d’Ardus 05 63 66 84 27

 

Emmaüs de la Ville Dieu du Temple

Domaine de la Panouille Paulet haut à Ville Dieu du Temple

 



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