Farines animales ; Le retour !

S’il est vrai que l’homme oublie vite, impossible de ne pas se souvenir de la crise de la “vache folle” qui, il y a une quinzaine d’années, a fait plus de 200 morts après avoir frappé plus de 200.000 bovins. L’origine en était simple, pour gagner toujours plus, les lobbies de l’alimentation animale, profitant de la complaisance des syndicats agricoles ont amené les éleveurs à nourrir les bovins avec des farines fabriquées à partir de sous-produits issus des abattoirs. Bref, on venait de transformer nos paisibles ruminants en cannibales… Le résultat ne s’est pas fait attendre, des centaines de milliers d’animaux abattus, des milliers d’agriculteurs ruinés et toute une filière détruite. Devinez quoi, voilà que l’on nous propose de recommencer…

 
Le CNA (Conseil national de l’Alimentation) et les autres

Fort de ses 49 membres issus des associations de consommateurs, de producteurs agricoles, de représentants du secteur de la transformation, de la restauration collective, de salariés du monde agricole et de personnes qualifiées, cet organisme est placé sous la tutelle des ministères de la santé, de l’agriculture, de la consommation… Le CNA a pour but de donner des avis sur la politique de l’alimentation assortis de recommandations sur les questions qui s’y rapportent, en particulier quant à l’adaptation de la consommation aux besoins nutritionnels ; la sécurité des aliments pour les consommateurs ; la qualité des denrées alimentaires ; l’information des consommateurs de ces denrées ou la prévention des crises et la communication sur les risques. La France est devenue spécialiste en comités Théodule. Sur le seul domaine de la sécurité alimentaire, outre le CNA, vous trouverez l’AFSSA (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments), l’AFSSAPS (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé), l’INVS (Institut de Veille Sanitaire) sans oublier le HAS (Haute Autorité de Santé)… l’ANSES, l’EFS, etc. Assurément nous devons être bien protégés et pouvons donc dormir tranquilles.

Le côté obscur de la commission européenne

Les lobbyistes sont légion autour du parlement européen. Difficile pour nos eurodéputés de boire un café tranquille dans un bar à Strasbourg ou Bruxelles sans être approchés par des émissaires des grandes sociétés. Il existe même un registre d’enregistrement des lobbyistes à Bruxelles qui en 2009 avait été piraté par une mystérieuse société britannique baptisée Fare Banks plutôt proche de “Forza Italia” de Silvio Berlusconi que de nos amis britanniques. Plus de 1 700 “groupes d’intérêt” sont accrédités auprès du parlement européen et 3 900 auprès de la Commission. L’inscription sur ce registre permet d’être associé à l’élaboration de certaines lois. Cherchez l’erreur ! Récemment en septembre 2010, José Bové député européen (Europe Ecologie) avait fustigé Diana Banati, présidente de l’AESA (Autorité Européenne de Sécurité Alimentaire) qui appartenait au Conseil d’administration d’ILSI (consortium de l’Agroalimentaire et des semenciers pro-OGM), montrant la proximité entre certains élus et le monde économique. 

 


Le retour des farines animales

Pas étonnant dans ce contexte que la Commission soit à l’origine de ce projet de réintroduction des farines animales relayé en France par le CNA. En juillet 2010, Bruxelles avait proposé de lever l’interdiction du recours à certaines farines animales pour l’alimentation des non-ruminants (porcs, volailles, poissons), estimant que les conditions sanitaires d’il y a dix ans ne sont plus d’actualité. Selon l’autorité européenne de sécurité des aliments (AESA), les risques seraient «négligeables» si l’on nourrissait les non-ruminants avec des farines animales sécurisées issues d’espèces différentes (des farines de porc pour les volailles, des farines de volailles pour les porcs). Pour la France, la réintroduction se ferait en deux temps. Tout d’abord en aquaculture (bon appétit pour ceux qui consomment du poisson) et ensuite, extension vers le secteur des porcs et des volailles.

Qu’en pensent les consommateurs ?

Selon un sondage effectué par l’association CLCV (Consommation Logement et Cadre de Vie), 92 % des consommateurs interrogés ont affirmé leur opposition au retour des farines animales. «Les Français restent très marqués par la psychose de la maladie de la vache folle, il subsiste un traumatisme avec les farines animales» estime Charles Pernin, chargé de mission alimentaire à la CLCV. Les professionnels de la filière de viande bovine sont également opposés à ce projet capable de porter atteinte à un secteur déjà fragile.

 


Avis d’écologiste

Sommes-nous gérés par des gens sérieux et finalement cette liberté revendiquée depuis la révolution française, issue du siècle des lumières qui a fait rêver le monde entier, est-elle toujours d’actualité ou est-elle devenue un concept vide de contenu ? Sa déclinaison politique, la démocratie est-elle vraiment d’actualité dans un pays où la volonté du citoyen est chaque jour davantage bafouée ? Les “Indignés” en Espagne, le référendum italien sont autant de signes du ras-le-bol des populations qui ne se reconnaissent plus dans leurs dirigeants, dans le mode de représentativité. Fukushima continue à déverser dans le sol, l’eau et l’air son poison radioactif mais en France, pas de débat. Circulez il n’y a rien à voir. Pourtant l’Allemagne, et maintenant l’Italie décident de sortir du nucléaire. Nous sommes juste en train de sortir d’une crise sanitaire avec la bactérie E.Coli qui vient de faire quinze morts et plus d’un millier de malades que déjà on nous veut remettre dans le circuit alimentaire des animaux nourris avec les farines animales. Est-ce vraiment sérieux ? Je crois qu’il faut rendre pénalement responsables celles et ceux qui cautionnent de telles inepties. Le concept du “jamais responsable”, ne peut cohabiter avec un vrai respect du citoyen.



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.