Du 9 au 24 mai quinzaine du commerce équitable

«Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable lui assurant ainsi qu’à sa famille une existence conforme à la dignité humaine» : article 23 de la déclaration universelle des droits de l’homme.

 
Solidarité et éthique

Le commerce équitable est un partenariat commercial, basé sur le dialogue, la transparence et le respect, qui vise plus d’équité dans le commerce international. Il contribue au développement durable en proposant de meilleures conditions commerciales aux producteurs marginalisés, spécialement dans le Sud, et en sécurisant leurs droits. Les acteurs du commerce équitable, soutenus par les consommateurs, s’engagent à appuyer activement les producteurs, à sensibiliser le public et à se mobiliser pour des changements dans les règles et les pratiques du commerce international conventionnel.

Quels objectifs ?

- Assurer une juste rémunération du travail des producteurs et artisans les plus défavorisés, leur permettant de satisfaire leurs besoins élémentaires en matière de santé, d’éducation, de logement, de protection sociale…
- Garantir le respect des droits fondamentaux des personnes (refus de l’exploitation des enfants, du travail forcé, de l’esclavage…)
- Instaurer des relations durables entre partenaires économiques.
- Favoriser la préservation de l’environnement.
- Proposer aux consommateurs des produits de qualité.
Cette définition et ces objectifs ont été établis par le mouvement international du commerce équitable, représenté par FINE (Fairtrade Labelling Organisations, International Federation for Alternative Trade, Network of European WorldShops, European Fair Trade Association). lFINE regroupe les 4 fédérations internationales de commerce équitable : FLO (Fairtrade Labelling Organizations) International, gestionnaire du système de certification international, EFTA (fédération des importateurs spécialisés), NEWS (fédération des boutiques spécialisées) et IFAT (fédération internationale des organisations de commerce équitable).

Les enjeux d’un commerce équitable

Ces deux dernières décennies, les échanges commerciaux internationaux se sont multipliés aux dépens des pays du Sud, creusant les inégalités entre les hommes et menaçant l’équilibre planétaire.
- Le volume du commerce mondial est aujourd’hui 14 fois supérieur à ce qu’il était en 1950.
- Dans le même temps, la planète a perdu environ 30 % de ses richesses naturelles.
- Il y a 1,3 milliard de paysans dans le monde. 60 millions cultivent avec une machine, 240 millions avec un animal, 1 milliard à la main.
Des millions d’ouvriers et de petits cultivateurs ne jouissent pas des droits fondamentaux tels que les moyens de nourrir leur famille, d’envoyer leurs enfants à l’école et d’investir, ne serait-ce que très modestement, dans un avenir durable. Les avantages du commerce international ne sont en effet pas évidents pour tous. L’accès au marché et l’information sur les prix restent difficilement accessible aux petits cultivateurs, ce qui les rend toujours plus dépendants des intermédiaires. Et lorsque l’année est mauvaise, ils sont nombreux à ne pouvoir vivre de leur travail. Les ouvriers agricoles des plantations sont logés à la même enseigne. Eux non plus ne bénéficient pas nécessairement des avantages du commerce international. Ils touchent un salaire dérisoire, travaillent sans sécurité et vivent dans des conditions difficiles. Souvent, ils sont privés de la liberté d’affiliation à un syndicat, de sorte qu’ils ne peuvent défendre leurs droits. Ils n’ont donc aucune chance de pouvoir participer aux décisions qui influencent leur vie sur la plantation.

Le commerce équitable, 40 ans de combat

Le commerce équitable existe depuis 40 ans. En France, c’est l’abbé Pierre qui, au début des années 1970, lance un appel en faveur du Bangladesh qui connaît alors la famine. Il crée des comités de jumelage et des boutiques “Tiers Monde”. À sa suite, Artisans du monde ouvre sa première boutique en 1974. Max Havelaar France voit le jour en 1993.
Appelé au départ “commerce alternatif”, il a été progressivement mis en place par des ONG dans les années 60 en Grande-Bretagne (Oxfam) et aux Pays-Bas sous forme de boutiques spécialisées. Rapidement, ce concept s’est étendu en Europe et en Amérique du Nord. En France, c’est Artisans du Monde qui au travers de ses boutiques spécialisées, “alternatives” au commerce traditionnel, propose des produits alimentaires et artisanaux provenant des pays du Sud. Il s’agit d’appuyer d’une façon significative les organisations de producteurs et d’artisans en leur ouvrant des marchés et en payant les produits à un prix équitable. Ces boutiques sont également l’occasion d’informer le public sur la réalité de vie des producteurs du Sud et les enjeux des relations Nord-Sud.

 

Les principaux acteurs du domaine

La Plate-forme pour le Commerce Equitable créée en 1997 est le seul organisme national de représentation des acteurs du Commerce Equitable. Elle réunit les organisations nationales actrices du commerce équitable : importateurs, distributeurs, associations de promotion et de labellisation, auxquelles s’associent celles qui appuient cette démarche, telles que des boutiques et des structures de solidarité, et compte aujourd’hui une trentaine de membres. Promouvoir et consolider le commerce équitable en France, telle est la mission essentielle de la Plate-forme.
Equicom, association loi 1901, a pour objectif d’assurer la promotion du commerce équitable en informant le public via Internet. Equicom, site portail et d’information nous informe en dé- tails sur qui fait quoi et où acheter équitable en France.
Max Havelaar est une association créée en 1988 qui appose son label sur des produits garantissant les principes du commerce équitable. L’obtention du label répond à des conditions très précises et implique l’engagement de tous les acteurs de la filière “équitable” : petits producteurs, importateurs, torréfacteurs. Max Havelaar délivre un label de commerce équitable à différents produits de consommation courante : le café, le thé, le miel, la banane, le cacao, le sucre et le jus d’orange et le coton qui respectent dans leur processus de production les droits de l’Homme et l’environnement. À travers le monde, le label est présent sous trois noms : Max Havelaar, Fairtrade et Transfair. Au total, on le trouve dans 40 pays.

Consommateurs

Les consommateurs de 40 pays font confiance au label Max Havelaar pour leurs achats équitables. Ils ont un impact direct en terme de producteurs pour 8 millions de personnes dans 63 pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine. En France nous sommes passés de 125 produits labellisés en 2001 à 2 800 en 2009. Au travers d’une démarche “agenda 21”, plus de 1 000 collectivités se sont engagées à consommer des produits issus du “commerce équitable” et à en faire la promotion auprès des populations.

Avis d’écologiste

Les valeurs d’équité ont pris une réelle importance dans l’esprit des consommateurs : les trois quarts d’entre eux connaissent l’existence du commerce équitable. Au contraire d’un acte de charité ponctuel, l’achat équitable est une démarche citoyenne volontaire. 2/3 des produits sont distribués par la grande distribution. Cela représente une ouverture de marché intéressante à condition que ces méga groupes ne faussent pas l’éthique de la démarche en imposant des prix bas aux producteurs. Pour rassurer le consommateur il conviendrait d’apposer sur les produits une étiquette décomposant le prix global en faisant apparaître la part financière revenant aux producteurs. Citoyens du monde, soyons vigilants !



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