Copenhague ; Ultimatum écologiste !

Des centaines d’icebergs dont un de 150 mètres de long et de 30 mètres de haut, dérivent au sud de la Nouvelle Zélande, la banquise se désagrège au pôle nord, les océans ont de plus en plus de mal à réguler le CO², la fréquence des tempêtes, typhons et autres caprices de la nature affiche une croissance exponentielle, une partie de la Chine est paralysée par la neige, le nord de l’Angleterre est sous l’eau… Autant d’alertes lancées par “Dame Nature” à une civilisation prise en otage entre l’activisme des lobbies productivistes et les rapports sans appel de centaines d’experts qui militent pour l’adoption d’un modèle de développement économique «climatiquement compatible». C’est dans ce contexte que se tiendra à Copenhague du 7 au 18 décembre prochains, le sommet de l’ONU sur le climat.

 
Les certitudes du GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat)

Des centaines de scientifiques (climatologues, glaciologues, océanographes mais aussi épidémiologistes et économistes) du monde entier, faisant fi des clivages politiques, des organisations partisanes ont su mettre en commun des années de travail, de recherche, d’analyse pour publier en préparation de Copenhague plus de 1 600 contributions ayant trait à l’évolution du climat et à ses conséquences pour l’évolution de notre planète. La tendance n’est pas à l’optimisme ! La température moyenne sur Terre a augmenté de 0,6°C depuis la fin des années 1800 et on s’attend encore à une augmentation de 1,4 à 5,8°C d’ici à 2100. Alors que les scientifiques s’accordaient pour une élévation du niveau de la mer de 15 à 58 centimètres à la fin du siècle, l’observation de la fonte des glaces polaires indique que ces chiffres sont à revoir à la hausse de 10 à 20 centimètres. Cette donnée, ainsi que l’augmentation du nombre de populations déplacées à la suite de ce changement, seront un des enjeux majeurs des décennies à venir.

 

L’après Rio

Copenhague sera appelé à remplacer Kyoto comme symbole de la lutte contre le réchauffement climatique. Après avoir ratifié ce même protocole, qui devrait l’amener à réduire de 21 % ses émissions de CO² par rapport à 1990 pour la période 2008-2012, le gouvernement du Danemark, rappelle son projet intitulé “Une vision danoise de la Politique Energétique 2025”, lancé en janvier 2007. Le pays mise sur la diminution de sa consommation pétrolière (d’au moins 15 %), en augmentant de 30 % la production d’énergie renouvelable d’ici 2025. Confrontés collectivement au péril climatique, les dirigeants du monde entier devront parvenir à surmonter leurs divergences d’intérêts de court terme pour se rassembler autour d’un projet politique mondial fondé sur un constat scientifique objectif et ainsi donner une suite au protocole de Kyoto qui soit à la hauteur des enjeux que nous allons devoir tous ensemble affronter dans les décennies à venir. Le résultat de cette conférence dessinera «l’avenir climatique de l’humanité», soulignent les ONG.

L’enjeu de Copenhague

Il s’agit de limiter à 2°C l’ampleur du réchauffement planétaire. Ce sommet doit rassembler 192 pays et vise à définir une vision partagée de la lutte contre le changement climatique et à fixer les objectifs à atteindre à l’horizon 2020 par les pays développés et à l’horizon 2050 par toute la communauté internationale. Des réunions préliminaires organisées par les Nations-Unies devant permettre la rédaction d’un texte support à la conférence ont déjà eu lieu, à New York du 14 au 16 septembre derniers puis à Bangkok (Thaïlande) du 28 septembre au 9 octobre. La Chine, le Brésil et la coalition regroupant les pays en développement y ont accusé les pays riches de tenter de revenir sur leurs engagements. En effet, ces pays réalisent qu’ils seront les premiers à souffrir des impacts du changement climatique et qu’ils doivent absolument réduire eux-mêmes leurs émissions. Mais ils estiment que les pays développés ne font pas d’efforts suffisants et ne les incitent pas à agir, notamment par des transferts financiers et technologiques significatifs.

 

La position d’Obama

«Les Etats-Unis et la Chine ont convenu de coopérer pour faire du prochain Sommet de Copenhague sur le climat une réussite qui conduise à une action immédiate contre la pollution par les gaz carboniques», a rappelé Barack Obama suite à sa tournée asiatique. Pourtant, dans les négociations sur le climat, la Chine et les Etats-Unis n’ont toujours pas répondu aux attentes de la communauté internationale. Les pays du groupe Asie-Pacifique, qui comprend les trois plus gros émetteurs mondiaux de gaz à effet de serre, dont la Chine et les Etats-Unis, ont refusé de s’engager sur des objectifs contraignants concernant les dégagements gazeux. Début novembre, les Etats-Unis ont annoncé qu’ils ne s’engageraient pas à Copenhague sur des objectifs de réduction si les pays émergents n’en font pas autant. Si l’UE avec en fer de lance la France et l’Allemagne multiplient les con-tacts pour sauver Copenhague, rien à 20 jours du sommet  de l’ONU ne semble joué…

Avis d’écologiste

Si quelques illuminés, scientifiques de cocktails, sont dans la négation de l’enjeu climatique, tout laisse à penser que certains lobbies généreux en dollars y sont pour quelque chose… mais il suffit de voir, l’inquiétude de certains îliens du pacifique Sud mais aussi des Américains dont un tiers de la population vit à moins de 100 m d’un littoral pour comprendre que les déclarations du GIEC ne sont pas partout prises à la légère. Si M. Obama devait oublier de se rendre à Copenhague, au-delà de sa popularité qui en serait écornée, il devrait faire face à l’inquiétude des habitants de la Nouvelle-Orléans, de San Francisco ou de certains quartiers de Los Angeles, légitimes à craindre d’avoir un jour les pieds dans l’eau, ce qui peut être de nature à peser sur le débat…



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