Copenhague ; La victoire des marchands du temple !

Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers… à s’être rendus à Copenhague plein d’espoir dans un pays dont on vente généralement les vertus démocratiques et l’ouverture d’esprit. Plutôt musclé l’accueil pour les associations et ONG, comme si les Danois ayant déjà programmé l’échec des négociations, avaient décidé que les coups de matraque serviraient de pédagogie environnementale. Au final, pas d’accord, juste une déclaration d’intention et l’incapacité de l’Europe à faire entendre sa voix.

 
Le contexte

D’un côté les centaines de scientifiques du GIEC (Groupe Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat) qui inlassablement ont essayé de démontrer la gravité de la situation de façon méthodique, chiffres et observations à l’appui et de l’autre, quelques négationnistes troublions financés par les pétroliers et pays du Golfe essayant de jeter le trouble. Au milieu, des politiques englués entre leur besoin de cultiver une image un peu écolo et la pression des lobbies et des financiers. Le pataquès de Copenhague est à l’échelle du chaos du monde actuel. Le fait que les dirigeants du monde aient été capables de sauver le système bancaire et de débloquer des milliards de dollars (qu’ils n’avaient pas en poche pénalisant ainsi le futur) et qu’ils aient démontré leur incurie à sauver l’Humanité d’un désastre inévitable, illustre bien la perte de repère dans l’échelle des valeurs en ce début de XXIème siècle et l’impuissance chronique des gouvernances mondiales face à la toute puissance des marchands du temple.

Les acteurs

Le résumé des coulisses du sommet a été donné par le président Lula, au sortir de la nuit de négociation qu’il venait de passer. «J’ai discuté avec des hommes d’affaires et non avec des responsables politiques». Si Nicolas Sarkozy, Angela Merkel, Gordon Brown et Luis Zapatero ont essayé de sauver les meubles, l’Europe n’a pas su parler d’une voie forte et défendre un leadership. Le parlement européen qui avait voté une résolution assez progressiste a été trahi par le très contesté Président de la Commission M. Barroso qui lui à négocié à minima… Que pouvait faire Obama, face aux intérêts pétroliers et automobiles hyper puissants dans son pays dans un contexte fragile où ses réformes sociales sur la santé auront besoin de tous les soutiens pour passer… Les Etats pétroliers, Arabie Saoudite en tête, ont tout fait pour éviter de passer à une économie décarbonnée. L’autisme dont a fait preuve la Chine qui a boycotté régulièrement toutes les réunions préparatoires depuis plusieurs mois et qui n’accepte aucun contrôle international préjuge bien mal de la suite.
Une nouvelle coalition se dessine dans laquelle l’Europe est étrangement absente. Tout se joue désormais ailleurs et les gesticulations des mois passés orchestrées par le Président Sarkozy et Jean-Louis Borloo ont sombré dans le naufrage. En réalité, l’Europe et les Etats-Unis payent le prix fort, et surtout l’Europe des promesses non tenues, des regards condescendants, des milliards promis et jamais alloués, des bonnes paroles non concrétisées par des actes. Les Africains placés sous la coupe du nouveau colonialisme chinois ont décidé de nous tourner le dos et d’exiger un Kyoto 2 ; une manière de prendre les pays occidentaux au pied de la lettre. Et l’Europe n’a pas su ou voulu relever le gant alors même que le paquet climat énergie permettait parfaitement d’accepter une deuxième période pour Kyoto.

Avis d’écologiste

L’échec de Copenhague est avant tout bien sûr celui des politiques, mais comment éviter que ce fiasco ne se transforme en succès pour les pétroliers et autres lobbies qui par cupidité sont capables de nous entraîner collectivement vers le gouffre, oubliant qu’ils ont eux aussi une famille à moins qu’ils ne pensent que leur statut social et leurs dollars soient capables de les protéger. Comment éviter que les balbutiements d’une économie verte qui pourrait jouer un rôle majeur dans la transformation du monde même si ce n’est pas la solution unique ne se fracassent devant une incertitude des politiques publiques à venir… La réponse est dans la responsabilité sociale des entreprises, le développement de la consommation responsable et les nouveaux comportements. Ce n’est pas dans les couloirs des ministères qu’il faut chercher la solution mais dans les grands mouvements sociaux. Au tsunami de Copenhague, il faut opposer les réalisations présentées par les villes et régions, dans toutes les régions du monde qui, elles, changent le monde concrètement. Les technologies existent. Restent à trouver les financements en particulier dans le sud. La société civile ne peut désormais plus compter que sur elle-même pour assurer son avenir et c’est cette propre gouvernance qu’il convient d’organiser. Mais il est évident qu’il est indispensable que nous utilisions notre pouvoir de consommateur pour peser sur le futur. Si la Chine décide de refuser des efforts la réponse est simple. Refusons ses produits et achetons européen en privilégiant les produits de proximité et les circuits courts. En mars nous choisirons les nouvelles gouvernances régionales, alors à nous d’écarter les “marchands du temple” en donnant notre préférence à une représentation politique rajeunie, porteuse d’espoir pour un avenir plus humaniste et à l’écoute des enjeux planétaires.



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