Consommateur éclairé

Entre septembre 2009 et 2012, les lampes à incandescence seront progressivement retirées de la vente en Europe. Leur remplacement par des lampes basses consommation (LBC) permettrait de réaliser l’économie d’environ 350 kWh (quelques dizaines d’euros) par an et par ménage. Ce qui correspond à 8 TWh (8 milliards de KWh) par an à l’horizon 2016 sur l’ensemble du territoire national, soit l’équivalent d’une tranche de la centrale de Golfech et l’émission en moins d’1 million de tonnes de CO². Oui mais, on les soupçonne de pollution électromagnétique, de contenir des vapeurs de mercure, alors où est la vérité ?

 
Lampe basse consommation (LBC)

La LBC se présente sous la forme d’un tube miniaturisé replié ou torsadé, parfois recouvert d’un bulbe de verre pour lui donner la forme d’une lampe traditionnelle. Le tube est accolé à un culot équipé de composants électroniques (appelé “ballast”) adaptable aux luminaires standards. Elle consomme quatre à cinq fois moins d’électricité que la lampe à incandescence, et dure huit fois plus longtemps. Mais elle est aussi dix fois plus chère, en raison notamment d’une “taxe antidumping” de plus de 60 % sur les fabrications chinoises, vietnamiennes, philippines et pakistanaises, majoritaires sur le marché. Sur chaque emballage, sont indiquées la puissance de la lampe et l’équivalence pour une ampoule à incandescence. Le rapport est officiellement 4,6 soit pour 23 W une puissance équivalente de 105 W. En fait, l’intensité lumineuse dépend aussi de la performance de l’électronique embarquée dans le ballast. L’indication de l’intensité lumineuse en “lumen” (unité de flux lumineux), rendue obligatoire par la réglementation européenne, devrait permettre une comparaison plus exacte de l’efficacité des tubes.

 

Les LBC dangereuses ou pas ?

Elles fonctionnent exactement comme les tubes fluorescents : une décharge électrique provoque la collision d’électrons avec des ions de vapeur de mercure, générant un rayonnement ultraviolet par excitation des atomes de mercure. Le ballast (transformateur) électronique émet des champs magnétiques de basses fréquences entre 50 et 500 Hz ainsi que des hautes fréquences entre 20 et 60 kHz destinées à corriger le défaut inhérent à cette technologie, qui est de diffuser une lumière scintillante, non stable. L’électro-pollution ainsi générée entraînerait une diminution de la mélatonine, une hormone qui induit le sommeil, régule l’humeur et inhibe la prolifération des cellules cancéreuses. Attention aussi aux porteurs de pacemaker qui ont subi des interférences à proximité des LBC. Il faut donc éviter une trop grande proximité avec les ampoules basse consommation. Autre inquiétude, les vapeurs de mercure. Chaque lampe contient 0,3 mg de mercure soit 5 fois moins qu’un tube néon. En les cassant, on s’expose donc à respirer des vapeurs toxiques. Alors qu’il faudrait inciter les consommateurs à faire très attention en manipulant ces lampes, aucune information n’est donnée par les vendeurs. Comme pour tous les produits dangereux, leur recyclage est obligatoire. Il est d’ailleurs payé par les consommateurs à raison de 0,20 € HT par ampoule. Actuellement, seulement 36 % des ampoules jetées seraient recyclées tandis que les ventes ont presque doublé en 4 ans pour représenter environ 25 millions d’unités. C’est donc une énorme quantité de mercure qui se retrouve dans la nature.

 

Les ampoules à LED (Light Emitting Diode)

On trouve depuis peu sur le marché des ampoules à LED “super-lumineuses” constituées de plusieurs LED rassemblées, elles offrent un rendement bien supérieur à celle d’une ampoule à incandescence, et une consommation de l’ordre de 1 Watt par ampoule ! Et elles ont de plus une durée de vie quasi-illimitée (en moyenne 100 000 heures, soit plus de onze ans de fonctionnement). Elles ont cependant également quelques inconvénients. Elles sont ainsi encore difficiles à trouver en France, elles sont chères à l’achat (mais très bon marché si l’on tient compte de leur durée de vie !), et peuvent même représenter un danger pour les yeux, car trop lumineuses ! L’efficacité croissante des produits proposés devrait rapidement compenser un autre de leurs inconvénients : elles éclairent finalement assez peu et de manière très directive, ce qui les rend plus adaptées à des veilleuses, lumières d’ambiance ou spots qu’à l’éclairage d’une pièce… C’est une limite qui peut paraître rédhibitoire, mais des ampoules à LED produisant une lumière diffuse seraient déjà disponibles aux Etats-Unis. En attendant qu’elles arrivent en Europe, il nous faudra donc nous armer de patience… ou commander nos ampoules sur internet ! Elles offrent en outre le gros avantage, par rapport aux ampoules fluo compactes, de ne pas contenir de mercure…

Avis d’écologiste

La décision d’abandonner les ampoules à filament est pri-se. Il est intéressant de noter que seulement 7 % de l’énergie consommée par une ampoule à incandescence sont transformés en lumière, les 93 % restants étant perdus en chaleur ! Une ampoule à incandescence de 60 Watts émet donc pour 4,2 Watts dans le rayonnement visible. Cela représente un gaspillage d’énergie inutile (à moins que vous ne vous chauffiez aux ampoules ?) et réduit l’espérance de vie de l’ampoule : l’alternance froid-chaud ne lui vaut rien… Une LBC fait un peu mieux, mais est loin d’atteindre l’efficacité d’une LED, laquelle n’émet quasiment pas de chaleur. Alors avant l’arrivée des LED et demain des OLED (nouvelle technologie encore plus évoluée), respectons simplement quelques règles : pas de LBC sur un variateur et sur une minuterie car trop d’arrêt marche lui seraient fatals. N’utilisez pas les LBC à moins de 1 m de votre tête (principe de précaution), recyclez-les et faites attention en les manipulant car les vapeurs de mercure sont très nocives. En respectant ces quelques règles, vous participerez sans danger à la sauvegarde de la planète…Le risque zéro n’existant pas !



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.