Commerce équitable

«Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable lui assurant ainsi qu’à sa famille une existence conforme à la dignité humaine» : article 23 de la déclaration universelle des droits de l’homme.
La Quinzaine du Commerce Equitable, événement majeur pour l’ensemble des acteurs du domaine qui a commencé le week-end dernier, fête cette année ses dix ans. Pendant deux semaines, des centaines d’actions de sensibilisation et de vente de produits issus du commerce équitable se déroulent dans toute la France à l’initiative des 170 associations Artisans du Monde. Cette quinzaine est centrée sur la thématique des peuples amérindiens, leurs combats, leurs droits et la réussite des actions engagées.

 
Qu’es aquò ?

Le commerce équitable est un partenariat commercial, basé sur le dialogue, la transparence et le respect, qui vise plus d’équité dans le commerce international. Il contribue au développement durable en proposant de meilleures conditions commerciales aux producteurs marginalisés, spécialement dans le Sud, et en sécurisant leurs droits. Les acteurs du commerce équitable, soutenus par les consommateurs, s’engagent à appuyer activement les producteurs, à sensibiliser le public et à se mobiliser pour des changements dans les règles et les pratiques du commerce international conventionnel. Cette définition est issue d’un consensus signé en 2001 entre les grands mouvements internationaux.

 

L’origine du mouvement

Le commerce équitable existe depuis 50 ans. Appelé au départ “commerce alternatif”, il a été progressivement mis en place par des ONG dans les années 60 en Grande-Bretagne (Oxfam) et aux Pays-Bas sous forme de boutiques spécialisées. Rapidement, ce concept s’est étendu en Europe et en Amérique du Nord. En France, il est représenté par Artisans du Monde. Ces boutiques spécialisées, “alternatives” au commerce traditionnel, proposent des produits alimentaires et artisanaux provenant des pays du Sud. Elles appuient d’une façon significative les organisations de producteurs et d’artisans en leur ouvrant des marchés et en payant les produits à un prix équitable. Ces boutiques sont également l’occasion d’informer le public sur la réalité de vie des producteurs du Sud et les enjeux des relations Nord-Sud.
La Plate-forme pour le Commerce Equitable créée en 1997 est le seul organisme national de représentation des acteurs du Commerce Equitable. Elle réunit les organisations nationales actrices du commerce équitable : importateurs, distributeurs, associations de promotion et de labellisation, auxquelles s’associent celles qui appuient  cette démarche, telles que des boutiques et des structures de solidarité, et compte aujourd’hui une trentaine de membres. Promouvoir et consolider le commerce équitable en France, telle est la mission essentielle de la Plate-forme. Max Havelaar est une association crée en 1988 qui appose un label sur des produits garantissant les principes du commerce équitable. L’obtention du label répond à des conditions très précises et implique l’engagement de tous les acteurs de la filière “équitable” : petits producteurs, importateurs, torréfacteurs. Max Havelaar délivre un label de commerce équitable à différents produits de consommation courante : le café, le thé, le miel, la banane, le cacao, le sucre et le jus d’orange et depuis peu le coton qui respectent dans leur processus de production les droits de l’Homme et l’environnement. À travers le monde, le label est présent dans plus de 30 pays. Autre partenaire, l’Association pour le Tourisme Equitable et Solidaire. L’ensemble de ces partenaires se sont associés pour la campagne “Territoires de commerce Equitable” à destination des collectivités territoriales. L’objectif principal est d’accompagner l’engagement de ces institutions en faveur du commerce équitable (achats publics équitables, sensibilisation des acteurs du territoire et du grand public ainsi que la création d’un conseil local du commerce équitable).

 

Les enjeux !

Ces deux dernières décennies, les échanges commerciaux internationaux se sont multipliés aux dépens des pays du Sud, creusant les inégalités entre les hommes et menaçant l’équilibre planétaire.
- Le volume du commerce mondial est aujourd’hui 14 fois supérieur à ce qu’il était en 1950.
- Dans le même temps, la planète a perdu environ 30 % de ses richesses naturelles.
- Il y a 1,3 milliard de paysans dans le monde. 60 millions cultivent avec une machine, 240 millions avec un animal, 1 milliard à la main.
Des millions d’ouvriers et de petits cultivateurs ne jouissent pas des droits fondamentaux tels que les moyens de nourrir leur famille, d’envoyer leurs enfants à l’école et d’investir, ne serait-ce que très modestement, dans un avenir durable. Les avantages du commerce international ne sont en effet pas évidents pour tous. L’accès au marché et l’information sur les prix restent difficilement accessibles aux petits cultivateurs, ce qui les rend toujours plus dépendants des intermédiaires. Et lorsque l’année est mauvaise, ils sont nombreux à ne pouvoir vivre de leur travail. Les ouvriers agricoles des plantations sont logés à la même enseigne. Eux non plus ne bénéficient pas nécessairement des avantages du commerce international. Ils touchent un salaire dérisoire, travaillent sans sécurité et vivent dans des conditions difficiles. Souvent, ils sont privés de la liberté d’affiliation à un syndicat, de sorte qu’ils ne peuvent défendre leurs droits. Ils n’ont donc aucune chance de pouvoir participer aux décisions qui influencent leur vie sur la plantation.

 

Les chiffres du programme des Nations Unies pour le développement

- 1,2 milliard de personnes (19 % de la population mondiale) vivent avec moins de 1 dollar par jour.
- 66 % des Africains vivent sous ce seuil.
- 70 % sont des femmes.
- 1 milliard d’individus ne sont pas en mesure de satisfaire les besoins élémentaires de consommation (nourriture, vêtements, logement).
- En Afrique sub-saharienne, 18 % des enfants meurent avant cinq ans. Selon les pays du monde, la mortalité infantile peut varier selon un facteur 100.
- Dans les pays en développement, plus d’1 milliard de personnes n’ont pas accès à l’eau potable et près de 2,4 milliards sont privées d’une infrastructure sanitaire correcte.
- Les 20 % les plus riches de la population du globe se partagent 74 % du PIB mondial.
- Les 20 % les plus pauvres se contentent eux de 2 % du PIB mondial.
- Les pays en développement comptent plus de 250 millions d’enfants contraints de travailler.
- Plus de 100 millions d’enfants dans les pays en développement en âge d’aller à l’école primaire ne sont pas inscrits.
- Sur les 850 millions d’analphabètes dans le monde, près de deux tiers sont des femmes.

Avis d’écologiste

Les valeurs d’équité ont pris une réelle importance dans l’esprit des consommateurs : les trois quarts d’entre eux connaissent l’existence du commerce équitable. Au contraire d’un acte de charité ponctuel, l’achat équitable doit maintenant devenir une habitude quotidienne pour tous les consommateurs. La démarche vers les collectivités en charge de la restauration vers des achats plus citoyens, plus soucieux des modes de production et de la qualité des produits est un axe important pour pérenniser une démarche humaniste : véritable coin de ciel bleu dans un monde de plus en plus dur envers les plus démunis…



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