Cigarettes radioactives !

Polonium 210. Ce nom abstrait vous rappelle sûrement quelque chose. C’est la substance qui avait été utilisée pour assassiner l’ex-agent du KGB, Alexander Litvinenko à Londres en 2006. Ce composé radioactif et dangereux est aussi présent dans les feuilles de tabac, les cigarettes et la fumée qu’elles dégagent.
Les fabricants savent depuis 40 ans !

On sait depuis des années que le goudron et la nicotine sont des produits très nocifs pour la santé. Le numéro de septembre du périodique “American Journal of Public Health” révèle la présence d’une autre matière hautement toxique dans les cigarettes : le polonium-210. Cette substance est hautement cancérigène pour le poumon. C’est en analysant plusieurs milliers de documents depuis deux ans, que Monique E. Muggli, chercheuse dans le Minnesota, a découvert comment Philip Morris et les plus grandes compagnies de l’industrie du tabac ont volontairement caché au grand public la radioactivité de leurs cigarettes. C’est parce que les industries du tabac ont été obligées de rendre publics près de 60 millions de documents internes depuis un procès perdu en 1998 contre l’Etat du Minnesota, que le pot aux roses a été découvert. Dans tous ces rapports déclassifiés, environ 1.500 se rapportent au polonium. Les industries savaient tout. Elles ont tout enterré.

 


Quand ont-elles su que le polonium se trouvait dans le tabac ?

En 1964. Les industries, tout comme la communauté médicale, ont observé la présence du 210 Po, un élément radioactif et cancérigène. Attention, cette présence n’est pas due au processus industriel des cigarettiers, mais à la façon de cultiver le tabac. Les feuilles de tabac sont bordées de trichomes, petites glandes collantes. Sur cette colle, les poussières radioactives issues des engrais phosphatés se concentrent dans le tabac, jusqu’à ce que vous le fumiez.

Motus et bouche cousue

Au début, dans les années 1970 et 1980, ils ont agi. Philip Morris et les autres compagnies ont essayé de supprimer la teneur en polonium, de trouver des méthodes différentes tout en conservant la réussite commerciale de leurs produits. Ils n’ont pas réussi à concilier les deux. Les chercheurs de Philip Morris ont réussi à réduire la présence de 210 Po avec un solvant, RJ Reynolds dans ces Winston avec un filtre spécial. Mais les dirigeants les ont empêchés de poursuivre. Ils avaient peur de changer le goût de leur produit, mais surtout que le grand public apprenne les objectifs de ces recherches et panique devant le polonium.

Etouffer l’affaire

La stratégie générale était d’éviter toute controverse. Ils savaient que toute divulgation entraînerait une grande peur et des procès. Paul Eichorn, vice-président de Philip Morris, a eu cette formule qui en dit long dans une note adressée à ses collaborateurs : «Nous ne devons pas réveiller un géant endormi». Ils ont arrêté les recherches et enterré profondément l’existence du polonium.

 

Quels dégâts ?

L’une des premières études sur le cancer des poumons date de 1913. En Autriche, des mineurs exposés au radon et à d’autres produits radioactifs mourraient très souvent avant 45 ans du cancer des poumons. Il existe 4 types de rayonnements “ionisants”: alpha, bêta, gamma et X. A très courte distance, les rayonnements alpha, les plus énergétiques, causent le plus de dégâts aux cellules. Le polonium 210 est un émetteur de radiations alpha si instable et dangereux qu’il est un des rares à n’avoir jamais été utilisé en médecine. Les rayons alpha ne constituent pas un danger tant que le produit émetteur se trouve en dehors du corps. Malheureusement, en fumant, on introduit du plomb 210, qui donne du polonium 210 directement dans les bronches. A cause de modifications dues à l’irritation des bronches par la fumée de cigarette, le plomb n’est pas évacué des poumons et se transforme tranquillement en polonium 210. D’après certains chercheurs, le polonium 210 et le plomb 210 contenus dans la fumée de cigarette constituent le principal facteur de déclenchement des cancers des poumons. Comme le polonium circule dans le corps, il irradie de l’intérieur tous les organes, ce qui peut expliquer certains cancers dus au tabac (reins, leucémie…). Un fumeur de 30 cigarettes par jour s’expose par sa présence dans la fumée à l’équivalent de dose de 300 radios de poumons par an ! Outre Atlantique on estime que le 210 Po est à l’origine d’1 % de tous les cancers du poumon, soit environ 1.600 morts américains par an. Il serait responsable de 12.000 décès dans le monde entier par an.

 

Avis d’écologiste

Il ne se passe pas de semaine sans que l’on n’apprenne grâce à internet notamment que nous sommes des miraculés de la nature. Pesticides dans les ananas du Costa-Rica, les fraises espagnoles mais aussi partout en France, produits chimiques omniprésents dans nos lieux de travail et d’habitation, OGM à chaque coin de champ, nous pouvons nous demander par quel tour de magie nous sommes encore vivants. Le pire est que nous ne voyons pas de solution, tous ces patrons peu vertueux, sont intouchables car proches des pouvoirs officiels. Nous sommes obnubilés par le pouvoir d’achat, sujet certes important, mais nous devrions nous intéresser à notre pouvoir vivre…Consommateurs, réveillons-nous car bientôt il sera trop tard. Ecrivez aux associations de consommateurs et interpellez-les sur ces sujets. A quand la liste et le boycott des produits dangereux ?



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